‹ Scellés et inventaires d'artistesChapitre 5 sur 154 · NICOLAS BARRÉ · texte numérisé non relu

NICOLAS BARRÉ

PATENOTRIER EN EMAIL.

27 novembre 1661.

Apposition de scellés, le dimanche 27 novembre i66i, par Jacques Camuset, commissaire au Châtelet de Paris, sur les biens meubles de Nicolas Barré, « marchand patenostrier en émail à Paris, » demeurant rue Saint-Denis ; à la requête de Nicolas de Vert, marchand mercier, tuteur, conjointement avec Jeanne de Laulnay, sa femme, veuve de Nicolas Barré, aussi marchand mercier, de Marie Barré, fille du défunt.

Parmi les meubles se trouve une cassette de sapin, contenant des chapelets et grains d’émail, prisés par Remy, sergent, et Nicolas Marcel, marchand mercier.

Se présentent comme héritiers, outre Nicolas du Vert ou de Vert, au nom de Marie Barré, Jean Barré, marchand mercier à Paris, fils du défunt, David Baugran, marchand bourgeois de Paris, et Jeanne Barré, sa femme, Pierre le Riche, marchand mercier à Paris, et Nicolle Barré, sa femme, lesdites Jeanne et Nicole Barré filles du défunt.

(Arch. nat., Y. ii6i3.)

NICOLAS DESROZIERS.

NICOLAS DESROZIERS

MAITRE PEINTRE

25 février i665.

Apposition de scellés, le mercredy 25 février i665, par Nicolas de Vendosme, commissaire au Châtelet, sur les biens et effets de Nicolas Desroi^iers, maître peintre à Paris, décédé le même jour, à quatre heures un quart du matin, rue Saint-Antoine, en une maison où pend pour enseigne la Rose Rouge; à la requête de Claude Tousier, veuve en premières noces de Philippe Gravier, et, en secondes, dud, Desro^iers.

Dans le mobilier se trouvent quatorze tableaux sur toile, représentant différents sujets, sans bordure, deux tasses et deux cordons d’argent, quelques épées et pistolets. Le samedi, 28 dudit mois, se présente Dreux de Landelle, procureur de Louis du Vivier, bourgeois de Paris, exécuteur du testament du défunt, qui requiert la levée des scellés et la confection d’un inventaire par Jacques Rillart, notaire, François Milley, sergent à verge, étant chargé de la prisée.

Oppositions : i« de Jean-Baptiste de la Porte, batteur d’or ordinaire du Roi ;

2“ de François Routtier, marchand de vins, bourgeois de Paris, réclamant Sy liv. 8 s. pour vin et nourriture; 12 liv. prêtées à la femme depuis le décès, pour lesquelles il a reçu en gage une tasse d’argent; 27 livres 4 sols pour nourritures fournies aux ouvriers du deffunt, et 45 liv. à lui prêtées dix-huit mois auparavant, pour lesquelles il a reçu trois tasses d’argent en gage;

3“ d’Aubin Fremin, marchand épicier, réclamant i65 liv. 5 s. pour marchandises et drogues propres à faire des peintures ;

4“ de Pierre Souchet, épicier, réclamant io3 liv. 10 s. poùr semblables marchandises ;

5" de François Henry, marchand apothicaire, réclamant 102 1. 4 s. pour drogues et médicaments, et en outre quatre tableaux qu’il avait confiés au deffunt pour les laver et les nettoyer, l’un d’un pied et demi de long à bordure noire, représentant deffunt

NICOLAS DESÉOZIERS.

le maréchal d’Aumont, un autre de même grandeur et bordure représentant un paysage et bâtiment ruiné; les deux autres sans bordure, représentant, l’un quatre animaux, l’autre un paysage. 11 réclame également quatre volumes dont le Tableau des blasons et les Centuries de Nostradamus ;

6“ d’Anne Le Blanc, marchande lingère, réclamant 22 liv. 10 s. pour marchandises fournies au deffunt;

Enfin Antoine Desroziers, marchand de vins, demeurant rue de la Serizaye, à l’enseigne de la Roze, paraît pour consentir à la levée des scellés, sans pour cela approuver le testament.

(Arch. nat., Y. 12242.)

JEAN BLANCHARD

PEINTRE ORDINAIRE DU ROI

4 avril i665.

