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LA PRIERE PUBLIQUE DES VENDREDIS

JV. B. Cette prière a lieu à midi, mais seulement dans les villes soumises à l'obéissance d'un monarque musulman (3), et en présence du souverain ou de son remplaçant. Elle est d'obligation divine : « Celui, a dit Mahomet, qui, sans motif légitime, manque d'assister à la prière publique des vendredis trois semaines de suite, est censé avoir abjuré sa foi. » Tous les travaux doivent être suspendus pendant ce service solennel seulement.

Avant le Namaz, l'orateur monte en chaire et récite la Khoutba (prières du prône), dont voici la formule usitée chez les Sunnites :

(1) Un Juif, nommé Lobéid, et ses filles avaient employé des maléfices contre Mahomet. Ce chapitre fut révélé à cette occasion.

(2) Les musulmans ont la plus grande foi à l'efficacité des paroles contenues dans ce chapitre et dans le précédent. Ils ne manquent guère de les répéter matin et soir.

(3) Il n'en est pas ainsi dans l'Inde anglaise, bien qu'elle ait pour souveraine la reine Victoria.

(( Au nom de Dieu clément et miséricordieux.

« Louanges au Très-Haut, qui seul peut repousser loin de nous le malheur, et nous mettre à l'abri des trahisons ; qui peut seul entendre les brûlants désirs de ses fervents adorateurs dans les deux habitations, qui est le seul but du culte des hommes dans les deux mondes. Tous les mortels sont faibles, lui seul est fort; tous les humains sont pauvres, lui seul est riche. Lui seul accorde la conservation et le secours; il pardonne les fautes, il reçoit le repentir, il punit sévèrement ; mais il est doux et patient. — Il n'y a de Dieu que lui. Y a-t-il un autre créateur que le Très-Haut? — Il accorde à votre esprit la nourriture spirituelle, à votre corps la temporelle. — Il n'y a de Dieu que lui. Oui, par celui qui écoute et qui voit, il n'y a de Dieu que lui ; par celui qui connaît ce qui est manifeste et ce qui est caché, il n'y a de Dieu que lui. — Moïse, lorsque Dieu lui parla sur le mont Sinaï, prononça ces mots : Il n'y a^de Dieu que lui. — Jonas, dans le ventre de la baleine, lorsque le Très-Haut lui fit entendre sa voix, s'écria : Il n'y a de Dieu que Dieu ! — Joseph, au fond du puits, lorsque Dieu le consola, dit aussi : Il n'y a de Dieu que Dieu. — Abraham, dans la fournaise ardente (1), lorsque Dieu lui apparut, proclama cette vérité : Il n'y a de Dieu que lui. — Oui, nous confessons qu'il n'y a de Dieu que Dieu seul, qu'il n'a point d'as-

(1) Les Orientaux disent que Nemrod fit jeter dans une fournaise ardente Abraham, qui lui annonçait le culte d'un seul Dieu, et que ce patriarche en sortit sain et sauf.

On lit dans la Bible (Néhémie, ix, 7) : « C'est vous, ô Seigneur, qui avez tiré Abraham du feu. »

socié. Il est le vivant ; il n'y a de Dieu que lui. — Nous confessons que notre seigneur et maître Mahomet est son serviteur et son prophète. — ODieu! sois-lui propice, ainsi qu'à sa famille et à ses compagnons ; bénisle et accorde-lui la paix.

« Sachez que le monde est périssable, et ses plaisirs passagers. Nous y passons nos jours dans l'esclavage, pour avoir du pain, et la mort vient bientôt les terminer. — 0 mes frères, nous avons un corps faible, un léger viatique, une mer profonde à traverser, et un feu

dévorant à craindre Le pont Sirat est bien étroit, la

balance bien juste; le jour de la résurrection n'est pas éloigné. Le juge de ce grand jour sera un Seigneur

glorieux En ce moment terrible, Adam, le pur en

Dieu, dira : 0 mon âme, ô mon âme ! Noé le prophète de Dieu, Abraham l'ami de Dieu, Ismaël le sacrifié à Dieu, Joseph le véridique en Dieu, Moïse l'allocuteur de Dieu, Jésus-Christ l'esprit de Dieu, prononceront la même parole ; mais notre prophète, notre intercesseur, s'écriera: O mon peuple! ô mon peuple! et le Très- Haut (que sa gloire éclate à tous les yeux, que ses bienfaits s'étendent sur tous les hommes !) fera entendre ces mots consolants : O mes serviteurs ! ô mes serviteurs !... Non, ils n'auront rien à craindre; non, la tristesse n'approchera pas d'eux (1). »

N. B. Dans les mosquées de la Perse et des Indes, on récite ensuite un gazai (2) de Saadi, dont voici la traduction :

(( Hélas ! tu prendras bientôt le chemin du trépas, tu

(1) Passage du Coran, il, 264, et ailleurs.

