‹ Science des religions. L'Islamisme, d'après de Coran; l'enseignement doctrinal et la pratiqueChapitre 117 sur 121 · HA4IN · texte numérisé non relu

HA4IN

« 11 Y a à Bénarès un grand nombre de sépulcres musulmans, parmi lesquels on distingue celui du schaïkh Muhammad Ali Hazin Guilani (2). Ce saint personnage avait, de son vivant, fait construire son tombeau, et venait quelquefois le jeudi (3) s'asseoir auprès et distribuer des aumônes. Il voit sans effroi approcher la mort, a dit un poète liindoustani, celui qui la considère comme l'entrée à l'immortalité; que dis-je? la mort ne fait pas changer d'état Vhomme qui a su mourir, même dans

sa vie.

« Le schaïkh dont nous parlons réunissait aux sciences intérieures les extérieures. Son habileté à écrire tant en vers qu'en prose était son plus petit mérite. H fut la gloire des écrivains de son temps, et il doit servir de modèle à ceux du nôtre. Il se rendit dans l'Hindoustan pendant le règne 'de Muhammad schàh. Après être

(1) Ce personnage est auteur de cacidas, d'un diwan, de contes persans et de mémoires très-intéressants, qui ont été publiés en persan et en anglais par F.-C. Belfour, aux frais de YOriental translation fund, sous le titre de : The life of M. A. Hazin, written by himi^elf. (Voir aussi un article sur Hazin dans Ouseley's, orient, collections, 11, 36 et suiv., et dans mon Histoire de la littérature hindoustanie .)

(2) Ou du Guilan, non pas qu'il y fût né, car il vit le jour à Hispahan en 1692, mais parce qu'il en était originaire et qu'il y résida longtemps. (Belfour, The Life of Ali Hazin, written by himself, p. 50, 135, 169.)

(3) Jour spécialement consacré, comme nous l'avons déjà vu, à la commémoration des trépassés et aux exercices religieux faits pour le repos de leur àme.

resté quelques années à Dehli (1), il alla à Bénarès où il vécut dans l'angle de la solitude, n'allant jamais voir qui que ce fût, ni les grands ni les petits ; et loin de rien recevoir de personne, donnant fréquemment aux pauvres selon ce que ses moyens lui permettaient. Sa vie fut constamment irréprochable; il ne ressentait d'autre désir que celui d'être uni à Dieu. Il avait des révélations et le don des miracles ; on dit même que le soleil lui était soumis, et qu'à son gré il pouvait opérer d'autres prodiges non moins extraordinaires.

« Tout le monde sait que ce contemplatif sans hypocrisie, loin de conseiller au nabab d'Aoude Schuja-uddaula d'attaquer les Anglais, l'avait au contraire sagement engagé à rester en paix avec eux. Il mourut après la déroute de Baxar (2), en 4180 (1766-67), et alla habiter le paradis (3).

Rien ne serait plus facile que de prolonger ce mémoire en parlant de plusieurs autres saints vénérés

(1) Ce fut là qu'il écrivit ses mémoires, qui ne vont pas au-delà de cette époque, ouvrage où respire la piété la plus fervente, et qui donne une idée fort avantageuse d'Hazin. On voit par sa lecture qu'il avait des idées très-larges relativement à la religion, ce qui rentre du reste tout à fait dans l'esprit du Coran et le système des sufis. On y lit qu'il connaissait le christianisme par les livres saints et par les missionnaires chrétiens ; mais, loin de se convertir, il s'afiîermit davantage, dit-il, dans sa croyance.

(2) Ville de la province de Bihar, célèbre par la grande victoire que les Anglais remportèrent près de là en 1764 sur les armées réunies de Schujauddaulah et de Cacim khan, nabab du Bengale. (Hamilton, Easi-India Gazelt., I, 304.)

(3) Ardi&ch-i mahfil, p. 88,

SAINTS DE L'INDK MUSULMANlî. '''03

dans rindo musulmane cl, qui ont acquis do la célébrité, •l'ai trouvé, dans les ouvrages liindouslanis que j'ai pu consulter, des notices sur plus de cent pirs intéressants à connaître; mais ne voulant ni ne pouvant parler de tous ceux qui méritaient une mention particulière, j'ai du me borner à un petit nombre, J'ai donné des articles spéciaux sur vin[>t personnages, et incidemment des notes sur un nombre à peu près égal. Je crois que c'est suffisant.

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Préface v

Passages de la sainte Bible qui, d'après^ l'opinion des docteurs musulmans, se rapportent à Mahomet ou à sa mission. 21

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