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présidé à la composition de son poème, «pie la place cl le rôle do ses (lersonnagcs ont été assignés par des motifs «le haine et de vongcancc personnelle, c’est rabaisser le caractère cl le génie du poète et méconnaître sa haute mission, qui lui fait exercer la fonction déjugé universel, investi d’une mission divine. — Schclling explique , à son point de vue, un caractère extérieur qui n’a échappé à aucun critique. Si le type général de la forme première , malgré les inventions de détail , se reproduit partout, sa loi doit s’exprimer dans le rythme et le style, énergique, sévère, sombre, cl qui remplit l’ame d'horreur dans l'Enfer, plus calme dans le Purgatoire, lyrique dans le Paradis. Nous signalons enfin des analogies qui conservent leur valeur indépendamment du système et aussi vraies qu’ingénieuseincnl saisies. L’enfer, dit-il , se distingue comme étant particulièrement le monde des formes, c’est la partie plastique du poème. Le purgatoire est, en quelque sorte, la partie pittoresque; les expiations y sont représentées dans le genre et avec le calme de la peinture; le voyage sur la colline sacrée dos expiations offre une succession de ligures et de scènes où sont épuisés tous les effets variés de la lumière et des couleurs. Dans le paradis, où le poète s’élève par degrés à la contemplation pure de la substance sans couleur de la divinité même, à mesure que la contemplation s'absorbe dans l’universel pur , la poésie se change en musique et semble se combiner avec la musique des sphères. La forme s’efface, et, sous
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cera[»|)urt, l'Enfer doit paraître la partie la plus poévlique; mais il ne faut rien prendre séparément-, l'excellence jiropre de chaque partie ne se comprend que par son rapport avec le tout. On approuvera la conclusion générale : « La grandeur admirable du poème, qui apparaît dans la fusion intime de tous les éléments intimes de la poésie, se manifeste aussi extérieurement d’une manière parfaite. (Ætte œuvre divine n’csl ni plastique, ni pittoresque, ni musicale; elle est tout cela en même temps, d’une manière parfaite. Elle n’est ni dramatique, ni épique, ni lyrique; mais elle est de ces genres une combinaison entièrement originale, unique, sans exemple. »
Ce morceau sur Dante fut publié dans un journal périodique, à l’époque où commençait une nouvelle ère pour la critique et l’histoire de l’art, et où s’agrandissait de toutes parts l’horizon de la littérature. Les ouvrages composés selon les règles du beau classique n’étaient plus jugés seuls dignes d’ôtre goûtés et admirés; les productions du génie chez tous les peuples et à tous les degrés de la civilisation étaient devenues l’objet de savantes et intelligentes recherches , où se joignait à l’érudition et à la connaissance des langues un sens philosophique plus élevé et plus compréhensif. Herder, Lcssing avaient ouvert la voie; Goütbe venait d’appeler l'attention sur les merveilles de l’architecture gothique dans sa poétique description de la cathédrale de Slasbourg. Les deux Schlégcl contri-
DU TRADUCTEUR
huaient:'! propager ce mouvement par leurs travaux sur la littérature indienne et sur la poésie du moyenâge. W. Schlégel traduisait Shakespeare et faisait des leçons sur Dante. De l’oubli et du mépris , on était passé à une admiration souvent non moins exclusive et à un enthousiasme qui, chez quelques uns devait aller jusqu’au fanatisme. Cependant les partisans de l’ancienne critique persistaient â refuser leur suffrage à des œuvres composées selon des régies si différentes de celles d’Aristote, d’Horace et de Longin, et où même aucune des véritables lois de l’art ne semblait avoir été observée. De cc nombre était Bouterweek, un disciple de Kant , esprit distingué d’ailleurs, qui a laissé un traité d’esthétique remarquable par sa clarté et par des observations justes et fines. Il publiait alors une histoire de la poésie et de l’éloquence. Dans une appréciation du poème de Dante, il lui était échappé des expressions aussi irrévérencieuses qu’inconsidérées à l’égard du chantre de la Divine Comédie, qu’il allait jusqu’à appeler un « disciple malheureux de l’art. > Il n’en fallait pas davantage pour allumer la bile du philosophe qui proclame si hautement Dante le père de la poésie moderne. Aussi, dans des notes ajoutées à son écrit, et que nous avons cru inutile de traduire, il relève, avec une vivacité qui sort des termes de la convenance, les méprises du critique. Il le compare, à son tour, à un misérable architecte qui, à peine capable de bâtir une cabane (j’adoucis l’expression), irait se placer devant la cathédrale de