I.MI.Illl .u;s ui; BUREAUX
sur le marbre. — Bonjour, messieurs. Comment pouvez-vous tenir ici, avec une chaleur pareille ? C'est à eu mourir, parole d'honneur. Dans notre bureau , c'est une glacière, ici c'est une étuve .... je venais me réchauffer avec tous; mais vous avez aussi par trop poussé votre poêle. (Personne ne répond.)
Aujourd'hui, messieurs, le budget doit être discuté à la Chambre. On va encore nous travailler, vous allez voir ça, proposer «les suppressions. Ehl mon Dieu, laissez-nous donc un peu en repos! Vraiment, bientôt le métier ne sera plus lenable. C'est une chose terrible que d'être tous les ans connue nous sommes à l'époque de la discussion du budget (Prolongation dit silence.)
J'ai un (ils ; mais si jamais celui-là devient employé , je veux être damné. Je ne sais encore ce que j'en ferai ; mais au moins il ne sera pas employé. Quel métier que celui-là maintenant! il est devenu atroce! M. Riffé, quand me donnerez-vous ma revanche ? (M. Ri/J'ô ne répond pas.)
Je suis moralement persuadé que le métier d'employé , car on en a fait un métier, est le dernier des états. Personne de \ons, messieurs, ne vient nous voir, vous nous abandonnez donc à notre malheureux sort? Monsieur Cardouin a-t-il lu le journal ce matin ?
M. CARDOUIN. — Je ne l'ai point lu, non, monsieur; je l'aurais lu, il ii'v a pas à cela le moindre doute, si je n'y eusse pas été abonné ; je le suis, je ne l'ai point lu. Non , monsieur, je ne l'ai point lu. (Il ou ère un livre.) M. tlpimkh. — Ma foi, je ne lis que fort peu de journaux, et je vous assure que je m'en trouve forl bien; la politique m'ennuie, que voulez-vous ? Quand nous nous mettrons l'esprit à la torture, qu'en résultera-t-il? Nous nous ferons du mal et nous ne changerons rien à l'ordre des choses, c'est que c'esl 'i remarquer au moins, on ne change rien, on... ne... change... rien... (Silence.)
Je crois que voilà un temps noir qui nous annonce
de la neige ; je n'aime pas ces vilains temps gris comme nous en avons depuis dix jours, ça rend tout triste. Parlez-moi de l'été, vive l'été ! j'aime mieux l'été (pie l'hiver. Chacun son goût après cela ; moi , je préfère l'été. Au moins l'été, vous avez la promenade, la campagne. (Personne encore ne répond.)
Qu'est-ce qui n'aime pas la campagne? J'adore la campagne, moi. Il y a quatre ans, j'avais obtenu un congé de quelques jours , je n'en demande pas souvent, je l'ai passé à la campagne , dans le pays de ma femme , au mois de mai; comme je me suis amusé! Mais quand je dis que je me suis amusé, je me suis amusé comme un enfant. Aussi quand nous en sommes revenus, je n'en pouvais plus... Ah ! j'aime bien la campagne, pas la campagne à la ville, la campagne. L'hiver, qu'est-ce que vous voulez faire? toujours au coin du feu, il n'y a rien de plus triste; j'aime mieux l'été, décidément j'aime mieux l'été. (H reste encore quelque temps devant le poêle.)
Messieurs , j'ai bien l'honneur de vous saluer. (// sort piqué. )