(2) Genre de poème que l'on ne saurait mieux comparer qu'au sonnet italien. Il se compose de quelques vers, depuis 6 jusqu'à 12,

EUGOLOGE MUSULMAN. 237

iras te fixer dans le sombre asile de la mort. Aurais-tu des trésors immenses et mille armées pour te défendre, on t'enlèvera de ton lit somptueux, pour te placer sur la planche du cercueil. Tu reposeras au sein de la terre dans l'angle du tombeau ; ton corps délicat sera la pâture des fourmis et des serpents. Là bien d'orgueilleux cavaliers se traîneront dans la poussière, tandis que bien des piétons modestes seront montés sur de superbes coursiers. Si tu es une rose dans le jardin de la vie, le chardon épineux n'en croîtra pas moins sur la terre qui couvrira ton corps.

« 0 toi qui te livres au crime, et qui ne crains pas Dieu, apprends que la fin du mondain insensé sera déplorable. Cesse de porter envie à ton frère, à ton ami. N'oublie pas le jour où tes actions seules pourront parler en ta faveur. Évite toute méchanceté, toute injustice, en te rappelant ce jour terrible, afin que ta puisses espérer d'être admis à habiter éternellement auprès de Dieu. Tu as beau cacher tes actions sous le voile du mystère, sois bien sur qu'elles seront alors découvertes. En cet instant redoutable, l'atome du bien sera compté comme l'atome du mal.

« Tes compagnous se mettent en route : ah ! prépare ton viatique, au lieu de demeurer follement dans l'inaction Sois docile aux conseils de Saadi.

qui ont une même rime. Le sujet est ordinairement erotique; mais très-souvent (et peut-être toujours) l'amour physique n'est qu'un voile à l'amour spirituel, qui est célébré à l' envi par tous les poètes musulmans. Dans le dernier vers des gazais, le poète tâche de placer adroitement son nom, comme Saadi l'a fait ici. On nomme Diwan une collection de gazais dont les rimes se terminent par les différentes lettres de l'alphabet arabe.

1238 EUGOLOGE MUSULMAN.

(( 0 toi qui réside dans ce château élevé, bientôt tu descendras dans la poussière. Là, un ange s'écriera sans cesse : Enfantez pour la mort, bâtissez pour la destruction. »

« Que Dieu nous bénisse tous dans le sublime Coran, que la lecture de ses versets sacrés produise toujours en nous un bien spirituel! Oui, le Dieu Très-Haut est bienfaisant, généreux, roi juste, clément, miséricordieux. »

L'imam s'assied un moment, puis il se lève et dit :

« Louanges à Dieu! louanges à Dieu! Nous le louons, nous sollicitons son secours, nous lui demandons pardon; nous croyons en lui, nous nous confions en lui. Nous l'implorons contre nos inclinations vicieuses, contre nos mauvaises actions. Personne ne peut dévoyer celui que Dieu conduit; personne ne peut être le guide de celui que Dieu égare. Nous confessons qu'il n'y a de Dieu que Dieu seul; qu'il n'a pas d'associé. Nous confessons que notre seigneur et maître Mahomet est son serviteur et son prophète. Que Dieu soit propice et accorde sa paix à cet envoyé céleste, à sa famille et à ses compagnons, et en particulier au premier de ses associés, au prince des croyants Aboubekr le véridique (que Dieu soit content de lui) ; au plus juste des compagnons, à la crème des amis, au vieillard sincère, au prince des fidèles Omar, fils de Khattab (qu'il soit agréable à l'Éternel) ; à celui qui recueillit les versets du Coran, au parfait en modestie et en foi), Osman, fils de Gaffan (que Dieu soit satisfait de lui) ; à l'objet des prodiges et

des merveilles du Très-Haut, au compagnon du Prophète dans les épreuves et les afflictions, au lion de Dieu (1), au vainqueur des vainqueurs, au prince des croyants, Ali, fils d'Abou-Taleb (que Dieu soit content de lui) ; aux braves imams, aux bienheureux martyrs, aux bien-aimés de Dieu, les saints Abou-Mohammed Haçan et Abou-Abd-Allah Huçaïn; à leur mère, la première des femmes, Fatime Zahra (2), et aux deux oncles paternels du Prophète, dignes d'honneur et de respect, Hamzah et Abbas (que Dieu soit content d'eux).

« 0 mon Dieu ! accorde-moi le pardon de mes fautes; fais la même grâce à tous les croyants et à toutes les croyantes ; à tous les musulmans et à toutes les musulmanes. N'écoute que ta miséricorde, ô le plus miséricordieux des êtres miséricordieux. »

L'imam se baisse :

« O mon Dieu ! soutiens celui qui défend la religion de Mahomet, et prive de secours celui qui la délaisse. »

Il se relève :

« O serviteurs de Dieu ! conduisez-vous d'une manière conforme à la droiture. Dieu vous ordonne d'observer l'équité et la bienfaisance, surtout envers vos parents pauvres; il vous défend le mal, tout ce que la loi réprouve, tout ce qui n'est pas dans les limites de la justice. Il vous avertit dans l'espérance que vous vous rappeliez ses leçons. — Souvenez-vous de Dieu, du Très-

(1) Surnom d'Ali.

