‹ Scènes populaires dessinées à la plumeChapitre 8 sur 46 · DEUX VOIX DE FEMMES · texte numérisé non relu

DEUX VOIX DE FEMMES

Cest nous !

MADAME DESJARDINS

Tiensfl'Opéra déjà fini. V'ià la dame du fond de la cour, au rez-de-chaussée, avec sa demoiselle, qui rentre.

MADEMOISELLE VERDET

Et un cavalier, dites donc ! Je n'connaissais pas celui-là.

MADAME DESJARDINS

Je n'ai rien vu, moi. C'est une dame trèsgénéreuse.

MADEMOISELLE VERDET

Il a pourtant la tête de plus que M.BocqueL

MADAME DESJARDINS

« Malheureuse mère y dit-^lle, tu es tassas- » sin de ta propre enfant par les sentimens » que tu lui as inculqués... inculqués... EmaiU » lée de fleurs^ là bondissaient de toutes parts » déjeuner agneaux blancs comme neige. »

CHEZ LA PORTIÈRfe. 33

Ça ne se suit pas beaucoup. — J'crois ben, io4 et 297. Dis donc 9 Desjardins, qu'est-ce t'as donc fait des pages? dis-le donc; tu dors comme un sabot dans ta soupente; t'as allumé ta pipe avec... J'te dis pas de tirer le cordon, imbécille. {Elle va fermer la porte.) Comment faire, à présent, pour y suppléïer; je ne sais plus du tout où j'en suis. Tlà la Lyonnaise qui commence sa nuit; bonsoir, la Lyonnaise.

LA LYONNAISE

Non, pas du tout; « émaillée de fleurs »....

MADAME DESJARDINS

Je le croyais, excusez. Voyons donc sous le

coussin de mon fauteuil, quelquefois Rien

du tout.

« Malheureuse mère.,. »

M. PRUDHOMME au carreuu.

J'ai éteint mon rat.

MADAME DESJARDINS

Dame! monsieur, vous allez faire ce manège-là toute la soirée, si vous ne le mettez pas, pour traverser la cour, dans la coiffe à votre chapeau.

M. PRUDHOMME

Je crains de la compromettre Je vais cependant aviser au moyen de ne pas vous déranger davantage; mille pardons de vos peines, mille remercîmens.

MADAltE DESJARDIlfS.

« Malheureuse mèrey dit-elle, tu es F assassin » de ta propre enfant par les sentimens que tu » lui as inculqués... Émaillée de fleurs... »

M. PRUDHOMME, {cLu curreau.)

C'est encore moi: dame, que voulezpvous, tout finit par s'éteindre dans la naturelle rat, c'est l'image de la vie nous subissons la loi commime... Je vais fermer le carreau.

Dieu! que cet homme est bête avec tout son esprit, je ne connais rien de si bête. {La porte est restée ouverte; en allant la fermer ^ ma-dame Desjardins aperçoit venir de loin un des locataires; elle la referme promptement^ et rentre dans sa loge. ) Dites donc, Vlà ce La-

serre. JVas Flaisser un peu dehors pour le r'mercier d'ses dernières étrennes.

MADAME POGHET.

G)mmenty est-ce qu'il ne vous a rien donné l'an passé?

MADAME DESJARDmS.

La moitié d'un petit écu, comme vous êtes une honnête femme.

MADEMOISELLE REINE.'

Trente sous!., oh! l'arrare!

madaM'e pochet.

C'est une horreur!.. ( On frappe.^

MADAME DESJARDINS

Pan! Oui, cogne, va!

MADEMOISELLE REINE

Il a pourtant d'quoi?

J'crois ben, un gabelou (i) r'tiré... (0/^ frappe.)

MADAME POCIÏET.

Pan! Et qui est bien meublé j'ai vu sa

chambre.

(i) Nom que le peuple donne aux employés des contributions.

MADAME DESJARDINS

Oui, oui, il a un mobilier assez conséquent.., ( On frappe trois coups. )

MADAME POCHET, riant.

Via qui s'animel

MADAME DESJARDirrS.

C'est pas son habitude. ( On frappe à coups redoublés^ Frappe, frappe, oh ! ça n's'ra pas la dernière fois. {Le portier y réveillé en sursaut^ tire le cordon de sa soupente. ) Qu'est-ce qui te prie d'ouvrir, animal?

Page 1