S'en doit = doit s'en. Règle
Il se faut entr'aider, p. 34, n. 1.
Je vous vois accabler un homme de cai-esses,
Et témoigner pour lui les dernières tendresses ;
De protestations, d'offres et de serments,
Vous chargez la fureur de vos embrassements ' ; 20
Et, quand je vous demande après quel est cet homme,
A peine pouvez-vous dire comme - il se nomme ;
Votre chaleur pour lui tombe en vous séparant^,
Et vous me le traitez, à moi, d'indifférent.
Morbleu ! c'est une chose indigne, lâche, infâme, 25
De s'abaisser ainsi, jusqu'à trahir son âme;
Et si, par un malheur, j'en avais fait autant,
Je m'irais, de regret, pendre tout à l'instant.
Je ne vois pas, pour moi, que le cas soit pendable.
Et je vous supplierai d'avoir pour agréable 30
Que je me fasse un peu grâce sur votre arrêt,
Et ne me pende pas poui' cela, s'il a ous plaît ^.
ALCESTE
Que la plaisanterie est de mauvaise grâce !
PniLINTE
Mais sérieusement, que voulez-vous qu'on fasse ?
ALCESTE
Je veux qu'on soit sincère^ et qu'en homme d'honneur 35 On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur*.
PHILINTE
Lorsqu'un homme vous vient embrasser avec joie, Il faut bien le payer de la même monnoie ",
1. Le vers est un peu obscur et chargé. Le sens est : « Vous vous embrassez avec une sorte de fureur, et vous y ajoutez, pour
bin, comme est-il mort?» (Polyeacte, v. 991).