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posteriori aux coiidUions à prinri, oii passe réellement de l'étude de la physique des corps bruts à celle des corps organisés, cl vice versa.
Une bonne déûiiition de la vie, sous le rapport physique, est le seul moyen, est un moyen sûr pour tracer d'une manière invariable la ligne de démarcation entre les sensations à priori et celles à posteriori.
La vie, sous le rapport physique, est le point matériel où toutes nos forces vitales vont converger et d'où elles divergent. Les sensations à posteriori sont les cflets produits par les actions vitales, depuis les limites de notre être jusqu'au point de convergence ; celles o priori sont les effets de l'action vitale divergente.
Si vous prenez. Messieurs, la peine de caver cette idée au point nécessaire pour vous l'approprier, elle deviendra dans vos mains, bien plus habiles que les nôtres, une mine scientifique de la plus grande richesse.
TBOISlèME PENSÉE.
Cette troisième pensée n'est pas un terme nécessaire pour constituer la série; elle est un appendice de la précédente. Notre objet, dans cet article, est de faire application du principe posé dans le précédent ; il consiste à prouver l'ulilité capitale de ce principe, en faisant voir qu'on peut en déduire une explication satisfaisante de faits de la plus haute importance et dont on ignore encore la cause.
D'Alembert, dans son Discours préliminaire de VBncyclopédie; Condorcet, dans son Tableau historique det
proi/rh de Pespril humain, et lous les auteurs qui ont écrit sur l'origine des connaissances, ont dit que l'astro nomie et la médecine étaient les premières sciences qui avaient été cultivées; mais aucun d'eux n'a fait sentir l'importance de ce fait, aucun n'en a fait connaître la cause; il nous est maintenant bien facile de la dévoiler.
Nos idées ne sont autre chose que nos sensations' élaborées et rendues reproductives îi volonté, au moyen dos signes de convention auxquels nous les avons attachées.
Nos connaissances ne sont autre chose que des séries d'idées.
Nos connaissances ayant donc pour origine nos idées, et nos idées dérivant directement de nos sensations, il en résulte que nos connaissances et nos idées doivent être physiquement partagées en deux classes bien distinctes, puisque nous avons constaté, dans l'article précédent, que nous avions deux espèces de sensations, tes unes provenant de l'action convergente, et les autres, de l'action divergente de la vie.
Cela posé, on a l'explication, 1° du fait que la science, dès son origine, s'est trouvée partagée en deux branches bien distinctes; 2° que ces deux branches, auxquelles nous donnons aujourd'hui les noms de physique des corps bruts et de physique des corps organisés, n'ont été à leur origine que deux bourgeons, dont l'un a porté le nom d'astronomie et l'autre celui de médecine.
Un autre fait bien remarquable, qui est une conséquence de celui que nous venons d'examiner et qui n'avait pas jusqu'à présent fixé l'attention, c'est que les deux ordres de sensations, et par conséquent les deux
branches de la science, ont fait des progrès mémorables aux mêmes époques; c'est-à-dire que jamais il n'y a eu de découvertes faites dans la physique des corps bruts, sans que la physique des corps organisés n'ait fait aussi d'importants progrès.
Ainsi Hervey a été contemporain de Galilée, et Locke de Newton.
Nous ne voulons cependant pas dire pour cela que les progrès de nos connaissances dans les deux branches de la physique aient toujours été, aux époques marquantes, du même degré d'importance ; nous aurons, au contraire, à faire remarquer dans un des articles suivants que, depuis Platon jusqu'aux califes, la science de l'homme a marché avec plus de rapidité que celle des corps bruts, tandis que depuis les Arabes des vir et VIII* siècles jusqu'à nous, c'est dans la science des corps bruts que l'esprit humain a fait de plus rapides progrès; c'est-à-dire, pour combiner et résumer ces deux dernières pensées : l'action respiratoire du fluide vital par notre genre nerveux (qui est la cause générale de nos sensations) s'est toujours manifestée sous le rapport d'aspiration et sous celui d'inspiration qui ont été réellement, la première, la cause de nos sensations passives, de nos travaux à posteriori et des connaissances que nous avons acquises dans la physique des corps bruts, et l'autre, c'est-à-dire l'inspiration, la cause de nos sensations actives, de nos progrès dans les travaux à priori et de l'avancement de la physique des corps organisés. L'action respiratoire du fluide vital s'est toujours manifestée , disons-nous, d'une manière notoire, mais pas
toujours d'une manière égale, puisque les produits scientifiques résultant de Taction convergente du fluide vital ont été plus marquants pendant onze cents ans, tandis que les produits de son action divergente ont été plus capitaux pendant les onze siècles suivants.
L'égalité, comme on voit, s'est rétablie, puisqu'il y' a eu compensation.
Les bornes étroites de ce mémoire nous ont forcé à resserrer nos idées. Si nous nous étions adressé à des hommes d'une instruction ordinaire et d'un esprit médiocre, nous aurions donné beaucoup plus de développement aux conceptions que nous venons de vous présenter; mais. Messieurs, votre capacité scientifique, sous le rapport du génie comme sous celui des connaissances acquises, nous imposant la loi de supprimer les idées intermédiaires, pour ne vous présenter que les termes extrêmes des séries, il aurait été indiscret de notre part de chercher à fixer votre attention pendant longtemps sur nos travaux ; votre préjugement à leur égard ne pouvait nous être favorable, puisque notre nom n'a encore acquis aucune célébrité dans l'École.