‹ Schelling. Écrits philosophiques et morceaux propres à donner une idée générale de son système. Traduits de l'allemandChapitre 85 sur 89 · DF. I.A VÉRITÉ ET DE LA VRAISEMBLANCE · texte numérisé non relu

DF. I.A VÉRITÉ ET DE LA VRAISEMBLANCE

rendra jusqu’à lui ; jamais il ne s’élèvera avec le véritable artiste , lorsque celui-ci se laissant emporter par l’essor de son génie, devra donner à son œuvre un caractère de grandeur et de perfection.

Le spectateur. — Cela est singulier et cependant me plaît assez.

L’avocat. — Vous ne seriez pas disposé à goûter ces paroles , si vous ne vous étiez pas déjà élevé vous-méme à un degré supérieur.

Le spectateur. — Permettez-moi , maintenant , de faire moi-même l’essai de récapituler les idées précédentes , et d'aller plus loin ; changeons de rûle si vous voulez, et laissez-moi vous interroger.

L’avocat. — Très-volontiers.

Le spectateur. — Il n’y a que l’ignorant, dites-vous, qui puisse prendre un ouvrage d'art pour une œuvre de la nature.

L’ai'ocat. — Certainement; rappelez-vous les oiseaux qui vinrent béqueter les cerises représentées sur la toile d’un grand peintre.

Le spectateur. — Eh bien ! cela ne prouve-t-il pas que ces fruits étaient admirablement peints?

L’avocat. — Nullement, cela me prouve bien plutôt que ces amateurs étaient de véritables moineaux.

Le spectateur. — Je ne puis pas , cependant , malgré cela , m’empêcher de regarder un pareil tableau comme excellent.

L’avocat. — Voulez-vous que je vous raconte une nouvelle histoire.

Le spectateur. — J’écoute les histoires beaucoup plus volontiers que les raisonnements.

L’avocat. — Un grand naturaliste avaitparmi ses animaux domestiques un singe , qu'il perdit un jour. Après l’avoir cherché fort longtemps, il le trouva dans sa bibliothèque.

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