IX. — DEVANT LE THÉÂTRE
Gaston de Rivesaites sort du théâtre. — Un monsieur s'approche de lui e* le salue très poliment.
le monsieur. — Pardon, monsieur... c'est à M. Gaston de Rivesaites, l'auteur do Bamulus, que j'ai l'honneur de parler?
gaston. >. — Oui, monsieur...
le monsieur. — J'ai appris, monsieur, que le rôle le plus important de votre pièce, — un rôle de vestale, je crois, — avait été ronflé à mademoiselle Antonia, du théâtre des Folie» Plastiques...
gaston. — En effet.
le monsieur. — Vous ignorez peut-être, monsieur, que ce rôle revenait de droit à une artiste attachée depuis longtemps au Prytanée, mademoiselle Olympe...
gaston. — Je ne savais pas
LE MONSIEUR, sèchement. — Vous devriez
savoir !
gaston. — Ah! permettez...
le monsieur. — Quand on se mêle de faire jouer des pièces de théâtre, il faut être au courant des usages dramatiques...
gaston. — Pardon ! mais...
le monsieur, Ranimant. — Si vous ne les connaissez pas, apprenez-les !
gaston. — Monsieui ... cette faconde parler...
LE MONSIEUR , élevant la voix. — - Cest la
mienne! Si elle vous déplaît...
gaston. — Plus bas!... Je vous en prie...
On nous regarde.
le monsieur. — Ça m'est égal! je n'ai peur de personne, moi !
gaston. — Moi non plus!... et je n'entends pas...
le monsieur. — Très bien. Je vous ai compris... Voici ma carte.
gaston. — Voici la mienne; seulement...
le monsieur» — J'ai bien l'honneur de vous saluer.
11 disparait.
gaston, seul, lisant la carte. — c Achille Buchard, officier au 175 e de ligne. » Eh bien , voilà unejolie affaire!... Allons chercher des témoins!