‹ Scènes choisies [sous la direction] par Ch. GeorginChapitre 434 sur 443 · RÈGLE : Les verbes croire · texte numérisé non relu

RÈGLE : Les verbes croire

penser, sans négation, se construisaient, au ij" siècle, avec le subjonctif de supposition, pour exprimer la nuance d'incertitude :

« Je crois qu'il soit fou. « (Malherbe.) On croyait que tout esprit allât revenir. (Sévigné.) Cf.

Crouzet..., Gr. Fr., § 415.

ennuyeux, de mauvaise humeur, fatiguant sans cesse les gens, et grondant nuit et jour servantes et valets i.

ToiNETTE. — Voilà Une Ijelle oraison funèbre !

BÉLiNE. — Il faut, Toinclte,que tu m'aides à exécuter mon dessein, et tu peux croire qu'en me servant-, ta récompense est sûre. Puisque, par un bonheur, personne n'est encore aA-erti de la chose, portons-le dans son lit, et tenons cette mort cachée, jusqu'à ce que j'aie fait mon affaire. 11 y a des papiers, il y a de l'argent, dont je me veux saisir 3; et il n'est pas juste que j'aie passé sans fruit, auprès de lui, mes plus belles années. Viens, Toinelte, prenons auparavant toutes ses clefs.

ARGAN, se levant brusquement. — Doucement !

BÉLINE, surprise et épouvantée. — Ahi !

AUGAN. — Oui, Madame ma femme, c'est ainsi que vous m'aimez ?

TOINETTE. — Ah ! ah ! le défunt n'est pas mort !

ARGAN, à Béiine, qui sort. — Je suis bien aise de voir votre amitié, et d'avoir entendu le beau panégyrique ^ que vous avez fait de moi. Voilà un avis au lecteur^ qui me rendra sage à l'avenir, et qui m'empêchera de faire bien des choses.

Page 1