‹ Science de l'homme, physiologie religieuseChapitre 31 sur 125 · ACTIVITÉ ET PASSIVITÉ · texte numérisé non relu

ACTIVITÉ ET PASSIVITÉ

P. 202. — 11 ne faut pas oublier que si les nerfs vont porter la vie à tous les organes, chaque organe, en particulier, à raison des impressions qu’il reçoit et des fonctions qu’il remplit, influe de son côté, plus ou moins, sur l’état de tout le système nerveux. Les effets d’une affection locale deviennent souvent généraux; souvent une seule partie semble tenir le {out sous son empire... Les organes de la génération, par leur éminente sensibilité, par les fonctions que la nature leur confie, par le caractère des liqueurs qui s’y préparent, doivent réagir fortement sur l'organe sensitif général et sur d’autres parties très-sensibles comme eux, avec lesquelles ils sont dans des rapports directs de sympathie.

P. 234. — Pour se faire une idée complète de l’action du système nerveux, il est nécessaire de le considérer sous deux points de vue un peu différents ; je veux dire : 1° comme agissant par son énergie propre sur lous les organes qu’il anime; 2° comme recevant par ses

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extrémités sentantes les impressions en vertu desquelles il réagit ensuite sur les organes moteurs.

P. 9h8. — Il est certain que la bile agit directement sur le système nerveux, et par lui, sur les causes émmédiates de la sensibilité,

Ordinairement les effets stimulants de la bile coïncident avec ceux de l’humeur séminale.. L'influence du foie et celle des organes de la génération se correspondent et s’exercent de concert.

P. 249. — L'activité de la bile accroît celle de tous les mouvements et en particulier de la circulation; la production plus considérable de la chaleur se rapporte à une circulation plus forte ou plus accélérée ; l'état de la respiration tient à celui de la circulation; enfin, chacune des fonctions ci-dessus agit sur le syslème nerveux, qui réagit à son tour sur toutes à la fois.

P. 254. — Chez le mélancolique, c’est l'humeur séminale, elle seule, qui communique une âme nouvelle aux impressions, aux déterminations, aux mouvements; c'est elle qui crée, dans le sein de l'organe cérébral, ces forces étonnantes trop souvent employées à poursuivre des fantômes, à systématiser des visions.

P. 276. — Par sa grande influence sur toutes les parties du système nerveux, et notamment sur le cerveau, l'estomac peut souvent faire partager ses divers états à tous les organes,

P. 287. — Dans la fièvre tierce, on trouve assez constamment le foie malade, ses fonctions interverties et la bile altérée.

On remarque que les fièvres quartes appartiennent d’une manière, en quelque sorte, constante et générale, mais cependant non exclusive, au tempérament dit mélancolique, à l’âge où les congestions de la veine porte et les affections opiniätres qui en dépendent ont coutume de se former,

Le foie, qui n’a peut-être pas des relations moins étroites que l'estomac avec le diaphragme, en a de plus étendues avec les autres viscères de l'abdomen; ilen a de très-directes avec l’estomac lui-même.

P. 295. — Les dispositions de tout l’eépigastre, où semblent se former et que mettent en effet plus spécialement en jeu les affections de l'âme, etc.

P. 318. — Je prie le lecteur de ne pas oublier combien ces fonctions et ces organes (de la génération ) exercent un empire étendu, non-seulement sur la production des penchants heureux de l'amour, de la bienveillance, de la tendre et douce sociabilité, mais encore sur l'énergie et l’activité de tous les autres organes, particulièrement de l'organe pensant ou du centre nerveuæ principal.

P. 328. — Dans certains pays, où la classe indigente vit presque uniquement de châtaignes, de blé sarrasin ou d’autres aliments grossiers, on remarque chez cette

classe tout entière un défaut d'intelligence Lresque absolu.

P. 339. — Par l'habitude des impressions heureuses qu'il occasionne, par une douce excitation du cerveau, par un sentiment vif d’accroissement dans les forces musculaires, l'usage du vin nourrit et renouvelle la gaieté, maintient l'esprit dans une activité facile et constante, fait naître et développe les penchants bienveillants, la confiance, la cordialité.

P. 345. — Ce n’est pas sans raison que quelques écrivains ont appelé le café une boisson intellectuelle.

P, 352, — La grande activité de l'organe pensant est souvent entretenue par les spasmes des wiscères du bas-ventre,

P. 440, — La manière dont la circulation marche, dont la digestion se fait, dont la bite se filtre, dont les muscles agissent, dont l'absorption des petits vaisseaux se conduit : tous ces mouvements auxquels la conscience el la volonté de l'individu ne prennent aucune part et qui s’exécutent sans qu'il en soit informé, modifient cependant d’une manière {rès-sensible et très-promple tout un être moral ou l’ensemble de ses idées et de ses affections. Ceux des organes qui tiennent le premier rang, ceux précisément dont les déterminations paraissent avoir été soigneusement soustraites à l'empire du moi, sont encore ceux-là même qui ne cessent pas un seul instant d'agir avec force sur le centre cérébral.

Après avoir lu cet article, un ami très-versé dans les

matières philosophiques, m'a dit: — Vous établissez donc qu’il peut y avoir sensibilité sans sensation, c’està-dire sans impressions perçues ? — Oui, sans doute; c’est même un point fondamental dans l’histoire de la sensibilité physique. — Mais ce que vous croyez pouvoir appeler dans ce cas sensibilité, n'est-ce pas ce que les physiologistes désignent sous le nom d’irritabilité? — Non, et voici la différence : l’irritabilité est la faculté de contraction qui paraît inhérente à la fibre musculaire et que le muscle conserve même après la mort ou après qu'il a été séparé des centres nerveux de réaction. La fibre excitée par divers stimulants, se fronce et s’allonge alternativement et voilà tout. Mais dans les mouvements organiques coordonnés il y a plus que cela, tout le monde en convient. Or, outre ceux de ces mouvements . qui sont déterminés par des impressions perçues, il en est plusieurs qui sont déterminés par des impressions dont l'individu n'a nullement la conscience, et qui, le plus souvent, se dérobent eux-mêmes à son observation ; et cependant, comme les premiers, ils cessent avec la vie ; ils cessent quand l’organe n’a plus de communication avec les centres sensibles ; ils cessent en un mot avec la sensibilité ; ils sont suspendus et renaïssent avec elle. La sensibihité est donc la condition fondamentale, sans laquelle les impressions dont ils dépendent ne produisent aucun effet, sans laquelle même elles n’ont point d'existence, puisqu’elles ne nous sont connues que par eux. Ainsi, comme nous n’appelons sensation que l'impression perçue, il y a bien véritablement sensibilité sans sensalion.

+ D H Nore B.

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