A MU LA
Oui, mort» la bataille d'Himry ! mort pour vous, en vous couvrant de son corps ! et vous savez, Schamyl, ce qu'il était, votre père?
SCHAMYL
Oui.
AMHLA.
11 était le dernier iraan, le dernier prophète de la Circassks C’était llagis-lsmuïl.
E54LAM, inc un uiiglol.
Ha^is-lsuidil! (tc*rn»i » ■n»u> «u? »■>« Mais il vous reste
votre mère, Scluunyl ! il vous reste pu frère !
SCN.VMVI , f«iiS. in.-M.
Excusec-moi ! vous m'avez dit vous-nième une vous me deviez paraître des étrangers, et j'ignore tout à fait dans quel but vous venez auprès de moi.
ADDILA.
Nous venons?... nous venons, Schamyl, vous jeter, à tout risque 1 , ces cris de détresse : — Schamyl! ici à Tiflis, le prince Wassili s* prépare, depuis trou mois» à, rompre sans justice U trêve consentie cotre les Russes et les Circassieus ; il va partir avant une heure pour envahir notre patrie. — Schamyl, dans la montagne, depuis pu mois, un inconnu .s'empare de votre nom, se fuit passer pour le fil» d'Isinall, et va perdre peut-être ceux que vous seul devriez sauver.
EâKAU.
Schamyl, l’heure est arrivée. Réveille-toi ! montre-loi! armetoi!
SCILVMTL, ■nkimun.
Moi! — Oh! vous vous méprenez tous deux étrangement sur mon compte. Le hasard de ma naissance m’u fait Circassien, c'est vrai; mais le choix de mon éducation m'a fait Russe. Celte gu une que '«tus dites injuste de notre part, jeune homme, elle me semble, à vrai dire, iu-M- usée de lu vôtre. Quoi ! riniperceptible peuplade du Daghestan résister à la grande, à l'immense Russie! la tome défiei- le colosse ! — Trouvez bon que je préfère ma sieste rêveuse if vu» batailles désespérée». Non par peur du danger ou de la mort, au moins! mais par crainte du ridicule et par horreur de la fatigue.
ADOILA.
Oh! est-cc bien Schamyl qui parle?
KSkAII, mraMol.
Non ! Schamyl se demande à «pii il parle! — Laisse-moi faire, Addiia. — Ecoutez, Schamyl : dans la forteresse d'Achulpo, le sanctuaire de notre race, «le la vôtre, renfermait un volume s« 1 culaire, une sorte de carte mystérieuse, qui est comme la clef du Caucase. Dm» ces feuilles étaient consignés les travaux et les découvertes de vingt, de trente générations. Quelli s sapes et quelles voûtes secrètes circulent sous nos montagnes, quel chemin peut se changer eri'torrent, quelle steppe cache un précipice, quelles masses de granit sont mobiles et s'écroule r.iienl au besoin s<ius la main d'un enfant, — voilà les révélations et les traditions de ce livre. L'était, en casde guerre, un talisman inagi«pie et terrible. Eli bien! il y a un an, Schamyl, celle qui en a la garde vous l’a fait secrètement remettre, a vous RU d’Uluaîl, à vous qui doutez de votre mère!
SCHAMYL, a»ec au euoiiwB<cr»«f#t rtVnsolion.
Je n’ai pas dit «pie je doutais de ina mère !
F SK A VI.
