‹ Science des religions. L'lslamisme, d'après le Coran; l'enseignement doctrinal et la practiqueChapitre 121 sur 129 · AUL1YA · texte numérisé non relu

AUL1YA

« Le prince des schaïkhs Nizam-uddin Auliyâ (5), fils d'Ahmad, fils de Daniel, naquit à Gazna en 630 (1232-33). Lorsqu'il fut arrivé à l'âge de raison, il se rendit à Badaun (6), et là il se livra avec le plus grand succès aux

(1) Hamilton, East-India Gazetteer, t. II, p. 367.

(2) Hidayat ul-islam, p. 269.

(3) C'est-à-dire les versets 255-258 du second chapitre du Coran.

(4) Voyez Y Encologe musulman.

(5) Auliyâ est le pluriel de wali, employé emphatiquement pour le singulier. Ce saint est aussi connu sous le surnom de Zarrîzar- Bakhsch, « donneur d'or en or. » (Préface du Bûg o Bahâr.)

(6) Ville dans la province de Dehli, qui n'est actuellement remarquable que par son antiquité. (Ayeen Akbery, t. II, p. 87 ; Hamilton, East-India Gazetteer, I, 291.)

394 RELIGION MUSULMANE DANS L'iNDE.

sciences extérieures. Commme dans l'argumentation il triomphait presque toujours de ses condisciples, on le surnomma vainqueur de l'assemblée (mahfil schikan). A vingt ans il alla à Ajodhan (1), où il eut le bonheur d'être disciple de Farid-uddin Schakar-ganj (2), qui lui communiqua la science intérieure. L'ayant ensuite quitté, il se rendit à Dehli (3) pour la conduite spirituelle des hommes. Une foule de gens dévoués à la recherche des vérités religieuses trouvèrent en effet un grand secours auprès de lui. On peut citer entre autres les schaïkhs Wajh-uddin àChandéri (4), Nacir-uddinChirag-i Dehli (5), Alâ-ulhak et Raji Siraj dans le Bengale, Yacub et Kamal à Malwa, Huçâm-uddin en Guzarate, le schaïkh Burhânuddin et le khwaja Haçan dans le Décan, l'amir Khusrau à Dehli, les respectables Mujis à Ujjaïn, etGuiyâsà Dahar (6), etc. Ses descendants et ses héritiers spirituels continuèrent, jusqu'au temps d'Aurang-zeb, à diriger dans la voie de Dieu leurs coreligionnaires ; mais depuis cette époque on ne sait rien sur cette lignée.

(1) Ville de Moultan, dont il a déjà été parlé.

(2) Voyez l'article consacré à ce saint personnage.

(3) On montre encore à Dehli un puits creusé, dit-on, par Nizàmuddîn Auliyâ en 1321. (Bhola Nauth, the Travels of a Hindoo, t. II, p. 225.)

(4) Ville de Malwa.

(5) C'est-à-dire Y aide de la religion, lampe de Dehli, enseveli dans cette ville. (Ar. mahf., p. 166; Ayeen Akbery, II, 87.) Il y a un autre saint nommé aussi Schâh Nacir-uddin, qui est enseveli à Jalindhar, ville de la province de Lahore. Une foule de pèlerins, surtout à l'époque des chaleurs, viennent déposer sur son tombeau leurs offrandes, et exprimer en même temps leurs vœux. (Araïsch-i mahfil, p. 172.)

(6) Ancienne ville de Malwa, qui a été la capitale de cette pro-

« L'historien Firischta donne à la naissance deNizamuddin une date différente de celle que je viens d'indiquer. Selon lui, le père de ce contemplatif vint de Gazna dans FHindoustan et résida dans la ville de Badaun où naquit notre saint au mois de safar 634 de l'hégire (octobre 1236). Il avait à peine cinq ans lorsque son père, homme extrêmement recommandable, prit la route de l'éternité. Sa mère eut le plus grand soin de lui et le conduisit à Dehli, quand il eut atteint l'âge de discrétion. Ce fut en cette ville qu'il apprit ce qu'on enseigne ordinairement aux enfants.

« Nizam-uddin fut admis dans le paradis un mercredi 18 rabi 1er 725 (4 mars 1326), et fut enseveli à peu de distance de Dehli, où l'on voit encore son tombeau près de celui du klrwâja Cutb-uddin (1). Cet ami de Dieu est, par sa grande piété, un des saints les plus éminents de l'Hindoustan. La chaîne de son initiation religieuse aboutit, en remontant, au schaïkh Abd-ulcadir Jilani (2). »

KABIR.

Kabir est un célèbre Hindou unitaire, vénéré par les musulmans aussi bien que par ses coréligionaires. Il établit une nouvelle secte, c'est-à-dire celle des Kabir panthi ou « partisans de la secte (panth) de Kabir, » à laquelle Nanak, fondateur de celle des Sikhs, empruntâtes notions religieuses qu'il propagea avec plus de succès (3).

(1) Voyez YAyeen Akbery, II, 87.

(2) Voyez l'article consacré à ce saint personnage. La notice qui précède est extraite de YArmsch-i mahfil, p. 60.

(3) H.-H. Wilson, A sketch of the religions sects of the Hindus. (Asiatic Researches, XVI, 53.)

(( S'il faut en croire, dit Afsos, un bon nombre de gens, c'est à Ratanpur, dans le royaume d'Aoude, que se trouve le tombeau du tisserand Kabir. Cet homme célèbre, qui vivait sous le sultan Sikandar Lodi (4), demeura longtemps à Bénarès occupé de pratiques de piété. Les faquirs le considèrent comme orthodoxe et possesseur de perfection. Ils récitent sans cesse de sa composition des dohras (2) où respire la connaissance et l'amour de Dieu (3). »

Pendant sa vie il fut, comme après sa mort, égalelement vénéré par les Hindous et par les musulmans. Les brahmanes voulaient brûler son corps, les musulmans le mettre en terre, mais la légende rapporte que sur ces entrefaites le cadavre disparut (4).

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