(2) Fille de Mahomet; Zahra signifie belle*

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Haut, de l'être excellent, noble, glorieux, nécessaire, parfait et grand. »

N. B. Celte autre formule de la Khoutba se trouve dans le Tableau de l'Empire Ottoman de M. d'Ohsson, t. II, p. 214, édit. in-8°; nous croyons devoir la donner ici :

(( Grâces au Très-Haut, à cet être suprême et immortel qui n'a ni dimensions ni limites, qui n'a ni femmes ni enfants, qui n'a rien d'égal à lui, ni sur la terre ni dans les cieux ; qui agrée les actes de componction de ses serviteurs, et pardonne leurs iniquités. Nous croyons, nous confessons, nous attestons qu'il n'y a de Dieu que Dieu seul, Dieu unique, lequel n'admet point d'association en lui : croyance heureuse, à laquelle est attachée la béatitude céleste. Nous croyons aussi en notre seigneur, notre appui, notre maître, Mahomet, son serviteur, son ami, son prophète, qui a été dirigé dans la vraie voie, favorisé d'oracles divins, et distingué par des actes merveilleux. Que la bénédiction divine soit sur lui, sur sa postérité, sur ses femmes, sur ses disciples, sur ses califes orthodoxes, doués de doctrine, de vertus et de sainteté, et sur les ministres de son siècle, mais particulièrement sur les vicaires réels du prophète de Dieu, Aboubekr, le certificateur pieux; Omar,\e discernateur pur ; Osman, le possesseur des deux lumières (4), et Ali, le généreux, l'intègre; sur les deux grands imams, tous deux parfaits en doctrine et en vertu, distingués en science et en œuvres, illustres en race et. en noblesse, résignés aux volontés du ciel et aux dé-

(1) C'est-à-dire de deux filles de Mahomet qu'il avait épousées.

crets du destin, patients dans les revers et dans les infortunes; les émirs, les princes de la jeunesse céleste, la prunelle des yeux des fidèles, les seigneurs des vrais croyants, à savoir Haçan et Hoçain, agréables à l'Éternel, à qui tous puissent également être agréables.

« 0 vous, assistants ! ô vous, fidèles ! craignez Dieu et soyez-lui soumis. Omar dit que l'envoyé de Dieu a proféré ces mots : Point d'actions que celles qui sont fondées sur V intention. Le Prophète est véridique dans ce qu'il dit; il est véridique. Mahomet est l'ami de Dieu et le ministre des oracles célestes. Sachez que la plus belle des paroles est la parole de Dieu tout puissant, tout clément, tout miséricordieux. Écoutez son saint commandement : Lorsqu'on fait la lecture du Coran, prêtez-y V oreille avec respect et en silence, pour qu'il vous soit fait miséricorde! J'ai recours à Dieu contre le démon chassé à coups de pierres. Au nom de Dieu clément et miséricordieux. En vérité, les bonnes actions effacent les mauvaises. »

Ici l'imam fait une pause, s'assied, récite tout bas différents versets du Coran, auxquels les muezzins, placés dans leur tribune, répondent en plain-chant: Amen, amen. Il se lève ensuite et dit:

« Par honneur pour son prophète, et par distinction pour son ami pur, ce haut et grand Dieu, dont la parole est ordre et commandement, dit : Certes, Dieu et ses anges bénissent le Prophète. O vous, croyants, bénissez-le, adressez-lui des salutations pures et sincères ! O mon Dieu, bénis Mahomet, l'émir des émirs, le coryphée des prophètes, qui est parfait, accompli, doué de qualités éminentes ; la gloire du genre humain, notre

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Seigneur et le Seigneur des deux mondes, de la vie temporelle et de la vie éternelle ! 0 vous, les amoureux de sa beauté et de son éclat, bénissez-le, adressez-lui des salutations pures et sincères! 0 mon Dieu! bénis Mahomet et la postérité de Mahomet, comme tu as béni Abraham et sa postérité! Certes, tu es adorable, tu es grand; sanctifie Mahomet et sa postérité, comme tu as sanctifié Abraham et sa postérité ! Certes, tu es adorable, tu es grand. 0 mon Dieu! fais miséricorde aux califes orthodoxes, distingués par la doctrine, la vertu et les dons célestes dont tu les a comblés, qui ont jugé et agi selon la vérité et la justice. 0 mon Dieu ! soutiens, assiste, défends ton serviteur, le sultan N. (1); perpétue son empire et sa puissance.

