SCÈNE I
SGANARELLE, LISETTE, servante de Lucinde.
LISETTE. — Que voulez-vous done faire, Monsieur, de quatre médeeins ? N'est-ce pas assez d'un pour tuer une personne ?
SGANAKELLE. — Taiscz-vous. Quatre conseils valent mieux qu'un.
LISETTE. — Est-ce que votre fille ne peut pas bien mourir sans le secours de ces Messieurs-là?
SGANAKELLE. — Est-cc quc Ics médccins font mourir ?
LISETTE. — Sans doute ; et j'ai connu un homme ([ui prouvait, par bonnes raisons, qu'ils ne faut jamais dire : « Une telle personne est morte d'une lièvre et d'une fluxion sur la
l.* Compa.Ter,ài\ns le Médecin 1 tiilion du prétendu docteur malgré lui, la bouffonne consul- | Sganarelle, pp. 161, sqq.
FiG. 7. — Type de jeune premier.
(Odéon,M. Maupré.)
Qu'il s'appelle Clitandre, Léandre ou Valère, c'est le jeune homme, élégant, et de bonne famille, qui épouse finalement l'héroïne.
Photo Walérv.
FiG. 8. — Type d'ingénue. (Odcoii, M"' Germaine de France.)
C'est Lucinde, Marianne ou Angélique, qui, après quelques traverses, se marie heureusement. Elle a toute la grâce souriante de la jeunesse.
l'amour médecin 113
poitrine ^ », mais : « Elle est morte de quatre médecins et de deux apothicaires -. »
SGANAUELLE. — Ghut. N'offenscz pas ces Messieurs-là ■''.
LISETTE. — Ma foi, Monsieur, notre chat est réchappé depuis peu d'un saut qu'il lit du haut de la maison dans la rue ; et il fut trois jours sans manger, et sans pouvoir remuer ni pied ni patte ; mais il est bien heureux de ce qu'il n'y a point de chats médecins, car ses affaires étaient faites, et ils n'auraient pas manqué de le purger et de le saigner <.
SGANARELLE. — Voulcz-vous VOUS taire ? vous dis-je. Mais, voyez quelle impertinence ! Les voici.
LISETTE. — Prenez garde, vous allez être bien édifié. Ils vous diront en latin que votre fille est malade.