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SCÈNE V

LA BONNE, MADAME DEVAtJX.

.madame devaux. — Bonjour, tout le monde.

la bonne. — Bonjour, marne Devaux; je vous la souhaite bonne et hureuse.

madame devaux. — Et toi pareillement , ma fdle.

r.A BONNE. — Ainsi qu'une parfaite santé, marne Devaux.

madame devaux. — Tiens , voilà tes étrennes , mets ça dans la poche.

r,\ bonne. — Merci bien , marne Devaux.

madame devaux. — Et les petits voisins?

la bonne. — Ils sont encore couchés.

madame devaux. — Dieu de Dieu ! Encore couchés ! mais quelle heure donc est-ce qu'il est? Tiens, déjà dix heures!... Je vais comme la Ville... Comme le temps passe!

la bonne. — Vous voilà en course de bonne heure , marne Devaux.

madame devaux. — Ne m'en parle pas, c'est-à-dire que je ne fais que rentrer; voilà au moins quatre heures que je suis à battre le pavé de Paris. .. J'ai passé chez les Dubourg, que je n'ai pas trouvés; j'ai profité de ça pour aller dire un petit bonjour à ma nièce, tu sais, qu'a épousé un commissaire de police , j'ai été entendre une messe à Saint- Merrj , h me voilà.

la bonne. — Et mamzelle Sophie?

madame devaux. — Elle est encore toul de son long dans son lit. mademoiselle Sophie; ça c'esl sûr.

la bonne. — Elle ne >e foule pas sa rate celle-là.

MADAME DEVAUX. — Quand l'auras son âge, ma fille, tu inséras pas fâchée non plus de te goberger un brin aussi... Sais-ta combien voilà qu'elle est avec nous, Sophie?

1 \ BONNE. — Mais je pense qu'il \ a (lu temps.

madame DEVAUX. — Vingt-deux ans, chère amie, ne plus ne

moins : ce n'est pas un jour.

LA bonne. — On ne ressc plus ce tenns-là dans les places à

l'heure qu'il est.

MADAME DEVAUX. — Et cependant il y a bien meilleur (pic

moi.

LA BONNE. ■ — Faut pas dire ça. manie Devaux. MADAME DEV AUX. — Ecoute, je me connais, je suis vife .

c'est l'a le fond de mon caractère.

LA BONNE. — VOUS êtes vife, c'est vrai, UMÙSJUSSC.

MADAME DEVAUX — Ah! dame, il faut bien s'en passer un peu dans la société; mais j'ai ça de bon, moi, c'esl que j'ai jamais été petite maîtresse.

LA BONNE — El nous u.' /,/ serez, jamais.

madame DEVAUX. — J'ai d'ahord pas été élevée à ça. Nous étions cinq demoiselles, dont madame Dubouloz qu'est la dernière ; mais y avait pas à broncher. Mon papa était trèsbon, mais très-juste; il vous aurait plutôt donné un revers de main à ses demoiselles qu'un pape sa bénédiction... Aussi nous nous sommes toujours tenues par rapport à ça... Ah oa ! mais j'aurais bien aimé de les voir ce matin, les petits voisins... Ya-t-il pas moyen de les aller trouver dans leurs lits. Où est-ce qu'est le petit?

LA BONNE. — Avec eUX.

madame DEVAUX. — Alors . des qu'ils l'ont avec eux , je ne

risque rien d'entrer.

la bonne. — Je pense que oui.

madame DEVkUX. — Tu vas me faire le plaisir avant tout de

monter à la maison.

LA bonne. — Oui, madame Devaux.

MADAME DEVAUX. — Tu diras à Sophie que si parfois l'on

venait à me demander, je suis chez les petits voisins. la bonne. — Oui, madame Devaux.

madame devaux. — Tu monteras en même temps ce paquet

ici avec toi.

LA BONNE. — Celui-là ?

madame devaux. — Non, celui-ci; l'autre, c'est pour rester

ici... Va, dépêche-toi; lu devrais déjà être revenue.

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