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SCÈNE XXI

LES PRÉCÉDENTS , excepte mi. DE POCHOLLE et de FAVRICE.

DESUOches. — Voilà des appointements bien gagnés!

m. DOL 'TREMER. — Pourquoi n'ètes-vous pas né sur le trône,

nous seriez encore plus heureux que ces messieurs. (// se

dispose à nettoyer ses ongles.)

INTÉRIEURS m Bl REA1 \

frâNCHET. — Je crois que six mille livres de rente valeni

bien un trône n'est-ce pas. Desroches?

desrocbes. — Je crois bien, si\ mille livres de rente , h même moins.

m. grisard. — Si mon bean-père ne s'était pas remarié , ma femme aurait plus que ça !

M. CARDOUIN. — Vous n'avez pas entendu parler de l'assassinat de la rue Saint-Mare, M. Grisard?

M. doitremer, arrangeant ses ongles. — Est-ce qu'il y a des détails aujourd'hui ?

M. GRISARD, déjeunant. — Je n'en ai pas entendu parler.

M. cardouin. — J'ai ouï dire que l'assassin était un tailleur.

M. RiFFÉ. — Ils sont tous tellement pétris d'ambition dans cet état-là (pie cela ne m'élonnerait pas. Ils ne volent pas encore assez, sur leurs pratiques. (M. Cardouin se lève et 86 dirige du rôt ê (lu poêle.)

desroches. — M. Cardouin , je vais ouvrir la fenêtre si vous approchez du poêle.

M. CARDOUIN. — Je vous prie , une fois pour tout, de me laisser tranquille , M. Desroches.

M. doitremer, toujours occupé à nettoyer ses oncles. — I ne fois pour toutes. M. Cardouin, si vous voulez bien.

M. CARDOUIN. — Je lr sais bien, nous ni' sommes pas ici à l'école.

M. DOLTREMER. — Il n'en coûte pas plusdc dire bien.

M. riffé. — Ëtiez-vous beaucoup de inonde à dîner hier. NI Grisard.

.m. grisard. — Non, c'était un dîner sans cérémonie; mon épouse n'\ était même pas.

M. DOLTREMi B . /' nui mini ses ongles. — Votre femme, s'il \iius plaît , il u'\ a que les ouvriers qui se servent de ce terme d'épouse pour désigner leurs femmes.

M. grisard. — Depuis bientôt quarante-huit ans que je suis au monde, je n'ai jamais dit autrement , et je ne m'en suis pas plus mal trouvé.

M. DOi'TREMER , promenant un cure-dent dans sa bouche. — Vous avez parlé de bonne heure.

M. Grjsard, reprenant sa conversation interrompue — Il y avait un frère à madame Pillais, un Alsacien , une petite demoiselle cl un de leurs cousins qui est décoré; un jeune homme qui chante comme un ange.

M. DOLTREMER , son cure-dent 'dans ta bouche. — On chante donc encore à table ?

M. grisard. — Maison chante partout où je vais. On chantera, j'espère, toujours à la maison.

M. DOUTremer, nettoyant son cure-dent. — M. Eugène, voyons si vous ne faites pas encore quelques sottises, montrez-moi votre besogne.

EUGÈNE — La voici , monsieur.

M. DOUTREMER, se servant du cure-oreille. — Je vous avais défendu de faire encore de ces vilaines grandes lettres- là. Ce n'est point là une écriture tondue : que voulez-vous que je vous dise? c'est affreux. (Desroches quitte son bureau,il va rendre quelques visites dans les bureaux, il est sans chapeau.)

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