La physionomie = la divination par les traits du visage
8. Métoposcopie. Ce mot grec a le même sens que le précédent.
9. Chiromancie, géomancie, encore deux mots grecs. Ils signifient la divination, le premier par rinspection de la main, le second par l'inspection du sol.
— Pancrace ne craint pas de mêler aux sciences les arts les
par les miroirs , -la spécalatoire= \ plus douteux !
l'interprétation des phénomènes célestes. Ces deux mots, qui font calembour, ne sont d'ailleurs
* Comparer cette scène à celles du Docteur, dans la Jalousie du Barbouillé, p. 39, sqq.
SGAXARELLE. — Parblcu ! il faut bien qu'il me semble, puisque cela est '.
MARPiiURius. — Ce n'est pas une conséquence ; et il peut vous le sembler, sans que la chose soit véritable.
SGANARELLE. — Comment ! il n'est pas vrai que je suis venu ?
MARPHURius. — Cela est incertain, et nous devons douter de tout.
sGAXARELLE. — Quoi ! je ne suis pas ici, et vous ne me parlez pas ?
MARPncRius. — Il ni'apparait que vous êtes là, et il semble que je vous parle ; mais il n'est pas assuré que cela soit.
SGAXARELLE. — Hé ! quc diable ! vous vous moquez. Me voilà, et vous voilà bien nettement, et il n'y a point de me semble à tout cela. Laissons ces subtilités, je vous prie, et parlons de mon affaire. Je A'iens vous dire que j'ai envie de me marier.
MAHPiiLuius — Je n'en sais rien.
SGAXARELLE. — JC VOUS IC dis.
MARPHURIUS. — II- se pcut faire.
SGAXARELLE. — La fille quc je veux prendre est fort jeune et fort belle.
MARPHURIUS. — Il n'est pas impossible.
SGAXARELLE. ^ Fcrai-jc bien ou mal de l'épouser?
MARPHURIUS. — Lun OU l'autrc.
SGAXARELLE, à part. — Ail ! ail ! voici une autre musique ^. <A Marphuriiis). Je vous demande si je ferai bien d'épouser la lille dont je vous parle.
MARPiiuiuus. — Selon la rencontre.
SGAXARELLE. — Fcrai-jc mal?
MARPHURIUS. — Par aventure.
SGAXARELLE. — Dc gràcc, répondcz-moi comme il faut.
MARPHURIUS. — C'est moH dessein.
SGAXARELLE. — J'ai uiic grande inclination pour la fille.
MARPHURIUS. — Cela peut être.
SGAXARELLE. — Le père me l'a accordée.
MARPHURIUS. - Il se pourrait
SGAXARELLE. — Mais quc feriez-vous si vous étiez à ma place ?
MARPHURIUS. ^ Je ne sais.
SGAXARELLE. — Quc luc conscillez-vous de faire?
MARPHURIUS. — Ce qui vous plaira.
1. Voilà bien la prolestaliou \ 3. Xous dirions : une autre du simple bon sens. chanson, en gardant la même
■2. // = cela. Cf. p. 69, n. 9. | métaphore.
SGANARELLE. — J'enrage.
MARPHURius. — Je m'en lave les mains.
SGANARELLE. — Au diable soit le vieux rêveur. MARPHURIUS. — 11 en sera ce qui pourra '. SGANARELLE, à part. — La pesle du bourreau ! Je le ferai changer de noie, chien de philosophe enragé.
(Tl donne des coups de bâton à Marphiiriiis.)
MARPHURIUS. — Ah ! ah ! ah !
SGANARELLE. — Te voilà payé de Ion galimatias, et me voilà content.
MARPHURIUS. — Comment ! Quelle insolence ! M'oulrager de la sorte ! Avoir eu l'audace de battre un philosophe comme moi !
SGANARELLE. — Corrigez, s'il vous plaît, cette manière de parler. Il faut douter de toutes choses, et vous ne deA'ez pas dire que je vous ai l)attu, mais qu'il vous semble que je vous ai battu -.
MARPHURIUS. — Ah ! je m'en vais faire ma plainte au commissaire du quartier, des coups que j'ai reçus 3,
SGANARELLE. — Jc m'en lave les mains.
MARPHURIUS. — J'en ai les marques sur ma personne.
SGANARELLE. — Il sc pcut faire.
MARPHURIUS. — C'est loi qui m'as traité ainsi.
SGANARELLE. — Il n'y a pas d'impossibilité.
MARPHURIUS. — J'aurai un décret^ contre toi.
SGANARELLE. — Jc n'en sais rien.
MARPHURIUS. — Et tu seras condamné en justice.
SGANARELLE. — Il en sera ce qui pourra.
MARPHURIUS. — Laisse-moi faire.
[Après avoir battu Marphurius, Sganarelle est à son tour menacé de mort s'il n'épouse pas la jeune Dorimène. Et c'est ainsi que s'accomplira un mariage forcé.]
l. Remarquer la vivacité de ] mesdeMarpliurius,qu'ilnargue. celte scène et l'amusant con- 3. Bien amusant revirement : traste que forment les sèches on voit qu'il y a loin des théoréponses de IMarphurius après j ries à la réalité, les tirades de Pancrace. 4. Un décret, c.-à-d. un ordre
"2. Sganarelle repi'end les ter- | pour farrêler.