‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 398 sur 443 · La formule, plus courte, est encore plus plaisante · texte numérisé non relu

La formule, plus courte, est encore plus plaisante

ToiNETTE. — Ma foi, Mousieur, voulez-vous qu'en amie i je vous donne un conseil ?

ARGAX. — Quel est-il, ce conseil ?

ToixETTE. — De ne point songer à ce mariage-là.

ARGAX. — Hé I la raison ?

TOixETTE. — La raison, c'est que votre fille n'y consentira point.

ARGAX. — Elle n"j' consentira point ?

ToixETTE. — Non.

ARGAX. — Ma lille?

TOIXETTE. — Votre iille. Elle vous dira qu'elle n'a que faire de Monsieur Diafoirus, ni de son fils Thomas Diafoirus, ni de tous les Diafoirus du monde.

ARGAX. — J'en ai affaire-, moi, outre que le parti est plus avantageux qu'on ne pense. Monsieur Diafoirus n'a que ce fils-là pour tout héritier; et, de plus. Monsieur Purgon, qui n'a ni femme, ni enfants, lui donne tout son bien en faveur de ce mariage ; et Monsieur Purgon est un homme qui a huit mille bonnes livres de rente ^.

TOIXETTE. — Il faut qu'il ait tué bien des gens, pour s'être fait si riche ^.

ARGAX. — Huit mille livres de rente sont quelque chose, sans compter le bien du père.

TOIXETTE. — Monsieur, tout cela est bel et bon; mais j'en reviens toujours là : je vous conseille, entre nous, de lui choisir un autre mari ; et elle n'est point faite pour être Madame Diafoirus.

ARGAX. — Et je veux, moi, que cela soit.

TOIXETTE. — Eh, fi ! ne dites pas cela.

ARGAX. — Comment 1 que je ne dise pas cela ?

TOIXETTE. — Eh, non.

ARGAX. — Et pourquoi ne le dirais-je pas ?

TOIXETTE. — On dira que vous ne songez pas à ce que vous dites.

ARGAX. — On dira ce qu'on voudra ; mais je dis que je veux qu'elle exécute la parole que j'ai donnée.

TOIXETTE. — Non ; je suis siire qu'elle ne le fera pas-'.

ARGAX. — Je l'y forcerai bien.

1. Toinelle est mieux qu'une ' ces rudes coups de satire contre servante. 1 les médecins.

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