« 0 mon Dieu ! exalte ceux qui exaltent la religion, et avilis ceux qui l'avilissent. Protège les soldats musulmans, les armées orthodoxes; et accorde-nous salut, tranquillité, prospérité, à nous, aux pèlerins, aux militaires, aux citoyens en demeure comme aux voyageurs sur terre et sur mer, enfin à tout le peuple musulman. Salut à tous les prophètes et à tous les envoyés célestes ; louanges éternelles à ce Dieu créateur et maître de l'univers. Certes, Dieu ordonne l'équité et la bienfaisance. Il ordonne et recommande le soin des proches. Il défend les choses illicites, les péchés, les prévarications. 11 vous conseille d'obéir à ses préceptes, et de les garder religieusement dans la mémoire. »

N. B. Après la prière, un prédicateur monte en chaire et prononce un sermon.

(1) L'imam nomme ici le souverain régnant.

KHOUTBA DE L'iD-FITR.

« Au nom de Dieu clément et miséricordieux.

« Louanges à Dieu! louanges, excellence, grandeur, gloire et puissance à lui ; qu'il soit exalté ! — Dieu est très-grand, Dieu est très-grand. — Il n'y a de Dieu que Dieu. — Dieu est très-grand, Dieu est très-grand. — Louanges à Dieu! — Qu'il soit exalté! ce Dieu qui dilate le cœur de ceux qui observent le jeûne, par l'effusion de la lumière de sa connaissance, de la foi; qui éclaire l'esprit de ceux qui le prient, en faisant luire pour eux le flambeau de sa direction, de la science des saints ; qui promet aux fidèles, aux gens pieux, la jouissance des délices du Paradis ; qui ouvre à ceux qui sont fidèles à l'observance du jeûne les portes de sa bénédiction, de sa miséricorde et de sa faveur. — Dieu est très-grand, Dieu est très-grand. — Il n'y a de Dieu que Dieu. — Dieu est très-grand, Dieu est très-grand ; louanges à lui!

. « Gloire à celui qui a fait descendre du ciel le Coran dans la plus excellente des nuits de Ramadan (1), nuit sacrée qu'il est plus méritoire dépasser en prière que mille mois des siècles et des temps ; nuit dans laquelle Dieu envoie les anges porter son salut de paix à tous les fidèles, aux vrais croyants, et leur accorde, dans son ineffable générosité, dans son inépuisable bonté, le pardon de toutes leurs fautes, soit vénielles, soit mortelles. — Dieu est très-grand, Dieu est très-grand ; il n'y a de Dieu que Dieu ; Dieu est très-grand, Dieu est très-grand.

(1) Le 19 de ce mois.

« Louanges à celui qui a promis aux fidèles observateurs du jeûne l'entrée du Paradis, par une porte que l'on nomme Raïan (1), par où n'entreront que ceux qui auront jeûné pendant le mois de Ramadan, et qui les fera jouir de toutes les délices de l'éternelle demeure ; de la vue des houris, des palais, des jeunes échansons qui embellissent ce séjour magnifique. — Dieu est trèsgrand, Dieu est très-grand ; il n'y a de Dieu que Dieu ; Dieu est très-grand, Dieu est très-grand ; louanges à lui !

« Gloire à celui qui a donné à la bouche des observateurs du jeûne une odeur plus suave que celle du musc et du safran, et qui s'est imposé l'obligation de les récompenser par l'abondance de ses grâces et de ses faveurs. Qu'ils seront heureux, ceux qui, au jour de la rencontre du miséricordieux (au jour du jugement), recevront la rétribution du bien qu'ils auront fait ! Qu'ils seront fortunés, les hommes et les génies qui jouiront du bonheur promis aux bonnes actions ! — Nous confessons qu'il n'y a de Dieu que Dieu seul, qu'il n'a pas d'associé. — Et nous confessons que Mahomet est son serviteur et son prophète (que Dieu soit propice et accorde le salut à lui, à sa famille et à ses compagnons).

« Sachez, ô croyants! que ce jour-ci termine le mois de

Ramadan, ce mois vénérable et sacré Oh ! combien

nous devons être fâchés et affligés que le mois de Ramadan soit fini. — Hélas ! ses brillantes lumières se sont éclipsées (2) ; ses exercices ont cessé. Salut à toi, ô mois de

(1) Ce mot signifie désaltère et frais.

(2) On veut peut-être parler ici des illuminations qui ont lieu durant les nuits de ce mois. — Voyez le Tableau de l'Empire Ottoman de M. d'Ohsson, t. III, p. 32.

paix et d'assurance ! — Salut à toi, ô mois de rémission et d'indulgence! Adieu, adieu, ô mois de repentance, de pardon et de délivrance du feu de l'enfer. — Adieu, adieu, ô temps sacré où sont descendues la miséricorde et la bénédiction du Roi protecteur et bienfaisant (1). »

N. B. Dans les mosquées de la Perses et des Indes, on récite ensuite des vers persans dont voici la traduction :

ce O chagrin, ô affliction ! tu es passé, ô mois de Ramadan ! Adieu ! mes yeux ne t'aperçoivent plus, ô mois de Ramadan, adieu !

« J'étais tout joyeux; j'avais atteint le mois béni; mais il faut aujourd'hui que, les yeux pleins de larmes, je te dise : ô mois de Ramadan, adieu !

