‹ Schelling. Écrits philosophiques et morceaux propres à donner une idée générale de son système. Traduits de l'allemandChapitre 23 sur 89 · DU TRADUCTEUR. LXXXII · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR. LXXXII

il faildcs vœux pour le rétablissement de cette antique science. Dans tout ce passage, le philosophe allemand ne fait guère, en effet, que reproduire les idées familières aux anciennes écoles idéalistes de la Grèce, où la théorie des nombres se combinait avec celle des idées. En ce qui concerne en particulier la question d’éducation, on peut comparer avec le vu' livre de la République de Platon.

On s’étonnera seulement que Schelling, qui fait jouer un si grand rôle aux mathématiques dans la science de la nature, n’en ail pas tiré un plus grand parti dans la formation et l'exposition de son système. L’exemple n’a pas répondu au précepte. Tout se réduit à quelques notations algébriques et à l’appareil extérieur de la méthode géométrique , formalisme qui jette sur la doctrine plus d’obscurité que de lumière, ou à des expressions qui perdent leur valeur et leur sens à mesure que l’on s’élève dans l’échelle des êtres, et qu’il s’agit d’expliquer les lois de l’organisation et de la vie. Telles sont les dimensions des corps appliquées aux fonctions de l’organisme ( voy. xm* leçon).

Les mathématiques , quel que soit le haut rang qu’elles occupent dans la hiérarchie scientifique, et bien qu’elles soient une expression de l’absolu, sont cependant encore enchaînées au monde des formes.

Ce n’est toujours qu’un reflet de la science première, reflet divisé et séparé de son principe. Or, il existe \ V une science qui a pour objet les idées elles-mêmes j

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PREFACE

dans leur pureté, dégagées de toute forme, et l’absolu leur principe. Cette science, dont le modèle et la source immédiate est la science divine elle-même, c’est la philosophie.

Entre elle et les mathématiques il y a cette ressemblance que toutes deux se fondent sur l’identité du généralet du particulier, et qu’elles s’adressent également à l’organe intellectuel qui saisit cette identité, à l’intuition intellectuelle. Mais l’intuition mathématique ne la saisit que dans son reflet, à l’aide de formes et de figures qui s’adressent encore aux sens et à 1’ imagination. L'intuition philosophique est une intuition immédiate de la raison. La philosophie est donc la science des idées, des types éternels des choses, défi- . nilion, comme on le voit, toute platonicienne.

Quant à l’esprit philosophique, il consiste précisément dans celte faculté d’intuition, qui en tout sait voir le général dans le particulier, le particulier dans le général, et percevoir leur identité, dans l’habitude invariable d’envisager toute chose de ce point de vue.

La cinquième leçon contient la réfutation de quelques unes des objections que l'on fait ordinairement contre l'étude de la philosophie.

Première objection : La philosophie est dangereuse à la religion et à l’Étal. — De quelle religion , de quel État parle-t-on , et, enfin, de quelle philosophie? Si par philosophie l’on entend un rationalisme étroit qui méconnaît les vérités éternelles renfermées dans

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