‹ Scènes populairesChapitre 147 sur 201 · I.\ BONNE, M. TRÉMIAUD · texte numérisé non relu

I.\ BONNE, M. TRÉMIAUD

LA BONNE. — Tiens, c'est vous, monsieur Trémiaud?

m. TRÉMIAUD. — Voilà des oranges que je viens de trouver dans 1rs escaliers; serre-moi-les bien qu'on ne les v retrouve plus.

LA bonne. — Merci, monsieur Trémiaud. Je vous la souhaite bonne ci hureuse, monsieur Trémiaud.

\i. TREMIAUD. — Kl moi aussi, mon enfant.

LA BONNE. — C'est pas l'embarras, va pas grand'chose h VOUS souhaiter à vous, vous vous porte/ comme le Pont- Neuf.

M. TREMIAUD — Tu trouves?

la bonne. — Vous engraissez tous les jours.

\i. trémiaud. — Mais je ne me porte pas mal , Dieu merci ; i les Parent?

LA bonne. — Us sont encore au lit.

m. TREMIAUD. — Je reviendrai plus tard; mais c'est que plus tard je cours risque de ne jhis les rencontrer, n'est-ce pas?

i \ bonne. — Dame! c'est ii craindre.

m. TREMIAUD. — Il n'esl encore venu personne du bureau ?

r. \ bonne. — le crois qui si.

m. trémiaud. — Qui ça donc? M, Desroches, peut-être?

la BONNE. — Non, pas lui. Je connais bien M. Desroches, c'est celui qu'a la manie des petits oiseaux , c'est lui qu'a donné les ceux qu'a madame , M. Desroches.

M. trémiaud. — Précisément, qui traîne un peu une jambe.

la BONNE. — C'est pas lui qu'est venu.

M. trémiaud. — Et celui qu'est venu , le connais-tu?

la BONNE. — Pas du tout ; c'est la première fois qu'il vient, celui-là.

M. trémiaud. — Ce ne serait pas par hasard un tout petil homme ?

LA bonne. — Qu'a des tout petits yeux , une toute petite figure et qui salue toujours.

M. trémiaud. — C'est Popelin.

la bonne. — Tenez, au surplus, j'ai là sa carte.

M. TiiÉMlAUD. — Popelin, c'est bien ça... vérificateur!... il est charmant, avec son vérificateur, à moins que ce ne soit pour ses étrennes , ce que je ne crois pas. Expéditionnaire, chère amie , deux mille deux, et pas un sou de plus avec... Vérificateur !... c'est du dernier comique... j'ai là, dans mes poches, deux ou trois paquets dont je serais bien aise de me débarrasser... Vérificateur!

LA BONNE. — C'est-t-y des joujoux pour le petit?

M. trémiaud. — Mais je crois que oui... Vérificateur! M. Popelin !

LA RONNE. — Avez-vousdes bergeries, monsieur Trémiaud? il n'aime que les bergeries, d'abord, notre petit.

M. trémiaud. — Je n'en sais rien; des bergeries, tu dis?

LA bonne. — Oui.

M. trémiaud. — Qu'est-ce que c'est que ça?... Ménage en cuivre?

LA BONNE. — C'est pas ça.

m. trémiaud. — Ménage en porcelaine''

i. a bonne. — C'est pas encore ça.

y.. niiMi \n>. — Ménage.

inné. ■ C'esl rien que des ménages que vous avez pris.

\i. trémiaud. — J'ai pris ce qu'on m'a donné... Attends, voilà encore un paquel .. Cavaliers.

r.A bonne. — Oh! des cavaliers, nous n'en manquons pas.

M. tréhiadd. — Il ne t'a pas dit qu'il fût vérificateur?

I \ BONNE. — Qui ça .'

m. trêmj u d. — M. Popelin.

LA BONNE. - Tl ne m'a rien dit... Eh hicn ! rien de ce que vous apportez là ne convient au petit.

m. ikimiu i>. — Eh bien l qu'il aille se promener, le petit,

LA bonne. ■ — Mon Dieu! vous n'êtes guère complaisant

M. trémiaud. — Laisse-moi donc tranquille.

LA BONNE. — Je suis mih' «pic le marchand qui vous les a vendues ne demanderai! pas mieux que de vous les songer, \'>s boîtes.

M. TRÉMIAUD. — Tu crois? au fait, ce n'est pas hicn loin.

la bonm:. — \<His n'avez qu'à demander une boîte de ber- (ji rits, ils savenl ce que c'est, les personnes qui en vendent.

M. TRÉHIADD. —J'y \ais aller jusque-là... Qu'est-ce que j'ai encore là, dans ma poche?... \h ! je sais, des bonbons.

i I i (NNE. — Si vous voulez les laisser pendant que \ous serez dehors.

m. TRÉMIAUD. — Je ne demande pas mieux, d'autant que tOUl ra x * > 1 1 -> prend une place du diable dans vos poches... Je ne serai pas long-temps dehors, entends-tu?

i \ i onne. — Ne \(tus pressez pas, allez, ils ne pensent seulement pas encore à déjeuner... vous avez le temps.

M. TRÉMIAUD. — M. Popelin, vérificateur l... C'est M'aiment trop drôle !

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