SCÈNE X
DUFLOS, ANATOLE
duflos. — Je vous jure que pour un rien je planterais là toute la boutique.
ANATOLE. — Et pourquoi ? qu'avez-vous ?
DUFLOS. — Comment, ce que j'ai? J'ai , que je suis fatigué du rôle qu'on me fait jouer ici. Avez-vous vu la réception qu'on vient de me faire? est-ce ma faute, à moi, si le souper n'est pas arrivé? Je vous le répète, ça ne tient qu'à un fil (pie je décampe.
Anatole. — Vous ne le pouvez pas.
duflos. — Je vous trouve charmant. Et qui m'en empêcherait?
Anatole. — Les convenances.
duflos. — En voilà une bonne ! les convenances ! Laissezmoi donc tranquille avec vos convenances, je vous conseille d'en parler! vous qui, tantôt, si l'on vous avait laissé faire, auriez fumé. Au reste, c'est à vous, à Bippolyte, à deux ou trois princesses qui sont ici , que nous devons d'avoir voulu trancher du grand monde ; c'est joli et amusant surtout ! Tous m'avez mis de votre bord contre ce pauvre Leriche, je le regrette tous les jours. Avouez que quand il était à la tète de nos parties nous nous en tirions bien mieux. On s'en donnait au moins , tandis qu'aujour-
d'hui on a hâte que la soirée soit finie pour s'aller coucher.
Anatole. — Vous avez l'air de m'adresser des reproches au sujet de Leriche; nie suis-je jamais opposé à ce qu'il vînt ici?
duflos. — Vous êtes bien pour quelque chose dans l'éloignement que Clara a maintenant pour lui.
ANATOLE. — Cela n'est pas, je vous le jure. Tenez, voilà justement son élève qui vient de ce côté, il faut nous en amuser ; il a l'air parfaitement embarrassé.