SCÈNE IV
SCHAMYL, ADDILA.
MmEm.
On se moque en effet! Quand nous voudrions résister encore, nus munitions sont épuisées!
SCHAMYL
Hamsad vous dira où vous trouverez poudrç, halles et boulets.
ZAROLTA.
Mais les vivres manquent !
sourn»
Addila ! est-ce que c’était bien la voix de notre mère que nous entendions?
ADDILA.
Oui, oui, frère, c était bien sa voix.
SCIIAMTL.
Tu as pu l'entendre tous les jours. Tu es heureux, toi, Addila !
ADDILA.
Heureux! oui, quand je songe à ma mère! mais quand je pense à mon père!... Schamyl? es-tu bien sûr que, malgré toi, la force des choses ne va pas "t'obliger à l’accuser?
SCHAMYL
Je réponds de tout — Ainsi, c'est là qu’est notre mère, ami? si près! si loin! je l'ai tenue plus pria encore cependant, et je ne pouvais pas même l'embrasser !
ADDILA.
Frère ! réserve toute ta force pour la lutte qui s’approche. L'autôrité de ton aspect et la magie de la patrie évoquée ont pu dominer les Adignés tout à l’heure. Ils n'avaient pas à agir d’ailleurs, iLs n'avaient qu’à garder le silence. Mais ici, Schamyl! tu viens de traverser les rangs de nos assiégés, tu as vu ces ligures hâves, décharnées et farouches; tu as entendu ces murmures contre moi qui ai retardé de quelques jours la paix. Enûn, que vas-tu dire à ces malheureux ?
SCHAMYL
Je ne sais pas ! je ne m'inquiète jamais de cela d’avance. Quand ils sont là, j'ouvre mou ctr-ur, et j'y puise à même et je donne à tous mon enthousiasme, mon amitié, mon espérance Le dévouement, l’honneur, tous les grands et fleis sentiments sont le pain et k vin des aines rassemblées. — Mais. Addila, qu'est-ce que la faim qu’on endure ici auprès de la faim que j’ai de ma mère?
ADDILA.
Frère! frère! ne t'abandonne pas toi-même ! songea ce que tu vas tenter. Arracher à des mourants leur espérance, contraindre la faim au comlwt et l’agonie à l’héroïsme ! le pourra* tu sans péril ? — Ah ! tiens ! les voici qui accourent en désordre, sourds et aveugles !