« Helas ! dans ton cours, je suis resté plongé dans l'insouciance, je n'ai pas apprécié ta valeur ; je m'en aperçois trop tard ; il faut que je te dise : ô mois de Ramadan, adieu !

« En venant auprès de moi, tu as semé dans mon cœur le gain de l'amitié. Devrais-tu me quitter si tôt ? O mois de Ramadan, adieu !

« Dès l'instant que tu as eu le projet de t'éloigner, le repos m'a quitté, le chagrin s'est saisi de moi. O mois de Ramadan, adieu !

« Dans ton absence, mon cœur se livre à une douleur mortelle ; mes yeux répandent un torrent de pleurs comparable au Jihoiin (2). Que vais-je devenir actuellement que tu me fuis ? O mois de Ramadan, adieu !

(1) Ceci fait allusion à la révélation du Coran, qui, ainsi que nous venons de le dire, a eu lieu le 19 de Ramadan,

(2) L'ancien Bactrus ou Oxus.

« Au milieu de la tristesse où je suis plongé, je pousse des gémissements plaintifs, je verse des larmes de sang. 0 mois de Ramadan, adieu !

« Malgré la faiblesse de mon corps, j'ai vu ta face avec plaisir, et je dis avec peine : ô mois de Ramadan, adieu !

« Mahomet, l'élu, l'ami, le chéri de Dieu, a dit bien

souvent: O regret, ô sujet de soupirs ô mois de

Ramadan, adieu ! »

« Dieu très-haut a voulu que les croyants lui consacrassent ce jour, et qu'il fût l'espérance des pécheurs qui reviennent à lui. — Faites du bien aux orphelins, aux pauvres et aux malheureux. — Le Prophète (que Dieu lui soit propice et lui accorde le salut) a dit: L'aumône pascale est d'obligation canonique (1) pour tout musulman libre, homme ou femme. Elle consiste à distribuer aux pauvres un demi -sa (2) de froment ou de raisins secs, ou bien un sa de dattes ou d'orge. — O notre Seigneur, fais-nous miséricorde; expie pour nous nos péchés, et fais-nous mourir avec les justes. — Demandez pardon à Dieu, pour moi et pour vous, et pour les fidèles présents ; car le Très-Haut est bon, généreux, tout-puissant, juste, clément et miséricordieux. »

L'imam s'assied un moment, puis il se lève et dit :

« Louanges à Dieu ! louanges à Dieu ! Nous le louons, nous lui demandons son asssistance et son pardon. Nous croyons en lui ; nous espérons en lui ; nous nous réfu-

(1) Cette aumône doit se faire ce jour-là même.

(2) Le sa est de mille quarante dragmes.

gions vers lui, contre nos mauvais désirs et nos actions coupables. Personne ne pourra égarer celui que Dieu dirige ; personne ne pourra diriger celui qu'il égare. — Nous confessons que Mahomet est son serviteur et son Prophète. Que Dieu soit propice et accorde le salut à cet envoyé, à sa famille, à ses compagnons, et en particulier au premier de ses associés, au plus excellent des hommes vertueux, au plus parfait des émigrés (1) et des ansar, au mahrem (2) des secrets du premier des justes, au compagnon du Prophète dans la caverne, le meilleur des hommes après les prophètes, le prince des croyants, l'imam des fidèles, Aboubekr le véridique (que Dieu soit satisfait de lui) ; au plus équitable des compagnons du Prophète, à la crème des amis, au maître de la chaire, de la mosquée et du mihrab (3), au vieillard qui ne

(1) On sait que Mahomet, craignant pour sa vie, quitta la Mecque et s'enfuit à Médine, suivi de son beau-père Aboubekr. L'histoire raconte qu'il entra, toujours avec Aboubekr, dans une caverne, pour se soustraire à la fureur de ses ennemis près de l'atteindre. Cependant les Mecquois s'avançaient, et le célèbre Aboubekr tremblait de peur. « Va, s'écrie Mahomet, ne crains rien; Dieu est au milieu de nous. > En effet, ajoutent les historiens, Dieu permit que les Mecquois passassent outre, sans s'apercevoir que Mahomet s'était retiré dans cet antre. Les musulmans qui l'allèrent rejoindre dans sa retraite prirent le nom d'émigrés, et les Médinois celui à'ansar ou auxiliaires.

(2) Le nom de mahrem se donne aux proches parents devant lesquels seuls une femme peut quitter son voile. De là l'expression mahrem des secrets, pour indiquer un ami intime, un confident.

(3) Nom que l'on donne à une sorte de niche qui indique, dans les mosquées, la position de la Mecque, et conséquemment le côté où l'on doit se tourner en priant. — Les titres que l'on donne ici à Omar font allusion à des traits de sa vie qu'il serait trop long de rapporter. On peut consulter la Biblioth. orient, de d'Herbelot, à l'article Omar.

