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bord de l’eau depuis le lever du soleil jusqu’au soir. J'avais une ligne superbe montée en argent avec le luxe
d’une arme orientale ; seulement elle était plus innocente.
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Hélas! j'ai passé là de douces heures, et j’y ai fait de bien
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mauvais vers, mais je n’y ai jamais pris de poisson.
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— Le poisson, Monsieur, est une chose d'imagination qui n'a aucun rapport avec le bonheur qu’éprouve le
véritable pêcheur à la ligne. Peu de personnes compren-
nent les charmes de cette préoccupation singulière qui
balance doucement, et sans la moindre impatience, la
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méme espérance vague, la même eau transparente, la même vie oisive, mais non désœuvrée, pendant des années sans nombre, car 11 n’y a pas de raison pour qu'un pécheur à la ligne meure?
Je fis un signe d’assentiment.
— Peu de personnes comprennent cela pourtant, repritil, car sur une multitude de gens qui se livrent à cet exercice, il y en a un grand nombre qui tiennent une ligne comme ils tiendraient autre chose, et qui ne pensent pas plus à ce qu'ils font que s’il s’agissait d’un livre ou d'un tableau. Ces gens-là, Monsieur, gâtent les plus belles choses, et remarquez qu'ils se sont horriblement
multipliés depuis quelque temps.
à P1 . ’ . * —- C'est vrai, répondis-je.
Breloque n'était pas accoutumé à mie voir entrer aussi complétement dans ses idées. Il en futflatte.
— Monsieur, dit-il avec un son de voix où pereçait le contentement de soi-même, j'ai réfléchi sur bien des choses, quoique je n’en aie pas l'air; ilne me serait pas malaisé d'acquérir une grande répufation si J'écrivais toutes les idées saugrenues qui me passent par la tête, et celle-là ne serait pas usurpée.
— À propos de réputation usurpée, voyons donc lhistoire de votre Renard. Vous abusez de lapermission que je vous ai donnée de m’ennuyer avec cdle-là, pour m'ennuyer avec une autre; cela n’est pas loyal.
— Tout ceci, Monsieur, n’est qu'un détour fort subtil
qui va nous reconduire à l’endroit d'où nous sommes
partis. Je suis maintenant tout à vous el Je ne me permettrai plus de vous adresser qu’ure seule question. Que dites-vous de la chasse aux Papillors?
— Mais, malheureux! vous parlere: done de tous les Animaux qui peuplent la terre et les mers, excepté de celui qui m'occupe? Vous oubliez son horrible caractère ; vous ne le devinez pas, le traître, sous le masque hypocrite qui le cache, séducteur de pauvre Poulettes, dupeur de sots Corbeaux, étourdisseur de Dinlons, croqueur de Pigeons écervelés ; 1l épie une victime, il la lui faut, il l'attend. Vous lui faites perdre son tenps, à cette bête, et à moi aussi.
— Que de calomnies! repritl d’un air résigné ; enfin,
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