‹ Schamyl drame en cinq actes et neuf tableauxChapitre 14 sur 84 · WAS51I · texte numérisé non relu

WAS51I

Et vous n’avez, pour chasser le tigre, ni carabine, ni pistolets, ni?...

SCHAMYL

Jamais, Excellence. On ne sait pas, selon moi, chasser le tigre.

On s’y prend d’une manière brutale, tapageuse et fatigante ; un y va par bande, à cheval, avec fanfare et fusillade. Moi, j’estime que, pour combattre ccs bêtes fines et hères, il vaut mieux se faire en quelque sotie leur semblable. Je ne m'exténue pas à courir après. Je laisse à des cens la besogne de découvrir leur gite; puis j’y marche, à l'aube, en rêvant. C’est ce que j’ai fait ce matin. Nul bruit, nul embarras, point d’armes apparentes.

Je suis entré doucement dans le bois. Mes yeux et I* 1 * yeux du tigre sc sont rencontrés d’abord. Nous sommes restes, dix secondes, immobiles, le regard sur le regard, nous attendant, nous fascinant, nous admirant presque. Ah! c'était une charmante créature ! Enfin, d’un élan merveilleusement mesuré, le tigre a bondi. J'ai senti son souffle ardent, ses ougles et ses dents d'acier... Mais la pensée sert encore mieux l’homme que sa griffe le tigre ! Déjà cette petite lame acérée et subtile avait fait son oeuvre. — Oh! il faut nue le coup soit extrêmement précis! — La pauvre bête est retombée foudroyée, mais sans souffrance . mu effusion d’une goutte de saug ; c’eût été un meurtre de gâter son ravissant pelage ! — Voilà mon moyen, prince, je vous le donne; voici mon arme, je vous l’offre. Seulement, je vous engage à ne vous servir ni de l arme ni du moyeu, s’il vous prend jamais fantaisie de chasser le tigre, (u »» » »*K«tr «ir i« itma a droit®.)

wassiu.

Le jeu est, en effet, hardi, Schamyl, et veut, certes, du courage!

SCHAMYL

Du courdye! Ma foi! non: de l’insouciance tout au plus. Quoiqu un ail toujours à se déranger et à se fatiguer un peu. (*nwf»*t.) Kourroglou!

KOl'RHOULOU, paniuui « gnuclie ri tlUnl à lui.

Maître!...

WASS1L1, iikbihI.

Avez-vous besoin de quelque chose , Schamyl?

SCHAMVL.

Un narghilé et un sorbet, c’est tout ce qu'il me faut.

WWHI

Fort bien ! Et vous pourrez achever ainsi de me raconter, avant que je reparte, comment il se fuit que vous ayez si complètement disparu tous ces derniers jours, mon cher pupille.

SCHAMVL.

Est-ce que cela vous intéresse beaucoup, Excellence ?

WASsni.

Assez... oui, Schamyl.

SCHAMYL, M#if*mmknl.

tazare, qu'ai-je donc fait déjà toute cette semaine?

WASMLI.

Lazare a refus»! obstinément de me répondre là-dessus.

SCHAMYL

I,a parole est d’argent, mais le silence est d’or. Si vous atlen- j diez mon assentiment, Lazare, donnez donc res quelques détails à mon atalick vénéré... Ces niist'xes senibleul piquer sa [ curiosité.

LAZARE

Mais le prince sait déjà que, le jour même do son départ, son '

neveu, le capitaine Féodor, nous arrivait de Péterabourg et de >

l'a ris tout plem de dédain pour la pauvre province. Féodor se ] lamentait d élie obligé de languir |*>ai mi de faibles buveurs, de» joueur» étriqué» et de médiocre» galaub. Mai», dé» le premier i

Jour, Schamyl, qu’il n’avait jamais vu, lui a envoyé une sorte I de cai tel amical gui lui assignait un rendez-vous chez le rawadji | de la ruelle des fontaines. Fendant trois jours on a bu ; Schyraz | «d Champagne étaient les armes. Schamyl l'a emporté de qua- | torse bouteilles.

SCHAMVL, m <nr |r Éto*.

Et j'espère ne m’être pas senti élourdi un seul instant, Lazare ?

LAZARE

Fi donc ! Féodor a été seul un peu troublé ! — Durant finis autres jours, on a joué. On a joué aux dés comme jeu de hasard, aux échecs comme jeu combiné. Schamyl a finalement gagné t-ois mil le roubles à Féodor.

srnAMVL.

En beau joueur, Lazare, n est-ce pas?

LAZARE

Féodor n’a jamais attendu ou souhaité une revanche. Quant à la troisième lutte, pour le cœur de la helle Clunfara... WASSILI.

D’après les dire» de Kourroglou, je devine que là encore Schamyl a été le vainqueur. Allons! Schamyl, vous avez magnifiquement représenté la Géorgie ! — Mais tout cela ne m apprend pas ce que vous avez fait du vaincu.

SCHAMYL, »prr» ua to«M.

Ab! oui! — Lazare!..* ce pauvre Féodor?

LAZARE, «’unblUal. *

Ma foi! comme vous deviez revenir aujourd'hui... (s* r.- P «M»t l - ivtauUi.) Ah! quel étourdi je suis! c’est à vous que j,* parle, prince... Comme vous deviez revenir aujourd’hui, et que Féodor se trouvait probablement honteux de scs défaites, il s’est fâché mur tout de bon et a mis tantôt Schamyl dons la nécessité de ui fournir un coup d’épée.

SCHAMVL.

Oh ! dites vite que c’est sans gravité, Lazare !

LAZARE

Une forte égratignure, voilà tout. (s® frotunt le b»». oroit.) Et vous même, il vous a touché su bras droit.

SCHAMYL, même gm|«.

Ah ! oui, mais ce n’est rien !

LAZARE

Féodor sera debout avant deux jours. Je l’ai installé là-haut, dans une chambre bien tranquille. Si vous voulez le viiûtcr, prince, il voua confirmera loi-même mon récit... (u* * ihmji.) Mais, du moins, il ne vous venu pas ensemble.

WVSSILI, » pari.

Allons! Trêve à incs soupçons ! (iu*t.) Je vais donc porter A mon pauvre neveu mes condoléances, Schamyl. Fendant ce temps, vous aurez, vous, à recevoir de» gens de la montagne venus pour vous entretenir.

SCHAMYL

Des gens de la montagne!... Oh! pardon, Excellence ! je n'aime pas licaiicotip, vous le savez, mes sauvages compatriotes. Daignez me dispenser de cet ennui, (u wirm.)

«AMU.

Je leur ai promis qu 'ils vous parleraient, Schamyl. D’ailleurs, les voici, {louant e*lu» «t amoi.)

SCHAMYL, a part.

Une femme ! un jeune homme !

LAZARE, t-v A Silumji.

Ne le» avez-vous jamais vus?...

SC II AM IL, 4e même.

Jamais !

WASSIU.

Laissons Schamyl à ses visiteur», monsieur Lazare.

LAZARE

Je suis à vous, prince, (b», a schamji.) Mais ces gens-là vont vous compromettre. !

SCHAMYL, be>.

Hun ! j'envie mon tigre : il pouvait rugir! (non n.i ww. pr U s*of»e. Sdikoa.l Nt im ilivan.^

Page 1