‹ Schelling. Écrits philosophiques et morceaux propres à donner une idée générale de son système. Traduits de l'allemandChapitre 38 sur 89 · CXI.II · texte numérisé non relu

CXI.II

partie empirique et lectinique de l’art, à indiquer les lois générales de la représentation artistique, sans se mêler de donner des règles positives d’exécution. C’est là ce qui a égaré la critique, ce qui a donné lieu à tant de théories étroites , banales ou fausses, dont l'effet a été de déconsidérer la science des beaux-arts.

Mais une partie essentielle de celle science, c’est la partie historique. Scheliing se contente de montrer la possibilité d’une histoire philosophique de l’art, ou , suivant son expresion, d’une construction historique des monuments de l’art et de la littérature. Il fait remarquer que déjà la distinction fondamentale de l’art ancien et de l’art moderne et de leurs principaux caractères, reconnus et signalés par la philosophie et par la poésie elle-même, rendent cette tâche plus facile. Nous pensons qu’il a en vue les travaux de Schiller et de Goethe. Il est toutefois très sévère envers lesécrivainsqui ont traité avant lui cette science sous le nom d’ Esthétique ou de théorie des beauxarts ; il leur reproche d’en avoir faussé l’esprit en la ramenant au point de vue moral ou à celui de l’utile. L’impulsion donnée par Kant lui-même est restée stérile chez ses successeurs. Les germes de cette science nouvelle ont été semés par d’excellents esprits, mais qui , étrangers à la philosophie , n’ont pu les développer d’une manière scientifique.

3* La connaissance de l’arl et de ses œuvres est indispensable au philosophe. Il y voit les idées comme réfléchies dans un miroir magique et symbolique. La

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PRÉFACE

science de L’art est sur la môme ligne que celle de la nature, puisque là est aussi un monde complet et parfait; le divin se reflète plus clairement encore V dans les créations du génie que dans les productions de la nature ; les types primitifs des choses que le naturaliste philosophe trouve confusément exprimés dans les êtres , reluisent d’un plus pur et plus vif éclat dans les images et les symboles de l’art.

Elle est utile à l’homme religieux. Un lien intime unit la religion et l’art. L’art emprunte à la religion ses hautes conceptions; il trouve en elle tout un monde poétique ; de môme que celle-ci a besoin des représentations et des symboles de l’art pour rendre accessibles au sens et à l’imagination des hommes ses incompréhensibles mystères. Il est son interprète et son organe. %

Enfin, l’homme d’État ne peut rester étranger à la connaissance des véritables principes de l’art. Si rien n’honore les princes comme la protection accordée aux arts , rien n’est plus triste que de voir les dispensateurs de la fortune publique dissiper les trésors destinés à les faire fleurir dans des prodigalités qui ne servent qu’à entretenir la barbarie et le mauvais goût, à décourager le talent et le génie.

$ II. Discours sur les arts du dessin.

Schelling n’a pas essayé de remplir le cadre, tracé plus haut, d’une philosophie de l’art. A vrai dire,

DU TRADUCTEUR

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