CHAPITRE VIII
Zacharie se mit en prière et s'écria : Seigneur, ouvremoi les trésors de ta libéralité ; donne-moi un enfant béni, ô toi qui exauces nos vœux! L'ange l'appela tandis qu'il priait dans le sanctuaire. Le Très-Haut, lui dit l'ange, t'annonce la naissance de Jean ; il confirmera la vérité du verbe de Dieu; il sera grand, chaste, et élevé entre les prophètes, m, 33, 34.
L'épouse de Joachim (Anne) adressa cette prière à Dieu : O mon Dieu, je te consacre ce que je porte dans mon sein ; accepte cette offrande... Lorsqu'elle eut enfanté, elle ajouta : Seigneur, j'ai mis au monde une fille... je l'ai nommée Marie; je la mets sous ta pro-
(1) Mahomet nomme Jésus-Christ à la fois verbe de Dieu et esprit de Dieu. Tertullien lui donne ces deux noms dans son Apologétique (p. 415 de la traduction de l'abbé Allard).
Voici sur Jésus-Christ un quatrain persan qu'on ne sera pas fâché de lire :
« Le cœur de l'homme, lorsqu'il est affligé, tire sa consolation de tes paroles. Ton nom seul rétablit l'âme dans sa vie et dans sa vigueur premières. Que si quelquefois il est donné à l'esprit de l'homme de s'élever jusqu'à la contemplation des mystères de la divinité, c'est de toi qu'il tire ses lumières, et c'est toi qui 1uj donnes l'envie d'y parvenir. » (D'Herbelot, Biblioth. or.)
tection, elle et sa postérité... Le Seigneur reçut son offrande favorablement. Il fit produire à Marie un fruit précieux, in, 31, 327.
Jésus est l'envoyé du Très-Haut et son verbe. 11 l'a fait descendre dans Marie. 11 est son souffle, iv, 169. L'ange dit à Marie : Dieu t'a choisie, il t'a purifiée (1); tu es élue entre toutes les femmes. Sois dévouée au Seigneur, adore-le, courbe-toi devant lui avec ses serviteurs, ni, 37, 38. Dieu t'annonce son verbe. Il se nommera Jésus, le Messie; il sera grand dans ce monde et dans l'autre, et le confident du Très-Haut. Il fera entendre sa parole aux hommes, et sera au nombre des justes. — Seigneur, répondit Marie, comment aurais-je un fils? Aucun homme ne s'est approché de moi. — Il en sera ainsi, reprit l'ange. Dieu forme des créatures à son gré. Veut-il qu'une chose existe, il dit : Sois faite, et elle est faite. Il lui enseignera l'écriture et la sagesse. Jésus sera envoyé auprès des enfants d'Israël. Il leur dira : Des prodiges divins vous attesteront ma mission : je guérirai les aveugles de naissance et les lépreux ; je ferai revivre les morts, parla permission de Dieu. Tous ces faits seront des signes pour vous si vous êtes croyants. Craignez Dieu, et obéissez-moi. Il est mon Seigneur et le vôtre. Servez-le, c'est le chemin du salut, m, 40-44. La parole du Très-Haut est le garant de ce que je t'an-
(1) Hossaïn Vaez, commentateur persan du Coran, et les autres glossateurs entendent par ce mot l'immaculée conception de la Sainte-Vierge. On cite aussi un hadîs d'après lequel Mahomet aurait dit : « Tout homme que sa mère met au monde est soufleté par Satan, excepté Marie et son fils. » (E.-E. Salisbury, « Mahomedan Prédestination, a Journal or. Am. Society, t. VIII, p. 132.)
nonce, continua l'ange. Ton fils sera le prodige et le bonheur du monde. Tel est l'ordre du ciel, xix, 20, 21.
Chante la gloire de Marie qui conservera sa virginité intacte. Nous soufflâmes sur elle notre esprit. Elle et son fils furent l'admiration de l'univers, xxi, 92. Gabriel lui transmit le souffle divin. Elle crut à la parole du Seigneur, aux écritures, et fut obéissante, lxvi, 12.