Non ! c'est de nous que vous doutez, n'esl-ce |w»s? Attendez. Ik'puis le jour où vous avez, eu vingt ans, Schamyl, vous recevez, chaque mois, une lettre de votre mère. là*» lettres,— -où la pauvre femme met tout sqncœur, — vous «ut révélé ce que vous été» et surtout ce qu'il foulque vous soyez. — Tenez» voulez-vous qnc je vous répété çe qu’il y avait dans la lettre du mois dernier? U y avait : — « Jusqu'ici,, Schamyl, je n’ai pu te voir, n je n'ai pas môme osé me nommer, parce que si toi ou moi » nous avions tenté seulement de nous rapprocher, on t’aurait n tué, mon fils. Mais nos ennemis eux -mômes vont, je crois, » avancer l'heure où la jmtrie t'appellera à son ai Je. Cette v heure venue, Schamyl, donni-loi hardiment pour ce que tu »» es, pour le lits dTsmaïl le prophète. Ijp. j«vur où t«m nom, la n valeur, Umuéion héiV^itaire te feront élire iinau «lelaCir- » essuie, lu me VClTtt jsuailu*. «» mon bicn-aimé fils, jwur n prouver U nai&Mmre cl proclamer les droits. Et ce grand jour. y> souviens-toi que toute ma vie l'attend, que tout mon «AOUT
» l'appelle, et que je le sajwpaij calme comme mon devoir,
• heureuse comme mon amour. »
8CUAMYL, ut Im, *Y, rnordanl EiKaui J'(f «in* curimit« o ,|<cctiK«n et Or-lfe.
Vous arrives de loin, madame; veuillez donc vous asseoir, de grâce ! (B*Aim »'— InJ. — Il donnu U «uin t A'MiU.)
KSK.VM, arre «ütfiuion.
Ah ' tu nous croiras maintenant, Schamyl! quand nous venons t’invoquer au nom de toutun peuple. Tu nous croiras comme si nous étions...
SCHAMYL, r»«U*rrorof«al OtchimL
Je vous crois I je vous crois ! — Mais qu’avez-vous besoin do vous mêler de ces chose» redoutables, vous une femme, vous un tout jeune homme?
ADDILA.
Il ne s’agit pas de nous, Schamyl, il s'agit de vous.
SCHAMYL, le* jwn howl* puw<M dr
Mai» à quoi bon pour rien braver le danger, pour rien jouer votre liberté, votre existence ?
BSKAM» ^ . v,.
Notre existence, nous l’avons sacrifiée d'avance à ton devoir.
SCHAMYL
Inutile, vous dis-je ! Retournez vous-cn vite, au nom du ciel l Ou plutôt non ! Puisque vous êtes à TiQU, restez-} ! Re*tcz-y calmes, tranquille», à l'abri! et laissez passer l'orage! et laissez passez la guerre !
BSKAM.
Non ! nous voulons bien mourir pour toi. Toi, veux-tu vivre pour nous ?
SCHAMYL, i'« ua rtfort iltnlnwtou*.
II me parait que vous ne m'avez pas du tout entendu. — Eu vérité, je ne demande à personne de m'immoler su vie; car à personne au monde, moi, je m'immolerais — ma paresse.
UK AM.
Ah l tu te délies toujours ! Veux-tu donc tout savoir ?
SCHAMYL, de |.Jn». n p<a»*«it>.
Rien ! rien ! t— Encore une fois, vous n’avez pas plus soif de péril que je n'ai soif de repos.
ADDILA.
Il est trop tard, ma mère !
, LSKAM. j . .
Non! c'cst impossible, Schamyl, ce qu«> vous dite» U! Vous croyez, vous savez que quelqu'un* nous écoute et nous épie !
SCHAMYL, iiéli**n»t, — A' me wi kaate et linr.
Vous seriez ma mère, et je serai* seul avec vous dans un désert, je vous parlera» comme je v ienfi de vous parler.
ESKAM, •(!«»» ua ln*>* «iIcdct. , i
Nous n’avons plus rien à faire ici. Viens, Addiia. <ac»as)i »ukJ«.
Eika« «t Addiia to»U®t leDlentrnl |ar k fond. Il 1*» mit cnmar alliiê |»r un limant. Quand ilt toal ditfdrui, il t'tctwndo km U tuLmlrnd* <1 kw eowin d* Iota det knm «oèlr» le mogloU.)