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SCÈNE XXXVI

LES PRÉCÉDENTS , excepté M. DOUTREMER.

M. GRISARD, quittant son fauteuil. — Monsieur Desroches, si vous aviez perdu votre place, je mourrais ce soir.

desroches. — Comment ça ?

M. GRISARD. — Oui, certainement, je n'aurais pas survécu aux reproches que vous étiez en droit de m'adresser.

desroches. — Est-ce que vous avez jamais mérité des reproches, vous, monsieur Grisard ?

M. grisard. — Mais toujours est-ce en prenant mon parti que vous vous êtes compromis.

desroches. — Voyez-vous, monsieur Grisard, je ne suis jamais allé chez vous...

M. grisard. — C'est le tort que vous avez eu, monsieur Desroches...

desroches. — Si fait, une fois , une seule fois, pendant la maladie d'un de vos enfants. Eh hien ! je vous aime , après M. Dumont, comme mon père; vous et M. Riffé, vous êtes mes plus grands amis du bureau.

FRANCHET. — Moi, je suis un chien ?

desroches. — Toi, je t'aime bien aussi ; j'aime bien aussi Eugène, pauvre petit homme ! Eugène, vous êtes un charmant garçon; je n'oublierai jamais , quand je vivrais cent ans, que vous avez essuyé vos yeux quand je suis rentré au bureau. Je ne l'oublierai jamais : quand vous aurez besoin de moi, je suis là. Vous tenez de famille. Votre père était un de mes grands amis. Quant au reste du bureau, je sais ce que j'en pense M. CARDOUIN. — Heureusement que le reste du bureau se soucie fort peu de l'opinion que vous pouvez avoir de lui. DESROCHES. — Monsieur Uill'é , je veux dîner aujourd'hui

avec \ o us.

INTÉRIEURS 1)1 BUREAl \ W

m. riffé. — J'allais vous le proposer.

desboches. — Si aussi bien M. de Saint-Maur m'axait dit

des choses désagréables , je lui donnais ma démission.

J'aime bien trop ma liberté pour rester dans les bureaux.

je m'engageais de suite dans le (J,; chasseurs. M. CARDOi'lx. — Toujours par amour pour votre liberté? DESROCHES. — Monsieur Cardouin , il est deux heures et

demie , vous avez une bonne heure à me faire enrager; je

vous accorde encore le quart après quatre heures. Demain

je ne suis plus des vôtres.

M. cardouin. — Qu'est-ce que cela me fait ? desroches. — Cela me fait beaucoup à moi. (M. Cardouin

commence sa promenade habituelle de loin/ en large

dans le bureau.) M. GRtSARD. — Je crois que je ferai bien, par précaution, de

me faire mettre quelques sangsues en rentrant. M. R1FFÉ. — Vous ne feriez pas mal de passer un peu avant

chez votre médecin.

m. r.RiSARD. — Croyez-vous?

m. riffé. — Il n'y a pas le moindre doute. m. CARDOUIN. — C'est bien étonnant; j'avais mis ma plume

près de mon encrier, il n'y a qu'un instant, je ne peux

pas la retrouver. Ce sera la seconde de la semaine que

j'aurai égarée.

PRANCHET. — Il ne s'est présenté personne à votre place. M. CARDODIIf. — Je n'accuse personne, je dis seulement

que cela est bien étonnant; il n'y a pas à dire, je l'ai posée

l.i ; va te promener, elle ne s'y trouve plus. Allons, il en

sera de celle-ci connue de mon grattoir, je n'en entendrai

plus parler.

PRANCHET. — Messieurs, j'oubliai* de vous dire que demain

je suis de garde.

DESROCHES. — OÙ ça?

PRANCHET. — A la mairie.

desroches. — Tu as bien tort de ne pas entrer dans notre compagnie , ce sont tous gens charmants , tous bons enfants.

franchet. — .le suis très-bien dans la mienne.

desrociies. — Cet été nous aurons des agréments au bonnet comme dans la vieille garde. Tu connais notre capitaine?

franchet. — Parbleu ! si je le connais , son cousin a servi dans mon régiment.

desroches. — C'est un charmant garçon.

franchet. — Il est donc bien changé ?

desroches. — Je l'ai toujours vu bon enfant.

franchet. — C'est selon.

M. RIFFÉ. — Desrociies, si vous voulez, nous mangerons de la choucroute à dîner?

desroches. — Je veux bien, j'aime assez la choucroute. Ah! mon Dieu, je ne suis pas difficile, quand je dis que j'aime la choucroute, j'aime tout.

franchet. — Tu aimes tout ce qui est bon ; tu n'es pas difficile.

M. riffé. — Monsieur Eugène, en prévenant votre maman, vous pourriez peut-être dîner avec nous ?

EUGÈNE. — Je vous remercie, monsieur.

desroches. — Est-ce merci oui ou merci non ? expliquezvous.

M. doutremer. — Monsieur Eugène, vous n'avez pas oublié que vous avez ce soir à travailler chez M. Clergeot.

EUGÈNE. — Non, monsieur.

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