M. THÉODORE ANNE
L'époque de la Fronde, cette lutte entamée par des fous et continuée par des ambitieux , a des incideuts qui sont de nature à tenter les romanciers. Pourquoi la fronde a-t-elle commencé, pourquoi a-t-elle fini ? c'est un point diflicile à expliquer. L histoire ne donne point de oause sérieuse à cette guerre qui dura quatre ans a ce désordre qui trouva son dénoûment, quand on fut las de combattre, et quand après tant de sang inutilement versé, la France aux abois cria grâce et merci. Le roman a le champ libre , grâce au silence de l'histoire , et M. Théodore Aune en a profité pour donner au moins à cette collision une apparence de motif. Trois lignes de 1 ouvrage de M. le comte de Saint-Aulaire sur cette époque, lui ont servi de point <ie départ, et usant de son privilège de romancier, il a mis dans la tête de la duchesse de LongueviUe, ce que l'on dit avoir existé un instant dans celle du prince de tonde, son frère. Peut-être trouvera-t-on que la Fronde, ainsi représentée, rappelle des événements plus modernes. C'est que tous les désordres sont frères et marchent vers le même but. C'est la soif des grandeurs d'un coté, c'est la soif de l'or de i autre, qui guident les ambitieux de haut et de bas étage. Mais à côté du tableau ainsi présenté, se trouve la leçon et le dénoûment qui met chaque chose à sa place montre que les plus grands agitateurs capitulent facilement quand leurs intérêts sont sauvegardés. A côté des scènes d'ambition se trouvent des scènes d'amour, et l'amour amène une conclusion que l'ambition voulait retarder. C'est que de toutes les passions humaines , l'amour est la plus forte. Princes, ministres, grands seigneurs, magistrats, bourgeois, populaire, toutes les classes défilent devant le lecteur, et de ce contraste perpétuel naît un intérêt qui doit assurer le succès de l'ouvrage.
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