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s'est jamais exprimé que conformément à la vérité et a la droiture, au prince des fidèles, Omar, fils de Khattab (que Dieu soit content de lui) ; au possesseur des deux lumières, à l'objet des splendeurs célestes, au plus noble des hommes et des génies, au démonstrateur des preuves, au compilateur du Coran, à l'ami du miséricordieux, à l'ennemi de Satan, au modeste et religieux prince des fidèles, Osman, fils d'Affan (que Dieu soit content de lui); au lion victorieux de Dieu, à l'objet bien-aimé des merveilles et des miracles du Très-Haut, à ce soleil radieux, à cette pleine lune, au compagnon du Prophète dans les malheurs, au prince des croyants, Ali, fils d'Abou-Taleb (que Dieu soit content de lui) ; et à ses deux fils, la prunelle de ses yeux, les deux imams, braves, excellents, vertueux, qui eurent le bonheur de mourir martyrs, victimes de l'injustice, qui furent agréables à Dieu, et à qui il fit miséricorde ; aux princes des jeunes habitants du Paradis, les émirs des croyants, Abou-Mohammed Haçan et Abou-abd-Allah Hoçaïn (que le Très-Haut soit satisfait d'eux) ; à leur mère, la première des femmes, Fatime-Zahra, fille du Prophète (que Dieu soit content d'elle) ; aux deux oncles paternels de l'apôtre de Dieu, dignes du respect des hommes, Hamzah et Abbas ; enfin aux dix amis du Prophète, à qui il promit, de la part de Dieu, le salut éternel (1). »

(1) On les nomme les dix évangélisés; ce sont : Aboubekr, Omar, Osman, AU, qui sont les quatre premiers califes ; ensuite, Talha, Zohaïr ben Awam, Saad ben Abou-Ouakkas, Abd-ur-Rahman ben Aouf, Abou-Obaïda ben Djarrah, Saad ben Zaid, lesquels, joints à Hamzah et à Djafar, sont aussi les douze apôtres de Mahomet.

L'imam dit ensuite, en se tournant du côté droit :

« 0 mon Dieu, donne autant de bénédictions à Mahomet et à sa famille qu'il y a de fidèles qui te prient et qui observent le jeûne. »

Du côté gauche :

« 0 mon Dieu, donne autant de bénédictions à Mahomet et à sa famille qu'il y a de fidèles qui s'asseoient et qui se lèvent pour la prière, et bénis tous les prophètes et les envoyés célestes, les anges, les archanges, enfin tous les bons serviteurs de Dieu. Exauce nos prières, ô le plus miséricordieux des miséricordieux. »

L'imam se baisse :

« O Dieu ! fortifie l'islamisme et les musulmans, en faisant durer le règne de ton serviteur, qui espère en l'intercession de Mahomet, le sultan N. Que Dieu éternise son empire, qu'il étende sa bénigne domination sur les hommes !

« O mon Dieu ! soutiens ceux qui défendent la religion de Mahomet ; avilis ceux qui l'avilissent. »

Il se relève :

(( O serviteurs de Dieu, Dieu vous ordonne l'équité et la bienfaisance envers les proches ; il vous défend le mal et tout ce que la loi réprouve ; il vous exhorte dans l'espérance que vous vous souveniez de ses leçons. — Oh ! souvenez-vous de Dieu, il se souviendra de vous ; invoquez-le, il vous exaucera. — Oh ! le souvenir de

Dieu est la chose la plus avantageuse, la plus belle, la plus excellente, la plus précieuse, la plus parfaite, la plus digne de vos soins. »

KHOUTBA DE L'iD-UZZUHA (1).

(( Au nom de Dieu clément et miséricordieux.

« Dieu est très-grand, Dieu est très-grand. Il n'y a de Dieu que Dieu. Dieu est très-grand, Dieu est très-grand ; louange à Dieu. Louanges à Dieu qui a ordonné aux fidèles de se réunir en cette fête dont il a fait une des marques caractéristiques de l'islamisme, et qu'il a distinguée avec honneur entre les jours, de même qu'il a distingué notre prophète Mahomet, l'élu, entre les prophètes et les envoyés célestes. — Dieu est très-haut, Dieu est très-haut ; il n'y a de Dieu que Dieu, Dieu est très-haut, Dieu est très-haut ; louanges à Dieu ! — Je confesse qu'il n'y a de Dieu que lui seul, et qu'il n'a pas d'associé. — Je confesse que Mahomet est son serviteur et son prophète. — Dieu est très-grand, Dieu est très-grand. — Il n'y a de Dieu que Dieu. — Dieu est très-grand, Dieu est très-grand ; louange à Dieu. — Gloire à celui qui voulut tenter Abraham son ami, en lui ordonnant de lui sacrifier son fils (2), et qui inspira à Ismaël (3) de se soumettre avec résignation aux dé-

(1) Cette fête est célébrée le 10 du mois zî-hijjat (ou des pèlerinages) , et on y immole un animal en mémoire du sacrifice d'Abraham.

