‹ Science de l'hommeChapitre 78 sur 84 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

nu préceni de l'Espèce kunalBe.

Nous présenterons d'abord des considérations générales dont voici l'aperçu. L'Espèce humaine a fini de monter la vie, elle n'a pas encore commencé à la descendre. Le moment présent est donc celui dans lequel, se trouvant stationnaire au sommet de son existence, elle réunit à leur plus haut degré les jouissances morales de tous les genres : chez' elle, la faculté de raisonner est complètement développée, et l'imagination n'est pas encore éteinte; si l'ancien monde lui présente le triste tableau de la vieillesse , le nouveau lui offre le riant spectacle d'une enfance qui approche de l'adolescence.

Entrant ensuite directement en matière, nous -ferons voir que la théorie dont Socrate a commencé l'organisation est devenue inutile et même à charge à la science, et par conséquent à l'Espèce humaine ; et nous démontrerons, d'un autre côté, que tous les matériaux nécessaires pour organiser un nouveau système scientifique (le système positif) sont rassemblés. Après avoir ainsi

bien précisé la situation morale dans laquelle se trouve dans ce moment l'esprit humain, nous quitterons la direction des observations, qui est celle à postériorij qui est la direction passive, pour prendre la direction à fyriorif ou active, qui est celle dans laquelle l'homme produit.

Et nous dirons : le travail d'organisation d'une nouvelle théorie de la science exige le concours des efforts de tous les savants, particulièrement de ceux adonnés à la culture de la philosophie (ou science générale). Les philosophes européens étant aujourd'hui divisés en deux sectes, c'est une opération préliminaire indispensable de les rallier au même principe, pour former un atelier scientifique capable d'exécuter l'immense travail de l'organisation d'une nouvelle théorie générale.

Nous nous adresserons d'abord à la secte philosophique anglo-française, et nous lui démontrerons que si , d'une part, elle a raison d'exclure de ses combinaisons l'idée d'une cause générale animée, d'une autre part, elle a complètement tort en continuant de s'occuper exclusivement de la recherche de nouveaux faits, sans travailler à coordonner d'une manière générale l'immense quantité de ceux qu'elle a réunis et constatés; en un mot, qu'il est temps pour elle de quitter la direction à posteriori pour prendre celle à priori.

Nous nous adresserons ensuite à la secte allemande et nous lui dirons : vous avez bien raison d'enseigner qu'il est grand temps pour l'esprit humain de considérer les choses à priori; vous avez bien raison de tonner dans vos chaires philosophiques contre la manie scientifique anglo-

— Ali —

française de chasser continuellemeut, d^emplir le gardemanger de gibier et de ne jamais se mettre à table. Yoas avez bien raison de prêcher qu^il faut one théorie générale, ci que c'est seulement sous son rapport philosophique que la science est directement utile à la Société, et que les savants peuvent fornoer la corporation politique générale qui est nécessaire pour lier entre elles les nations euaropéennes et pour mettre un frein à Tambition des peuples et des rois ; mais vous avez grand tort quand vous voulez donner pour base à votre philosophie Tidée d^unç cause animée : ce n^est plus Tidée Dieu qui doit lier les conceptions des savants, c^est Tidée de la gravitation considérée comme loi de Dieu. A cette occasion, nous édaircirons une question qui n^est encore qu^un véritaMe imbroglio; nous prouverons qu'on a jusqu^à présent appelé ^iritualistes ceux qu'on aurait dû appder matérialistes, et matérialistes ceux qu'on aurait dû ^)pder spir ritualistes ; en effet , corporifier une abstracticm, n'est-ce pas être matérialiste? De l'étie Dieu extraire l'idée loi, n'est-ce pas être spiritualiste?

Nous terminerons cette première partie de notre troisième mémoire, en disant qu'elle ne doit être considérée que comme une introduction à la deuxième partie.

Notre objet , dans cette seconde partie • sera d'esquisser une nouvelle théorie j^osophique ; nous présenterons d*abord nos idées sur le svstème du monde, et ensuite celles sur la science de Thomme ; ainsi cette seconde partie se trouvera naturellement divisée en é&ax livres.

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