Apposition de scellés, le samedi 4 avril i665, par Nicolas de Vendosme, commissaire au Châtelet, sur les biens et effets de Jean Blanchard, peintre ordinaire du Roi, décédé le même jour, rue Saint-Antoine, aux environs du coin de Saint-Paul; à la requête de Françoise Desfriches, sa veuve, qu’il avait épousée en troisièmes noces.

Jean Blanchard laissait des enfants de ses trois femmes :

1“ Antoinette Guespreau, la première, avait eu une fille nommée Anne, émancipée d’âge, et se présentant à l’inventaire assistée d’Hubert Pessey, marchand bourgeois de Paris, son curateur; 2° Catherine Lesage, seconde femme du défunt, avait laissé quatre enfants : Catherine, Antoine, Jean et Geneviève, tous mineurs, placés sous la tutelle de Gabriel Blanchard, peintre ordinaire du Roi et de son Académie Royale et de son Altesse

I. Jean-Baptiste et Jacques Blanchard étaient, Jal l’a établi, fils d’un commis sur le sel, nommé Gabriel Blanchard, et de deux mères différentes. Jacques, le plus jeune (i6oo-i638), a eu de son temps une grande réputation puisque ses contemporains lui avaient donné le surnom de Titien français, 11 était père du peintre Gabriel Blanchard qui paraît ici.

JEAN BLANCHARD

Mademoiselle, fils de Jacques Blanchard et neveu du défunt, et assistés de leur subrogé-tuteur, François Huby, procureur au Châtelet, et de leur oncle, Charles Lesage, procureur en la Cour ; S® Françoise Desfriches, la veuve de Jean Blanchard, avait deux filles, Marie et Catherine.

L’inventaire est fait par Simon Charles et Raveneau, notaires au Châtelet, et la prisée par Itière et Louis Poste, sergens à verge.

Parmi les meubles en évidence, peu d’objets à signaler : six chaises et six sièges ployans, couverts de tapisserie blanc et bleu, deux petits placets aussi couverts de tapisserie rouge, bleu et blanc, douze tableaux, tant grands, moyens que petits, une couche à hauts piliers. Dans une autre chambre : vingt tableaux de différentes tailles, une tenture de vieille tapisserie de Rouen, un grand miroir à bordure noire, garni de cuivre doré, deux Termes de bois doré, etc. Dans une autre chambre : quatorze tableaux et quelques morceaux de méchante tapisserie à l’aune et ayant des bandes jaunes...

Au cours des opérations, Hiérosme Baudouin, procureur de M® Lesage, procureur en Parlement, intervient pour réclamer contre la régularité des opérations et demander le payement d’une somme due, selon lui, aux enfants de la seconde femme de Blanchard. Le sieur Baudouin soulève à cette occasion un incident que le procès-verbal du commissaire rapporte dans les termes suivants :

Proceddànt à Tinventorié des papiers, par led. Baudouin, aud. nom, a esté dit après avoir conféré avec les compara ns qui luy ont asseuré qu’il ne s’est trouvé aucuns deniers comptans, dont il s’étonne d’autant que lad. Desfriches, veuve du deffunt, s’est vantée, il y a pas six mois, que le deffunt avoit dans son coffre une somme de huict mil livres, laquelle il soustient qu’elle doit dire ce qu’elle est devenue; mesme requiert qu’elle ayt à prester le serment en nos mains sur ce sujet et proteste, [au cas] où elle n’en voudroit convenir, de rendre plainte pour les mineurs du divertissement qui a esté

JEAN BLANCHARD

fait de lad. somme et autres effets de la succession, et a signé :

Baudouyn.

Et par lad. veufve, aud. nom, assistée comme dessus, a esté dit, sauf respect, que le discours de Lesage est impertinent et ne mérité response, et ont signé, ladite vefve ayant faict serment lors de l’ouverture de l’inventaire en la manière accoustumée par devant les notaires de tout représenter ce qui estoit en sa connoissance.

(Signé :) F. Desfriches.

Et par led. Baudoin, aud. nom, a esté répliqué que son réquisitoire n’est point impertinent comme la vefve le dit; qu’elle doit convenir de la vérité et ne pas injurier personne quand on la lui demande; que sy elle a fait serment de tout représenter et qu’elle ne le fasse pas, il persiste aux protestations par lui faittes de se pourvoir en temps et lieu pour les divertissemens, adjoustant qu’elle ne devroit pas sur ce sujet dénier, comme elle faict, son affirmation, et a signé :

Baudouin.

Dont nous avons donné acte aux parties, et l’inventaire continué...

(Arch. nat., Y. 12242,)

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