Nous accordâmes à Jésus, fils de Marie, la puissance des miracles ; nous le fortifiâmes pai\notre esprit, n, 81 et 253. Nous lui donnâmes l'Évangile, lvii, 27. Je suis l'apôtre de Dieu, répétait-il aux Juifs. Je viens confirmer la vérité du Pentateuque qui m'a précédé, et vous annoncer l'heureuse venue du prophète qui me suivra. Ahmed (1) est son nom, lxi, 6. Nous mîmes dans le cœur des disciples de Jésus-Christ la piété, la miséricorde et le désir de la vie monastique. Ils l'instituèrent pour se rendre agréables au Seigneur. Nous ne leur en avons point fait un précepte, lvii, 27.
Jésus sera le signe certain de l'approche du jugement. Gardez-vous de douter de sa venue, xliii, 61. Ceux qui disent que le Christ, fils de Marie, est Dieu, profèrent un blasphème. Réponds-leur : Qui pourrait arrêter le bras du Tout-Puissant, s'il voulait perdre le Messie fils de Marie, sa mère, et tous les êtres créés? Dieu est le souverain des cieux, de la terre et de l'immensité de
(1). Mahomet portait deux noms, celui d'Ahmed et celui de Mohammed. L'un et l'autre signifient loué, illustre, comme mpaOanhç que les musulmans lisent au lieu de wjxpéaànroç, dans les passages de l'Evangile de saint Jean, que les chrétiens appliquent au Saint- Esprit, xiv, 16 et 26; xv, 26; xvi, 7, passages auxquels fait allusion ce verset du Coran.
l'espace. Il tire à son gré les êtres du néant, parce que sa puissance est infinie, v, 20. Jésus est aux yeux du Très-Haut un homme comme Adam (1). Adam fut créé de poussière. Dieu lui dit : Sois, et il fut, m, 52. Le Messie n'est que le ministre du Très-Haut; d'autres envoyés l'ont précédé, v, 80. N'a-t-il pas dit lui-même : 0 enfants d'Israël ! adorez Dieu, mon Seigneur et le vôtre, v, 77. Un jour Dieu rassemblera les prophètes, et leur demandera ce que les peuples ont répondu à leurs exhortations. Seigneur, diront les prophètes, la science n'est point notre partage ; toi seul connais les secrets. Dieu dira à Jésus, fils de Marie : Souviens-toi des grâces que j'ai répandues sur toi et sur celle qui t'a enfanté. Au milieu des miracles que tu fis éclater aux yeux des Juifs obstinés dans leur incrédulité, ils s'écriaient : Tout cela n'est que prestige. J'inspirai aux apôtres de croire en moi et en Jésus mon envoyé, et ils dirent : Nous croyons, v, 109-412.
Dieu ayant ensuite demandé à Jésus, fils de Marie, s'il avait commandé aux hommes de l'adorer, lui et sa mère (1), comme des dieux : Seigneur, répondit-il,
leur aurais-je ordonné un sacrilège? Je ne leur ai
fait entendre ma voix que pour leur annoncer tes commandements. Je leur ai dit : Adorez mon Seigneur et le vôtre. J'ai été témoin auprès d'eux, tant que je suis
(1) Parce que, disent les commentateurs, ils furent l'un et l'autre l'ouvrage d'une création particulière.
(2) On ne doit pas oublier que Mahomet parle ici des chrétiens orientaux, à qui le reproche d'adorer la Sainte-Vierge pourrait s'adresser. Ils lui rendent, en effet, généralement un culte dont tout bon chrétien a droit d'être scandalisé lui-même.
resté sur la terre. Lorsque la mort est venue, par ton ordre, trancher le fil de mes jours, tu as été leur gardien, ibid., 119, 118. Jésus ne rougira pas d'être le serviteur de Dieu. Les anges qui environnent son trône lui obéissent, iv, 170.