(2) Les sacrifices que les musulmans offrent à Dieu en ce jour sont en mémoire de celui d'Abraham.

(3) Les musulmans appliquent à Ismaël le que l'écriture dit du sacrifice d'isaac. L'auteur musulman d'un catéchisme écrit en espa-

crets du ciel. — Dieu est très-grand, Dieu est très-grand. Il n'y a de Dieu que Dieu. Dieu est très-grand, Dieu est très-grand ; à lui soit la louange. — Dieu très-haut a dit (1) : Lorsqu'Ismaël fut parvenu à l'adolescence, Abraham lui dit: 0 mon fils, j'ai rêvé que je t'immolais; que t'en semble-t-il? — 0 mon père, dit Ismaël, fais ce qui t'est ordonné ; tu me trouveras, s'il plaît à Dieu, du nombre des gens patients. Lorsqu'ils étaient donc résolus l'un et l'autre, et qu'Abraham eut étendu Ismaël sur le front, pour le sacrifier, nous appelâmes Abraham : Tu as cru à la vision céleste, lui dîmes-nous.... Nous savons récompenser les bons.... Certes, nous t'avons fait subir une rude épreuve ; mais une hostie rachètera ton fils (2). — Dieu est très-grand : il n'y a de Dieu que Dieu ; Dieu est très-grand . Dieu est très-grand ; louanges à lui ! »

N. B. Dans les mosquées de la Perse et de l'Inde, on récite ensuite des vers persans que nous allons traduire ici :

« Une nuit, l'ami de Dieu était plongé dans un profond sommeil. Un songe s'offre à son imagination. Il entend une voix céleste qui lui ordonne d'offrir un sacrifice à l'Éternel. Le lendemain matin, il immole cent chameaux.

« La nuit suivante, cet homme respectable voit le

gnol, pour les Maures d'Espagne, dit à ce sujet : « Ceux qui disent que ce fut Isaac n'y entendent rien ; car, ajoute-t-il, cette tentation eut lieu avant la naissance d'Isaac, etc. » (Voyez les Notices et extraits des manuscrits, t. XI, p. 325.)

Malheureusement pour les musulmans, le texte de l'écriture témoigne contre eux. (Voyez Genèse, xxn.)

(1) Ces mots équivalent à : On lit dans le Coran.

(2) Coran, xxxvii, 100-107.

même songe : il immole de nouveau cent autres chameaux. Une troisième fois, il avait à peine posé sa tête sur l'oreiller du repos, qu'il entend la même voix l'appeler et lui dire : Offre-moi un sacrifice. — 0 mon Dieu, s'écrie alors Abraham, je ne sais quel sacrifice peut t'être agréable ; j'ignore les secrets de la divinité. — Immole-moi promptement, répondit la voix, le mortel que tu aimes le plus. Ce témoignage de ta foi te sera avantageux. C'était le fils d'Abraham que la voix désignait ; il fallait que ce père des croyants sacrifiât, dans la voie de Dieu, ce qu'il avait de plus cher au monde.

« Le saint patriarche appelle aussitôt Ismaël : Mon enfant, lui dit-il, Dieu m'a fait savoir en songe qu'il faut que je t'immole. — 0 mon père ! répond le pieux adolescent, me voilà prêt ; accomplis ce qui t'a été ordonné. Pose sans différer le couteau sur mon cou, et, si Dieu veut, tu verras que je suis du nombre de ceux qui connaissent la patience.

a Gomme le père et le fils étaient pleinement résolus à exécuter ce généreux sacrifice, Abraham entendit encore une voix qui lui adressa ces paroles : Cet ordre n'était que pour t'éprouver.... Gabriel apparut à l'instant même, retira Ismaël de dessous le couteau du sacrifice, et mit à sa place un bélier gras qu'il avait apporté du ciel.

« C'est en mémoire de ce sacrifice que le sceau des Prophètes nous a recommandé d'offrir aujourd'hui des hosties à l'Éternel. »

« Sachez, ô mes auditeurs, que ce jour est un jour de fête pour les croyants, et un jour de menace pour

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les infidèles et les démons. — C'est un jour saint d'entre les dix jours qui sont plus particulièrement consacrés aux bénédictions du ciel sur les pèlerins.

« Le fidèle qui, en ce temps fortuné, a eu le bonheur de faire le tour de la sainte maison de Dieu (1) est bien heureux; celui, au contraire, qui a été privé de cette faveur est bien à plaindre. Heureux celui qui a fait la station d'Arafat (2) ; malheureux celui qui n'a pu jouir de cette prérogative. — Heureux le croyant qui a fait la station de la vallée entre Safa et Merva ; malheureux celui qui n'a point observé ces rites augustes. — Heureux celui qui est allé à Mina (3), le huitième jour de Zou-Ihijja ; infortuné celui qui n'a pu avoir ce précieux avantage. Heureux celui qui a assisté au jet de pierres (4); malheureux celui qui n'a pu y prendre part. — Aujourd'hui vous devez vous curer les dents, vous laver le corps, faire usage de parfums (5), vous revêtir de vos plus beaux habits, mais ne point manger jusqu'après la prière. Il faut réciter le Tekbir à voix haute, dans le chemin, depuis la porte de la ville. Et depuis l'aurore du jour d'Arafat, veille de YId-duha, jusqu'au dernier

(1) Le temple de la Mecque.

