‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 156 sur 443 · Cf. pour grand, p. 131, n. L · texte numérisé non relu

Cf. pour grand, p. 131, n. L

Vainoiir de ma mie\ Je dirais an roi Henri :

« lle/)rcncz i'olrc Paris ; J'aime rnieii.x ma mie, au gué'-!

J'aime mieux ma mie. » 400

La l'hue n'est pas riclie, et le style en est vieux : Mais ne voyez-vous pas que cela vaut bien mieux Que ces colilichets^ dont le bon sens murmure, Et que la passion parle là toute pure ?

Si le roi m'avait donné 405

Paris, sa grand'i'ille, El qu'il me fallût qnilter

L'amour de nm mie, Je dirais au roi Henri :

u Reprenez votre Paris ; 410

J'aime mieux r)ia mie. an gué !

J'aime mieux ma mie. »

Voilà ce que peut dire un cœur vraiment épris.

(A Philinte qui rit.) Oui, Monsieur le rieur, malgré vos beaux esprits, J'estime plus cela que la pompe Ueurie 415

Ue tous ces faux brillants, où'' chacun se récrie.

OROXTE

Et moi, je vous soutiens que mes vers sont fort bons^.

ALCESTE

Pour les trouver ainsi vous avez vos raisons ;

Mais vous trouverez bon que j'en puisse avoir d'autres,

Qui se dispenseront de se soumettre aux vôtres. 420

OROXTE

Il me suflit de voir que d'autres en font cas.

1. Ma mie = mon amie. On le l'orl ce que nous trouvons ici. disait régulièrement, au moyen 3. Les colifichets (de coller et Age, m'amie pour mon amie. "Les , ficher) sont primitivement de iftnorants ont depuis séparé "petils morceaux de papier que maladroitement les mots. (^1". Ton découpe pour les coller en- CnouzKr..., (jr. Fr. % 31. suite sur du bois ou du velours.

2. Au gué est vraisemblable- De la on passe au sens de i)ag"flment uiie de ces exclamations telle, ornement futile.

qui forment refrain dans les 4. Où = sur' lesquels. Règle :

itiansons i)opulaires, comme L'état où je vous vois. Cf. p. 132,

ohé! ohé!, lanlaire ou tire lire. n. 4.

]Mais on trouve bien souvent 3. Celte fois, nous sommes au

dans ces mêmes chansons le cri seuil de la querelle, et la vanité

gai! gai! ou ô gai! (\m rappel- d"Oronte devient de la colère.

LE MISAXTimOrE lil

ALCESTE

C'est qu'ils ont l'art de feindre ; et moi, je ne l'ai pas.

ORONTB

Crojez-vous donc avoir tant d'esprit en partage '?

ALCESTE

Si je louais vos vers, j'en aurais davantage'.

OROXTE

Je me passerai bien que vous les approuviez-. 425

ALCESTE

Il faut bien, s'il vous plaît, que vous vous en passiez.

ORONTE

Je voudrais bien, pour voir, que, de votre manière. Vous en composassiez sur la même matière.

ALCESTE

J'en pourrais, par malheur, faire d'aussi méchants^ ;

Mais je me garderais de les montrer aux gens. 430

OROXTE

Vous me parlez bien ferme, et cette suffisance^...

ALCESTE

Autre part que chez moi cherchez qui vous encense.

GRO.XTE

Mais, mon petit Monsieur, prenez-le'' un peu moins haut.

ALCESTE

Ma foi, mon grand Monsieur «, je le prends comme il faut.

PHILINTE, se mettant entre deux.

Hé ! Messieurs, c'en est trop. Laissez cela, de grâce. 433

l. Alceste a le don de la repli- fire à tout,

que, juste et cinglante. 5. Le s'élide, c.-à-d. se fond

-2. Que demandait donc Oron- avec un. Prononcez liin. Celte

te en arrivant ? licence était fréquente au 17"

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