‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 414 sur 443 · SCÈNE YI · texte numérisé non relu

SCÈNE YI

BÉLINE, ARGA^, ANGÉLIQUE, MONSIEUR DIAFOIRUS, THOMAS DIAFOIRUS, TOINETTE

ARGAX. — Mamour, voilà le lils de Monsieur Diafoirus.

THOMAS DIAFOIRUS. — Madame, c'est avec justice que le Ciel vous a concédé le nom de belle-mère, puisque l'on voit sur votre visage. . .

BÉLINE. — Monsieur, je suis ravie d'être venue ici à propos, pour avoir l'honneur de vous voir.

THOMAS DIAFOIRUS. — Puisquc l'on A'oit sur votre visage. . . puisque l'on voit sur votre visage. . . Madame, vous m'avez interrompu dans le milieu de ma période -, et cela m'a troublé la mémoire.

MONSIEUR DIAFOIRUS. — Thomas, réservez cela pour une autre fois.

ARGAN. — Je voudrais, mamie, que vous eussiez été ici tantôt.

TOINETTE. — Ah ! Madame, vous avez bien perdu de n'avoir point été au second père, à la statue de Memnon, et à la lleur nommée héliotrope.

ARGAN. — Allons, ma lille, touchez dans la main de Monsieur, et lui donnez votre foi, comme à votre mari.

[Angélique fait entendre à Thomas Diafoirus qu'elle ne veut pas l'épouser ; le sot discute avec des termes latins ; Béline lance des pointes désagréables à sa belle-fille ; Argan s'emporte.]

ARG.\N, à Angélique, qui aort. — Ecoule. Il n'y a point de milieu à cela : choisis d'épouser dans quatre jours ou Monsieur ou un couvent. (A BiUnc.) Ne vous mettez pas en peine : je la rangerai bien''.

siècles dans le cas où 7ious cju- [ Cf. Crodzet..., Gr. Fr., ^ 182. ployons le pronom lequel : ; i. Toinelte a certes raison de

Ce n'est pas le bonheur aprii. quoi je [soupire.

(MOLTÈBK, Tartuffe, p. 926.)

, Rousseau (p. 76, éd. Didier) :

« L'une des meilleures raisons peut-être pour quoi 1 Europe a été... »

railler loflre incongrue de Thomas Diafoirus.

2. La période est une plirase ample, de construction bien calculée. Thomas n"improvise pas !

3. Je la rangerai bien =^ je la ferai rentrer dans le devoir.

BÉLiNE. — Je suis fâchée de vous quitter, mon fils ; mais j'ai une affaire en ville, dont je ne puis me dispenser. Je reviendrai bientôt.

AUGAN. — Allez, mamour ; et passez chez votre notaire, afin qu'il expédie ce que aous savez.

BÉLINE. — Adieu, mon petit ami.

AHGAN. — Adieu, mamie. Voilà une femme qui m'aime. .. cela n'est pas croyable.

MONSIEUR DiAFOiRUs. — Nous alloiis, Mousicur, prendre congé de vous.

ARGAN. — Je vous prie, Monsieur, de me dire un peu comment je suis '.

MONSIEUR DiAFoiRUS, tdtaut le pouls iVArgau. — Allons, Thomas, prenez l'autre bras de Monsieur, pour voir si vous saurez porter un bon jugement de son pouls. Qiiid dicis'-'?

THOMAS DIAFOIRUS. — Dico'^ que le pouls de Monsieur est le pouls d'un homme qui ne se porte i^oint bien.

JMONSIEUR DIAFOIRUS. — Bon.

THOMAS DIAFOIRUS. — Qu'il cst duriusculc^, pour ne pas dire dur.

MONSIEUR DIAFOIRUS. — Fort bicii.

THOMAS DIAFOIRUS. — Repoussaut ^.

MONSIEUR DIAFOIRUS. — BenC ^.

THOMAS DIAFOIRUS. — Et même un peu caprisant ^

MONSIEUR DIAFOIRUS. — O ptimC ^.

THOMAS DIAFOIRUS. — Ce qui marque une intempérie dans le parenchyme spléniqiie^, c'est-à dire la rate.

MONSIEUR DIAFOIRUS. — Fort bien.

ARGAN. — Non : Monsieur Purgon dit que c'est mon foie qui est malade.

MONSIEUR DIAFOIRUS. — Eh! oui : qui dit parenchyme, dit l'un et l'autre, à cause de l'étroite sympathie qu'ils ont ensemble par le moyen du vas hreve^^ du pylore ^^, et souvent des méats cholidoqnes •-. 11 vous ordonne sans doute de manger force rôti ?

1. Je suis = Je me porte. Un malade ne perd pas une occasion de consuller.

2. Que dites-vous ? Le latin est la langue savante, et celle des classes.

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