‹ Scènes américaines; dix-huit mois dans le Nouveau mondeChapitre 75 sur 91 · LE SOUPIR DU MATELOT · texte numérisé non relu

LE SOUPIR DU MATELOT

Le froid clair de lune vient argenter cette mer sans rivages I la flamme du navire, agitée par la brise, flotte à travers les ondes écumantes. En quelque contrée que le vent me jette, ô jeune fille bien-aimée l mon esprit se tourne vers toi et vers ma patrie !

Quand les tempêtes menaçantes s'amoncèlent au-dessus de rocéan houleux ; quand la nuit descend sur Tabîme, et que les vents du géant Eole hurlent et balaient la mer avec un mugissement terrible, je songe au bonheur que je goûterais, à cette sombre heure, auprès de toi, dans la chaumière natale.

Lorsque les vents calmés sommeillent, et que les vagues ne bouillonnent plus sur le sein de TOcéan ; lorsque l'astre du soir, pleurant sur le jour qui s'éteint, fait luire dans le Sud la lampe sacrée, je demeure immobile : ma pensée se reporte encore vers les jours écoulés, et je soupire de ton absence l

Soufilez avec force, soufQez constamment, ô brises que je salue; et portez-nous à travers les mers fatiguées,

396 SCÈNE{i ÂMÉRIC^INP^.

jusqu'à ce que les collines bleuâtres de la Calédonie s'< lèvent devant nos yeux inquiets... . J'aperçois le bocaj de mes pères éclatant de toute la parure de Tété, la c;

bane qu'un orme ombrage, et toi, 6 ma viel ô n

vierge bien-aimée l

La ballade suivante ç^t l'un des chefa-d'œuvi du poëte populaire Thomas Campbell :

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