‹ Science de l'homme (volume 2)Chapitre 51 sur 67 · AU · texte numérisé non relu

AU

ment pour lier les faits observés ; mais c'est sans succès qu'on tenterait de s'en servir pour les préciser ou pour en découvrir de nouveaux .

L'effet diamétralement opposé arrive quand la conception s'est formée à poslériori. Elle s'appuie alors sur un fait bien précisé et lance notre esprit dans une direction très-favorable à la découverte d'autres faits nouveaux.

Oui, Messieurs, nos idées sont de deux natures distinctes, et cependant elles ont une origine commune : nos sensations. C'est que toutes nos sensations ne sont pas des effets de la même cause. L'action des corps extérieurs sur notre individu, et particulièrement sur nos sens, donne naissance aux unes, tandis que c'est l'action de notre force vitale (considérée comme force virtuelle) qui, par les effets qu''elle produit sur nos organes et sur nos sens, détermine la formation des autres. Les unes partent des extrémités de notre être pour se rendre à son centre; les autres émanent de notre point central et rayonnent de notre centre à notre circonférence. Les premières sont donc constitutivement à/)os/^rîori, tandis que les autres sont, par leur essence, à priori.

On sent aisément par la réflexion, comme on se démontre facilement par des expériences, que le caractère de généralité ou de particularité native d'une idée ne peut jamais être complètement effacé ; la particularisation des unes ne pouvant pas égaler la particularité primitive des autres, et la généralisation des premières ne pouvant pas atteindre la généralité native des secondes, ce dont il résulte qu'une chose conçue à posteriori a besoin

d'être repensée pour acquérir complètement le caractère à priori, et vice versa.

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