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LE CONDUCTEUR, ADRIEN, UN ANGLAIS

LE conducteur au postillon. — Avançons donc, allonsnous rester en panne ?

LE postillon. — C'est c'te cliarette qui barre la rue.

LE conducteur. — Allons donc, vous! Eh ! là-bas.. , allezvous nous laisser moisir ici... {Au 'postillon. ) Coupe-lui donc la figure en deux avec ton fouet à c'brigand-là... Allume! allume ! [La diligence part au grand trot sans aucun égard pour les piétons, dont les réclamations sont accueillies à coups de fouet. )

le conducteur. — Il y a long-temps qu'on ne vous a vu par ici ? mauvais sujet !

ADRIEN. — C'est vrai, j'allais toujours sur c'te route ici avec Cherrier. Il est donc sur Toulouse à présent, Cherrier?

LE conducteur. — Il y a un mois environ.

adrien. — C'est un bon enfant. Et votre chien de chasse ?

le conducteur. — Ne m'en parlez pas... J'n'en aurai plus de ces satanés chiens.

adrien. — Pourquoi donc ça ?

le conducteur. — Comment, entre le deuxième relais et celui-ci, dans un chemin uni comme la main, v'ià la roue d'vant qui l'empoigne , v'Jà mon chien coupé en deux comme avec un couteau. Un chien que rien au monde ne l'aurait tué, il vous sautait de dessus l'impériale à terre que nous étions au grandissime galop, comme vous avaleriez un verre de punch.

adrien. — C'est Pyrame que vous l'appeliez ?

le conducteur. — Non, Zampa.

adrien. — Ah , oui , c'est vrai ; c'est le chien du café Vergé qui s'appelle Pyrame.

le conducteur. — Et dire encore que j'venais d'en r'fuser, il n'y avait pas deux jours, trois cents francs, d'un Anglais.

ADRIEN. — C'est toujours comme ça... Prêtez-moi donc votre

cornet.

le CONDUCTEUR. — Quand nous serons sortis de Paris, tout

à l'heure.

ADRIEN. — Vous êtes pas mal chargé aujourd'hui ? LE CONDUCTEUR. — Oui, c'est pour les jours où nous ne

l'sommes pas; c'te route ici n'est pas ce qu'elle a été...

Nous avons là-dessous une demi-douzaine de Savoyards ;

les autres ne monteront qu'après la barrière à cause de la

hascnlc adrien. — Le soleil ne les incommodera pas, ceux qui sont

là-dedans... ; mais y a de quoi étouffer ! LE conducteur. — Il s'en étouffe aussi quelquefois... Que

voulez-vous?

adrien. — Dame! c'est tout simple... Avez-vous sur vous un

peu d'amadou? eh, vieux, que j'rallume ma pipe. LE CONDUCTEUR. — Voilà.

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