Entendu = compris
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toinetteI. — Quoi! Monsieur, vous auriez fait ce dessein burlesque ? Et, avec tout le bien que vous avez, vous voudriez marier votre lille avec un médecin?
AUGAN. — Oui. De quoi te mèles-tu, coquine, impudente que tu es ?
TOiNETTE. — Mon Dicu ! tout doux. Vous allez d'abord aux invectives. Est-ce que nous ne pouvons pas raisonner ensemble, sans nous emporter ? Là, parlons de sangfroid. Quelle est votx-e raison, s'il aous plaît, lîour un tel mariage ^ ?
ARGAX. — Ma raison est que, me voyant infirme et malade comme je suis, je veux me faire un gendre et des alliés * médecins, alin de m'appuyer de bons secours contre ma maladie, d'avoir dans ma famille les sources des remèdes qui me sont nécessaires, et d'être à même des ^ consultalions et des ordonnances ''.
TOINETTE. — Hé bien ! voilà dire une raison, et il y a plaisir à se répondre doucement les uns les autres. Mais, Monsieur, mettez la main à la conscience : est-ce que vous êtes malade ?
ARGAX. — Gomment, coquine! si je suis malade? Si je suis malade, impudente ' ?
TOINETTE. — Hé bien! oui, Monsieur, vous êtes malade; n'ayons point de querelle là-dessus. Oui, vous êtes fort malade ; j'en demeure d'accord, et plus malade que vous ne pensez ^ : voilà qui est fait. Mais votre fille doit épouser un mari pour elle; et, n'étant point malade, il n'est pas nécessaire de lui donner un médecin.
AROAN. — C'est pour moi que je lui donne ce médecin ; et une lille de bon naturel doit être ravie d'épouser ce qui est utile à la santé de son père^.