LE DINER BOURGEOIS
La chambre à coucher de madame Joly transformée en salon.
MONSIEUR ET M™* JOLY, VICTORINE, {à SOU
piano. )
M. JOLY, (en chemise.)
Cest drôle, comme notre chambre à coucher, depuis qu'il n'y a plus de lit, est grande, ^ fait xm joli salon.
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MADAME JOLY ( habillée , un tablier devant ellcj les manches retroussées jusqu^aux coudes ).
Qui est-ce qui te demande ça? vous restez là, M. Joly , depuis ce matin comme un terme. Vous ne faites rien , et la compagnie va arriver.
M. JOLT.
Ah ben ! par exemple ! en voilà une forte , comme un terme ?
MADAME JOLY
Oui, certainement.
M. JOLY
Comment! je suis levé depuis cinq heures...
Je suis allé acheter un pain de sucre, rue de la Verrerie... je suis allé à la boucherie... J'ai démonté les deux lits... j'ai déplacé k commode, le secrétaire.... Ça s'est fait tout seul, peutêtre,... et je suis là comme un terme?
MADAME JOLY
Et moi , je n'ai rien fait non pliis; c'est amu-
BOURGEOIS. ii5
sant, quand on n'a pas de domestique, défaire comme ça la cuisine pour tout le monde.
M. JOLY
Il faut ben faire quelque chose pour la société... que diable f... Tu as madame Payen qui te seconde.
MADAME 3&LY
Oui, voilà une belle aide Allons..... allez
donc passer un habit , une cravate ; ne restez donc pas ainsi tout nu devant votre fille... qu'on va venir, j'vous dis.... Eh ben! Victorine, tu regardes toujours dans la rue, tu ne sauras pas ta leçon ce soir.
VICTORINE
Dame... c'est ennujranL
MADAME JOLY
C'est ça... tu seras encore timide, et tu feras encore bouillir du lait à madame Locard, qui prétend qu'il n'y a de bonnes femmes de ménage que celles qui ontétéraccommodeusesde dentelle.
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M. JOLY
Oui , c'est vrai , madame Locard ; avec ça qu'elle marie bien son Olympe.
MADAME^JOLY
J'espère qu'elle ne nous l'amènera toujours pas à dîner aujourd'hui... Ce n'est pas là une
connaissance pour Victorine Va donc,
M. Joly , au nom de tous les Saints, va donc passer ton habit. {M, Jolj sort.)