‹ Scènes populairesChapitre 118 sur 201 · ONZE HEURES · texte numérisé non relu

ONZE HEURES

Taille des plumes; déjeuner de MM. les employé! ; visites au poêle; repassage des canifs.)

m. riffé , au poêle. — J'ai rencontré ce matin, eo venant, II. CochiSi dans la rue Dauphine : il ma chargé , messieurs, de vous dire bien des choses.

M. CARDOl IN , tout vu revivant. — Il Ile vient plus nous

voir, M. Cochin.

\i. i;ii'ki;. — H demeure si loin !

M. CARDOUIN. — OÙ denieme-l il dont ■?

M. R kkk. — Il demeure avec ses enfants.

M. CARDOUIN. — El où demeurent ses enfants?

\i. m in;. — Ici.... parbleu! à....

M. CARDOUIN. — Ici.... où ici?.... à Constantinople?

M. rikkk, piqué, — Non, monsieur, pas à Constantinople...

à Vaugirard.

M. GR1SARD. — Sa demoiselle a, dU-OQ, beaucoup d'enfants?

M, DOLTRKViiT. . / ntvrrompnitt sa Icctuiv. — Sa demoi-

selle? Elle n'était donc pas mariée?

M. GRISARD. — Si l'ail : moi je dis sa demoiselle comme je

dirais sa fille.

M. DOUTREMER. — Nous devez dire sa fille ou la désigner par

SOD Hum de femme. Je sais bien qu'elle esl mariée : mais

tonte autre personne, qui ne la connaîtrait pas comme nous

la connaissons, serait tentée de croire qu'elle ne l'est pas;

et, -ans le vouloir, vous pourrie/, tout bonnement lui faire

beaucoup de tort.

M. GRISARD. — On sait bien que je n'ai point de raison pour

vouloir lui laire du torl.

m. Dm iiii.Mi.n. — Certainement; je sais bien, moi, que vous n'avez nullement l'intention de lui porter préjudice; mais je serais à côté de vous dans un café , n'importe où , que

>-2 SCENES POPI.'LAIRES.

ne connaissant pas M. Gochin comme je le connais, ot entendant parler de sa demoiselle comme ayant beaucoup d'enfants, j'aurais, à part moi , une fort mauvaise opinion dé M. Cochin d'abord , de mademoiselle Gochin et de

toute la famille Cochin. desroches. — J'entendrais parler d'une personne que je ne

connaîtrais pas, je n'y ferais aucune attention. M. doutremer. — Vous, monsieur Desroches, vous ave/, la

science infuse.

M. RIFFÉ. — Il est toujours bien engraissé, M. Cochin? M. doutremer. — Oui,' il promettait de devenir gras; je ne

sais si vous l'avez remarqué , mais il avait de petits 08,

M. Cochin.

desroches. — Je n'ai jamais fait cette remarque-là : je sais

seulement qu'il était bien sec.

franchet. • — Dis donc , Desroches, quand comptes-tu aller

à Franconi ?

desroches. — Je ne sais pas, la semaine prochaine peut-être

bien.

fraxchet. — Ah ! bien ! nous en parlerons; j'y retournerais

bien encore.

M. DOUTREMER. — Il paraît que c'est fort beau ? franchet. — Oui, très-beau. (Les employés se mettent

au travail, M. D outremer quitte te bureau en emportant le journal.)

Page 1