‹ Schamyl drame en cinq actes et neuf tableauxChapitre 46 sur 84 · ESI AM · texte numérisé non relu

ESI AM

Et maintenant ?

HAMSAD.

Maintenant, j'en ai besoin. — Me voici sur le point de rendre la place à l'ennemi, faute de vivres...

ESKAM.

Quoi t les provisions de la réserve secrète sont elles donc épuisées?

HAMSAD, »»« (mkarrji.

Je vous dis, Eskam, je vous dis que la faim nous a vaincus l — Mais les Russes nous accorderont une capitulation honorable. Ils n’exigeront un tribut que pour la forme et ils laisseront les Ôrcassiens me nommer en paix leur iman.

ESKAM.

Ah ! je comprends ce que vous attendez de moi !

HAMSAD.

Oui, Eskam. A vous revient le privilège de sacrer et d'armer le nouvel élu. Ce n’est pas, i'espere, parce que je suis votre mari que vous devez refuser ae me ceindre l'épée d'Attila.

ESKAM.

Soit! je ferai, H&msad, ce que vous réclamez de moi; mais à une condition.

HAMSAD.

Laquelle ?

ESKAM.

C'est que je verrai Addila, et que je saurai par lui ce qui s’est passé durant ces trois mois de ma captivité.

Pourquoi me soupçonnez-vous, Eskam ?

ESKAM.

Pourquoi me redoutiez-vous, Haimad ?

HAMSAD.

Ah ! prenez garde !

CSC AM.

Eh ! je prends garde aussi !

HAMSAD, aprè* an

Voyons, Eskam, au fond de vos défiances il y a toujours, n'est-ce pas, la pensée de voire Schamyl?— Rien qu’à ce nom, la voilà qui redresse la tête ! — Eh bien, ce fantôme qui s est constamment placé entre vous et moi, je suppose uu’il ait pris une réalité. J’aamels que Schamyl s'est tout à coup de libertin transformé en héros. Schamyl, si vous voulez, tient depuis trois mois en échec l’armée russe’, et passe déjà chez les nôtres pour le sauveur et le prophète.

ESKAM.

Ah! c'est vrai! il faut <jue ce soit vrai! Oui, je rêve cela, moi ! mais vous ne le supposeriez pis, vous ! Avouez que c'est vrai, Hamsad!

Qui le sait?

ESKAM.

Oh* — j'en appelle, je ne dis pas même à votre loyauté, mais seulement à votre mémoire. Enfin ! vous vous rupnelee la veille de ce fatal combat d’Himri. En ma présence, IsmaU vous fil venir vous sou plus proche parent. 11 pressentait sa mort du lendemain, ce voyant, ce prophète! Il vous donna les preuves que jetais selon nos lois et devant Dieu, sa femme et la mère de son tils Mais hélas! à cause de la jalouse inimitié de mon père, notre union était restée secrète, lsmail vous prit pour témoin, et il vous fil jurer de le remplacer près de moi, et ü vous légua l’enfant et la mère.

HAMSAD.

Qui le sait?

ESKAM.

Mais — vousl

HAMSAD.

Oui, mais je suis seul à le savoir. Et si je me tais? si je nie ?...

ESKAM.

Misérable l

HAMSAD, iw m cri de colore.

Eskam! (s* p»*«u>i »«■* irai*.) Espériez-vous donc que je vous aiderais contre moi-même?

ESKAM.

Comptiez-vous que je vous aiderais contre mon fils?

HAMSAD.

Alors, vous vous croyez assez forte pour me tenir tête?

ESKAM.

Assez forle, non ! mais assez mère!

HAMSAD.

J’userai contre vous de toutes mes armes, de toutes.

ESKAM.

Allez!

Si vous allumez que Shamyl est le fils du prophète, je vous

ESKAM.

démentirai.

Mentez!

HAMSAD.

El si vous vous déclarez sa mère, je vous laisserai condamner et punir.

Frappez!

HAMSAD.

C’est bien ! — Nous savons maintenant à quoi nous en tenir l’un et l'autre. Rentrez là, Eskam, et ne comptez pas plus sur Addila que sur Schamyl. Oui, vous avez su entraîner «non fils dans votre conspiration contre moi ; mais jusqu’à l'heure décisive, vous ne verrez plus, vous n'entendrez plus Addila.

VOIX d'aDDILA, au debot».

Mon père! Êtes-vous là, mon père?

ESKAM.

HAMSAD, bmvjiK'mr-l.

Allons l vous le sauriez tôt on tard. Soit! je l'avoue. Après?

ESKAM, a»f< cffaninu.

Après? Ah! je remercie et bénis Dieu! Après? je pleure de reconnaissance et de joie! Après? lepée d’Attila n'est pus à vous, elle est à lui!

HAMSAD.

À qui, à lui? à l'enfant trouvé? au pupille de Wassili ? à l'élève des Russes?

Ah ! tenez! je l'entendrai du moins!

HAMSAD.

Rentrez! rentrez sur-le-champ, vous dis-je! lié ! si vous souffrez, prenez-vous-en à vous-même !

ESKAM.

Pauvre méchant que vous êtes! vous ne savez pas cela, vous: il y a quelque chose qui change toute souffrance en joie , c'est d'aimer ! (U fv«u. U porte Mirl« *u» rttaw tir** b wreu de b port* il* aubeu.)

ESKAM.

A lui, au fila d’Ismaïl, à l'héritier de l'iman-prophètc !

HAMSAD.

Fort bien ! Mais qui donc déclarera, qui donc prouvera cette illustre origine? ■'

ESKAM.

Moi, sa mère !

HAMSAD.

Vous, ma femme ! — Oubliez- vous, gardienne du sanctuaire, nos lois sévères et nos terribles châtiments? I,e plus grand crime pour nos filles, vous le savez bien, c’est de ne pas apporter à leur epoux une pureté sans tacite. La coupable, en ce cas, est répudiée par son mari, elle est lapidée par sa tribu. — Comment donc oseriez-vous dire que vous avez eu tui fils avant votre mariage?

ESKAM.

Ah ! Dieu merci ! ü n'y a dans sa naissance rien que de légitime et de pur !

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