‹ Schamyl drame en cinq actes et neuf tableauxChapitre 63 sur 84 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

SCHAMYL, pn„ ESKAM.

SCHAMYL «cul.

Seul! que dit-il donc? Voici au contraire le lieu, voici l’heure ou je vais enfin cesser d’être seul ! où je vais retrouver ma more! où je vais prendre mu place, moi le dernier dans celle grande et sombre famille... qui est la mienne! L'drne respire ici je ne sais quoi de solennel et de charmant. C'est là que mon père repose ; — c’est là que vit ma mère! — Aucun danger pour elle! Il y a vingt ans quelle espère ce jour! Le dévouement de irnm bien-aimé frère a paye ma dette à ces c nielles proph> . es. Qu’est -ce que j'attenas donc pour appeler et ombra:- ar ma mère? La foudre et le malheur ne peu eut pas toujours atteindre Us mêmes sommets!

{Il monte Ica degrés ù i fond et frappe trois coups. La porte s’ouvre, fckara parait. Schamyl est prosterné sar les marches.

ESKAM.

H amsad ! Est-ce bien toi qui oses m’appeler? Est-ce bien toi qui viens me faire sanctionner ton usurpation quand j’ai à le redemander, moi, tout mou amour? Qu'as-tu fait de nies 01s, Il amsad?

SCHAMYL

C’est l’un d'eux que vous voyez à vos pieds, ma mère!

ESKAM, »v*i‘ mi itl Att joir.

Scltamyl! Schamyl vivant! Est-ce possible? Est-ce réel? — Oh! mais oui! c’est tout simple 1 Pardonnez mou étonnement, mon Dieu! Pour qui eussiez-vous fait un miracle, si ce n’est pour lui !

SCHAMYL

Ah! si Dieu m'avait partagé du moins ce miracle avec mon frère!

ESKAM.

Mon Àddila! — Oui. il fut élu martyr ! Ne le plaignons pas ! Ce n’est pis lui peut-être, Schamyl, qui sera le plus orphelin. — Partons de toi. Apprends-moi, dis-moi... Enfin, parle.

SCHAMYL

Ma mère! vous me voyez donc sans masque ! Je vous embrasse donc autrement que par surprise! Je vous appelle donc tout haut: Ma mère! — Oli ! ailes voir un peu tout haut : Mon fils !

ESKAM.

C'est pourtant vrai que voilà la première fois !

SCHAMYL

Aussi, allez ! ce n’est pas à l’honneur et à la puissance que j’ai pensé tout à l’heure quand ils in'ont élu iman de la Circusie !

ESKAM.

Ah ! lu es iman de la Circassie ?

SCHAMYL

Oui , ma mère, oui ! C’était là, — je me rappelle vos chères lettres, — c’était là votre rêve et votre espérance? Eh bien ! nous y touchons ma mère, h ce but rayonnant. Ah! tenez, j’en pleure de joie! Pourquoi croyez-vous que je pleure de joie? Pane que vouz allez me proclamer chef cl vainqueur? p:i< du tout ! parce que vous allez me proclamer votre fils I — Au bout de toutes ces batailles, ma vraie conquête. c'est vous. Aussi, comme l'aspirait au faite! comme j’avauaoif du succès! Ah! je suis un giand ambitieux, vraiment ! Vite ! posez-moi là vite une couronne de baisers, ma mère !

ESCKAM.

Mon tfl» ! mon Schamyl ! Oui je suis comme toi profondément heureuse! oui, comme toi, je bénis ce jour, terme et récompense de toute ma vie.

schamyl.

Et pourquoi donc, ma mère, ce bonheur a-t-il été si longtemps retardé? pourquoi?

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