‹ Science de l'hommeChapitre 19 sur 84 · A CHARLES DUVEYRIER · texte numérisé non relu

A CHARLES DUVEYRIER

Juin 1830.

Revenez, cher enfant; vous avez besoin d'être près de nous, vous ne nous entendez plus.

Où avez-vous pris toutes les choses contre lesquelles vous vous débattez dans votre seconde lettre?

M'avez-vous jamais entendu dire que ce fût une raison pour moi, parce que je ne sens pas ce que faisait saint Paul de la môme manière que je sens ce que je faisais hier, de déclarer :

1** Que saint Paul ne vit pas en moi, établissant, lui saint Paul , cette chaîne que je ne peux pas établir sans discontinuité, et se rappelant, lui saint Paul, ce qu'il a fait, comme je me rappelle ce que j'ai fait ;

2° Que je ne vivrai pas un jour en un autre, qui, lui» ne liera pas son présent à son passé Enfantin et à son passé saint Paul, tandis que moi je lierai mon présent d'aujourd'hui qui sera devenu mon passé, à mon avenir d'aujourd'^hui qui sera devenu mon présent ; je les lierai, dis-je, d'une manière continue, comme je lie les événements de ma vie.

Vous savez bien que l'objection qui porte sur l'inconscience, dans le vivant, de son identité progressive avec le mort ou avec le non-né, c'est-à-dire, avec ce qui fut et ce qui sera, n'a jamais été une question embarrassante pour moi ; car je ne chercherai jamais à voir l'avenir et le passé comme je vois le présent; Dieu seul le peut. De même, je ne tenterai jamais d'expliquer comment et

pourquoi la naissance, et pourquoi el comment la mort, c'est-àr-dire pourquoi et comment le vivant a commencé et finira , quoique je sente que je suis éternel.

Je dis donc simplement, car je dois confesser aussi bien ma qualité d'être Hni que ma puissance de manifestation d'être infini, je dis donc :

Je suis né en 17961 naissance et mort , manifestations Je mourrai en x ) finies de I'infini ; Et cependant

je suis, j'ai été, je serai ■) la vie, manifestation indéfinie de toute éternité i de l'iNFUd,

car je suis Homme-Dmv.

Enfantin qui naît et qui meurt n'est donc que la manifestation dans le temps et dans l'espace de l'Enfantin éternel. Mais l'Enfantin éternel contient toutes ses manifestations ; aucune d'elles ne saurait donc être anéantie. Cette manifestation de 1830 sera donc toujours.

Lorsque, dans ma vie présente, je m'occupe de ma VIE passée ou de ma vie future, j'ai bien devant moi trois choses distinctes l'une de l'autre. Sans doute les deux dernières se trouvent liées dans (matibre) et par {esprit) la première ; mais liées ne veut dire ni absorbées, ni confondues ', or c'est ce que vous faites conlinuellement. Partout oli je veux me voir vivre, il faut que je trouve réalisé, présent, vivant, mon amour du passé et de Vavenir.

De ce que nous avons dit que le présent était le résumé du passé et le germe de l'avenir, il ne faut pas en conclure que, pour l'homme, il n'y a que PRÉsE^T ; cette conclusion ferait de l'homme DIEU lui-même. Or, cher

^..- .jc :u& laites sans cesse, et vous ap-

. . . -r^Mî : Jiais qui veut faire la poésie de

:i> ;iis poète : disons les joies de

•.ï ^p'ns poètes.

u çraad, ce qui sera grand ; en moi

, L^LL et ce qui sera grand : c'est pour-

-^^i .*!iLa se réjouit en moi de ses progrès ;

.../: i iens ceux que j'ai faits depuis mon

> le sans solution de continuité, comme

. .a t^idemain ; et c'est à cette condition

- .L\ ii.~ : saint Paul vit; sans cette condi-

•a> de vie future, saint Paul est mort :

. ?u:5que vous vouliez combattre cet as-

.t ULure que je vous présentais plus parti-

^ ... »ou\-: que vous le négligiez absolument, ne

... .^^ 'o^ i:: : «Mon père, il y aura donc deux

.>^ ..c^ ..-r-x un nombre infini d'êtres en vous?i

>^ . !» :irtt, toute l'objection que vous pouviez

.u ,i : ce quelle objection, grand Dieu! t)ieu

.^, •îtu ♦.'* et multiple , mon fils qui veut que je

w ^<ii ';\^ multiple! Etre des êtres, ne ren-

...v.i >^ ^-^'^> ^^^" ^6În des ÊTRES aimants, sages et

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