‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 394 sur 443 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ARGAX, AXGÉLIQl'E, TOINETTE

AUGAX. — O çài, ma lille, je vais vous dire une nouvelle, où- peut-être ne vous attendez-vous pas. On vous demande en mariage. Qu'est-ce que cela ? Vous riez ? Gela est plaisant, oui, ce mot de mariage! Il n'y a rien de plus drôle pour les jeunes lilles. Ah ! nature, nature ! A ce que je puis voir, ma lille, je n'ai que faire de vous demander si vous voulez bien vous marier.

ANGÉLIQUE. — Je dois l'aire, mon père, tout ce qu'il vous plaira de m'ordonner.

ARGAX. — Je suis bien aise d'avoir une lille si obéissante : la chose est donc conclue, et je vous ai promise.

ANGÉLIQUE. — C'est à moi, mon père, de suivre aveuglément toutes vos volontés....

TOINETTE, à Argan. — En vérité, je vous sais bon gré de cela ; et voilà l'aclion la plus sage que vous ajez faite de votre vie.

AUGAN. — Je n'ai point encore vu la personne ; mais on m'a dit que j'en serais content, et toi aussi.

ANGÉLIQUE. — Assurémeiit, mon père.

AHGAN. — Comment ! l'as-tu vu ?

ANGÉLIQUE. — Puisquc Aolrc consentement m'autorise à vous pouvoir ouvrir ^ mon c<eur, je ne feindrai point de^ vous dire que le hasard nous a fait connaître'' il y a six jours, et la demande qu'on vous a faite est un elFet de l'inclination que, dès celle première vue, nous avons prise l'un pour l'autre.

ARGAN. — Ils •> ne m'ont pas dit cela ; mais j'en suis bien

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