‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 251 sur 443 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC, PREMIER MÉDECIN, SECOND MÉDECIN, UN APOTHICAIRE

PREMIER MÉDECIN. — Cc lu'cst bcaucoup d'honncur, Monsieur, d'être choisi pour vous rendre service. MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Je suis votrc servitcur.

1. Lemotfr«jier a induitM.de 1 au pluriel; mais quand ils sy met- Pourceaugnac en erreur. Laplai- tejit (ce qui était fréquent au 17« santé équivoque va continuer. siècle) ils marquent la répétition:

2. Régularité ■=conformité aux \ des bontés = des actes (répétés) règles. RÈGLE : En général, les \ de bonté; des folies ; des contenmots abstraits ne s'emploient pas \ temenis.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAG 229

PREMIER MÉDECIN. — Voici lin habile homme i, mon confrère, avec lequel je vais consulter la manière dont nous vous traiterons.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAG. — Il ne faut point tant de façons, vous dis-je, et je suis homme à me contenter de i'oi'dinaire.

PREMiEU MÉDECIN. — AUons, dcs siègcs.

(Des laquais entrent, et donnent des sièges.)

MONSIEUR DE PoucEAUGNAC, à part. — Voilà, pour un jeune homme, des domestiques bien lugubres.

PHEMiEii MÉDECIN. — Allons, Monsieur : prenez Aotre place, Monsieur.

(Les deux médecins font asseoir M. de Pourceaugnac entre eux deux.)

MONjiiEUR DE POURCEAUGNAC, s'asseyant. — Votre très humble valet. (Les deux médecins lui prennent chacun une main pour lui tdter le pouls.) Que veut dire cela ?

PREMIER MÉDECIN. — Maugez-vous bien, Monsieur?

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Oui, ct bois cncorc mieux.

PREMIER MÉDECIN. — Tant pis 1 Cette grande appétitiondu froid et de l'humide est une indication de la chaleur ct sécheresse qui est au dedans. Dormez-vous fort?

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Oui ; quaud j'ai bien soupe.

PREMIER MÉDECIN. — Failcs-vous dcs souges ?

MONSIEUR DE POURCEAUGNAG. — QuelqUCfois.

PREMIER MÉDECIN. — De qucllc natui'e sont-ils ?

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — De la uature des songes. Quelle diable de conversation est-ce là ?.. . Je ne comprends rien à toutes ces questions ; et je veux plutôt boire un coup.

PREMIER MÉDECIN. — Un pcu dc paticncc. Nous allons raisonner sur votre affaire devant vous ; et nous le ferons en français, pour être plus intelligibles.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. — Qucl grand raisonnement faut-il pour manger un morceau ?

PRE.MiER MÉDECIN. — Commc aiiisi soit qu'on ne puisse^ guérir une maladie qu'on ne la connaisse parfaitement, et qu'on ne la connaisse sans en bien étajjlii- l'idée particulière, et la véritable espèce, par ses signes diagnostiques et prognostiques ♦, vous me permettrez. Monsieur notre ancien^, d'en-

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