‹ Science de l'homme, physiologie religieuseChapitre 115 sur 125 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

be l'avenir de l'Espèce bumaine.

Nous placerons en tête de ce second livre une introduction dans laquelle nous établirons (ce qui ne sera pas dificile } que l'histoire de l'avenir ne peut pas être

aussi détaillée que celle du passé, et que les bornes étroites de notre intelligence nous forcent à nous renfermer dans une indication très-sommaire des masses. Nous diviserons ensuite ce second livre en trois sections correspondant à celles établies dans l’histoire du passé.

PREMIÈRE SECTION

De la planète quand elle ne sera plus habitable.

. C’est par des considérations géologiques que l’on doit commencer l’histoire de l’espèce humaine; c’est également, et par les mêmes raisons, par des considérations géologiques qu’on doit la terminer.

Notre planète a tendance à la dessiccation. L'Afrique, qui à été la première partie du monde habitée et par conséquent habitable, est aujourd’hui presque entièrement desséchée, En Asie, les sables de l'Arabie font tous les jours des progrès sensibles, ainsi que ceux de la grande Tartarie. Ils tendent à se réunir et à recouvrir ensuite toute la couche de terre végétale qui est encore si productible, dans ce second berceau du genre humain. En Europe, l'Espagne, contrée qui était si fertile du temps des Romains, est déjà desséchée. Dans la Germanie, une grande partie des forêts ont disparu, et les eaux y sont beaucoup moins abondantes qu’à l’époque où Tacite nous en a donné la description. De ces observations les géologues ont nécessairement conclu qu'il arrivera une époque à laquelle la planète se trouvera entièrement desséchée. Or il est évident qu’à cette époque elle sera inhabitable, inhabitée, et que par consé-

quent, à dater d’une certaine époque, l’'Espèce humaine s'éleindra successivement.

La considération de la planète entièrement desséchée etinhabitée terminera donc l’histoire de l’ Espèce humaine,

DEUXIÈME SECTION

En tête de cette deuxième section, nous ferons le tableau des sensations du dernier homme, mourant après avoir bu la dernière goutte d’eau du globe; nous ferons voir que la sensation de la mort sera pour lui bien plus pénible qu’elle ne l’est pour nous, puisque sa mort particulière sera en même temps la mort générale de l’Espèce. Nous remonterons ensuite de l’examen du moral de ce dernier homme à celui des restes de l’Espèce, jusqu’à l’époque à laquelle elle commencera à voir sa destruction s’opérer et où elle aura acquis la conviction qu’elle est inévitable, conviction qui lui ôtera toute énergie morale et qui la rendra semblable aux hommes dont nous avons parlé dans la deuxième section du livre sur le passé de l'Espèce, sous ce rapport important qu'ils n'auront d’autres désirs que ceux qui leur sont communs avec les autres animaux.

TROISIÈME SECTION

Dans cette troisième section, nous présenterons l’intelligence de l’Espèce humaine débarrassée de toutes les idées superstitieuses, de toutes charlataneries scientifiques. Cette section sera partagée en deux chapitres. Dans le premier, nous ferons le tableau de l'Espèce humaine possédant un bon système scientifique, et dans

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le second, nous la représenterons travaillant à l’organisation de ce système. Ce chapitre se terminera au moment où elle commencera à travailler à cette organisation; ce moment constitue la face du présent qui voit ce qui arrive par la route de l'avenir, de même qu'en y arrivant par le passé, la face que montre le présent est celle de la dernière action de la théorie scientifique dont Socrate avait commencé l’organisation.

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