‹ Scènes de la vie privée et publique des animauxChapitre 45 sur 95 · SCÈNE HILL · texte numérisé non relu

SCÈNE HILL

LES MÊMES, TOINON, UNE VOIX au dehors.

TOINON. Elle a doucement ouvert la porte de sa chambre, marche sur la pointe du

pied et va vers la fenêtre.

Quoi! c’est vous, Paul? quelle imprudence!... Si mon père rentrait!...

LA VOIX

Ma foi, voilà deux jours que je ne vous ai vue, et je

PHILOSOPHE. 219 n'y tenais plus... Est-ce que le père Babolin est toujours en colère contre moi?

TOINON

Plus que jamais... Il veut vous intenter un procès. LA VOIX.

Comment un procès? à propos de la maison de feu mon cousin Michonnet ?

TOINON

Justement.

LA VOIX

Mais puisque le cousin Michonnet me l’a léguée par testament, elle est bien à moi, cette maison !

TOINON

Mon père aussi a un testament, et il dit que le vôtre n'est pas le bon.

LA VOIX

C'est-à-dire que c’est le sien qui est mauvais... Au fait, qu'il nous marie, et la maison sera aussi bien à lui qu’à moi.

TOINON

Ah! bien oui! il ne veut plus entendre parler de marage... Il dit qu’il vous déteste, et qu’il vaut mieux que je reste fille toute ma vie que de devenir la Femme d’un

Homme aussi méchant que vous...

LA VOIX, d’un ton piteux.

Est-ce que vous êtes de cet avis-là, Toinon?

TOINON

Hélas!

RONGE-MAILLE , à part.

Voilà un hélas! qui en dit plus qu’il n'est gros! LA VOIX.

Ciel! votre père tourne la rue... Je me sauve! TOINON. Elle se retire vivement de la fenêtre.

Pourvu qu'il ne l'ait pas aperçu... C’est pour le coup

q u'il ferait un beau ta page l (Elle rentre dans sa chambre.)

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