‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 389 sur 443 · Carniinatif= propre à expulser les gaz · texte numérisé non relu

Carniinatif= propre à expulser les gaz

Photo Walérv

FiG. 34. — Argan (Odéoii, M. Yilbert.)

Argan, qui veut être toujours malade, ne quitte pas sa robe de chambre, ses mules, son bonnet serré d'un ruban, et son immense mouchoir de cou. Et jamais il ne se sépare de sa canne. Il a fort bonne mine. Mais on le sent inquiet, et dans l'attente des effets de quelque médecine.

Pluilo ^\^:lK■v^

FiG. .35. — Dame Béline.

(Ocleon, ]M"' Kerwich.)

La femme d'Argan est encore assez jeune : on sent, à sa toilette, qu'elle n'aime pas la pauvreté et qu'il lui faut de l'argent. La tête un peu provocante, les yeux fixes et froids, le geste des mains n'expriment point la bonté ni la douceur.

LE M^\XADE IMAGINAIRE

sols. » Dix sols, Monsieur Fleurant. « Plus, le clystère de Monsieur, réitéré le soir, comme dessus, trente sols. » Monsieur Fleurant, dix sols. « Plus, du vingt-sep lième, une bonne médecine, composée pour hâter d'aller ^ et chasser dehors les mauvaises humeurs de Monsieur, trois livres. » Bon, vingt et trente sols ; je suis bien aise que vous soyez raisonnable-, « Plus, du vingt-huitième, une prise de iietit-lait clarilié et dulcoré'*, pour adoucir, lénifier^, tempérer, et rafraîchir le sang de Monsieur, Aingt sols. » Bon, dix sols. " Plus une potion cordiale et préservative, composée avec douze grains de bézoard^, sirop de limon ^ et grenade, et autres, suivant l'ordonnance, cinq livres. » Ah ! Monsieur Fleurant, tout doux, s'il vous plaît ; si aous en usez comme cela, on ne A-oudra plus être malade : contentez-vous de quatre francs ; Aingt et quarante sols. Trois et deux font cinq, et cinq font dix, et dix font Aingt. Soixante et trois liAi'es quatre sols six deniers. Si bien donc que de ce mois, j'ai pris une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept et huit médecines ; et un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze et douze lavements ; et l'autre mois, il y aA^ail douze médecines, et Aàngt laAcments ^ Je ne m'étonne pas, si je ne me porte pas si bien ce mois-ci que l'autre. Je le dirai à Monsieur Piirgon, afin qu'il mette ordre à cela. Allons, qu'on m'ôte tout ceci. ( Voyant que personne ne vient, et (ju'il /i')- a aucun de ses gens dans sa chambre.) Il n'y a personne. J'ai beau dire : on me laisse toujours seul ; il n'y a pas moyen de les ai-rèter* ici. {Après ai-oir sonné une sonnette qui est sur la table.) Ils n'entendent point, et ma sonnette ne fait pas assez de bruit. Drelin, drelin, drelin. Point d'affaire^. Drelin, drelin, drelin. Ils sont sourds.. . Toinette. Drelin, drelin, drelin. Tout comme si je ne sonnais point. Chienne ! coquine ! Drelin, drelin, drelin. J'enrage ! (Il ne sonne plus, mais il crie fort ^^.) Drelin, drelin, drelin. Garogne ^i, à tous les diables ! Est-il possible qu'on laisse comme cela un pauvre

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