‹ Scènes et portraitsChapitre 44 sur 51 · MADEMOISELLE DE PLEISCEUF, MARQUISE DE PRIE · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE DE PLEISCEUF, MARQUISE DE PRIE

Le mari éloit un magot plein d'esprit, qui vouloil en avoir la meilleure part, mais qui du reste n'étoit pas incommode, et dont les gains imnienses fournissoient aisément à la délicatesse et à ralKmdance xie la table, à toutes les < fantaisies de parure d'une belle femme, et à la splendeur d'une maison de riche tinancier.

i.a maison étoit fiéquentée ; tout y attiroit ; la fetnmé : adroite y souffroit par complaisance les malotrus amis de son maii, qui, de son côté, recevoit bien au^si du gens d'une autte sorte, qui n'y venoient pas pour lui. La femme éloit impérieuse, vouloit des compagnies (|ui lui : liss^ent honneur ; elle ne souffroit guère de mélange dans i ce qui venoit pour elle. Eprise d'elle même au dt^rnier j point, elle voulot que les autres le fussent; mais il falloit ) en obtenir la permission. Parmi ceux-là elle savoii choisir ; elle avoit si bien t>u établir son empiie, que le bonheui' coujplet ne sortoit jamais à l'extérieur dos bornes ^ du respect et de la bienséance, et que pas un de la troupe ] choisie n'osoit montrer de jalousie ni de chagrin. Chacun \ espéroit son tour, et en attendant, le choix plus que soupçonné étoit révéré de tous dans un parfait silence, sans la moinire altération entre eux. Il est étonnant combien celte conduite lui acquit d'amis considérables, qui lui sont toujours demeurés attachés, sans qu il lût • question de rien de plus que d'amitié, et qu'elle a trouvés, au besoin, les plus ardents à la servir dans ses affaires. Elle fut donc dans le meilleur et le plus grand monde, autant qu'alors une femme de Plénœuf y pouvoit être, et s'y est toujours conservée depuis parmi tous les changements qui lui sont arrivés.

Entre plusieurs enfants, elle eut une fille, belle, bien faite, plus charmant-' encore par ces je ne sais quoi (|ui enlèvent, et de beaucoup d'esprit, extrêmement orné et cultivé par les meilleures lectuies, avec de la mémoire et le jugement de n'en rien montrer. Elle avoit fait la passion et l'occupation de sa mère à la bien élever. Mais devenue grande, elle plut, et à mesure qu'elle plut elle

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