(2) Mont près de la Mecque, où les pèlerins font une station la veille du beïram.

(3) Lieu près de la Mecque, où l'on offre les sacrifices qui ont lieu à l'époque du pèlerinage.

(4) Voyez les prières particulières au pèlerinage de la Mecque.

(5) Pendant le pèlerinage, les pèlerins sont tenus de prendre l'ihram ou manteau pénitentiel, sorte de vêtement composé de deux pièces de toile. Tant que le fidèle en est revêtu, il doit s'abstenir de toutes les œuvres mondaines et charnelles. Le jour de YId-duha il le quitte, et dès lors il n'est plus assujetti à aucune des prohibitions qui lui sont faites lorsqu'il en est couvert.

jour de cette fête (1), il faut que tous ceux qui prendront pari à ces rites sacrés, qu'ils résident dans la ville ou qu'ils soient voyageurs, il faut, dis-je, qu'après chaque prière d'obligation qu'ils feront en commun, ils récitent les mots : Dieu est grand, Dieu est grand ; il n'y a de Dieu que Dieu. — Dieu est grand, Dieu est grand; louanges à lui (2) !

« 11 est aussi d'obligation canonique, en ces jours, pour tout musulman libre et qui n'est pas dans le besoin, d'otfrir en sacrifice au Très-Haut ou un mouton, ou un bœuf, ou un chameau. Si cependant cette offrande le gênait, il pourrait s'unir avec six autres personnes pour l'offrande d'un bœuf ou d'un chameau. L'immolation d'un animal furieux, privé de cornes ou châtré, est légale; mais si l'animal est extrêmement maigre, s'il est borgne, aveugle ou boiteux, et s'il lui manque plus d'un tiers d'une oreille ou de la queue, il ne peut servir au sacrifice. Celui qui immole une victime doit en manger, et en distribuer au moins un tiers en aumône. Il doit la sacrifier de sa main, si rien ne l'en empêche ; autrement, il peut se faire remplacer dans cet acte.

« Le Prophète a dit : Engraissez les victimes que vous offrirez à Dieu, car elles seront vos montures sur le pont Sirat.

- « Que Dieu nous bénisse tous dans l'auguste Coran ; que la lecture de ses versets sacrés produise toujours en nous un avantage spirituel. Oui, Dieu très-haut est

(1) Elle dure quatre jours.

(2) C'est la prière ou cantique nommé tekbir-teschric que tout fidèle est obligé de réciter, à la suite des cinq prières quotidiennes, durant ces jours de fête.

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bienfaisant, généreux, roi juste, clément, miséricordieux. »

L'imam s'assied un moment, puis il se lève et récite la prière suivante :

« Louanges à Dieu ! Nous le louons ; nous sollicitons son secours ; nons lui demandons pardon ; nous croyons en lui ; nous nous confions en lui ; nous l'implorons contre nos inclinations vicieuses, contre nos mauvaises actions. Personne ne peut dévoyer celui que Dieu conduit : personne ne peut être le guide de celui que Dieu égare. Nous confessons qu'il n'y a de Dieu que Dieu seul ; qu'il n'a point d'associé. Nous confessons que Mahomet est son serviteur et son prophète, que Dieu lui soit propice et lui accorde le salut, ainsi qu'à sa famille et à tous ses compagnons ; et en particulier au premier de ses associés et au meilleur d'entre eux, le prince des croyants, Abou-Bekr le véridique (que Dieu soit content de lui) ; à celui qui s'est toujours exprimé conformément à la vérité et à la droiture, le prince des croyants, Omar, fils de Khattab (que Dieu soit satisfait de lui) ; à celui qui réunit les versets du Coran, le prince des fidèles, Osman, fils d'Affan (qu'il soit agréable à l'Éternel) ; au lion victorieux de Dieu, le prince des musulmans, Ali, fils d'Abou-Taleb (que Dieu soit content de lui) ; aux deux imams belliqueux qui eurent le bonheur de recevoir la couronne du martyre, les deux princes des croyants, Abou-Mohammed Haçan et Abou-Abd-Allah Hoçaïn (que Dieu en soit satisfait) ; à leur mère, la première des femmes, Fatime Zahra (que Dieu en soit content) ; à Hamzah et à Abbas, qui se conservèrent purs

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au milieu des hommes, et aux six (1) autres personnages restants des dix (que le bon plaisir de Dieu soit sur eux tous).

« 0 mon Dieu ! donne autant de bénédictions à Mahomet et à sa famille qu'il y a de fidèles qui te prient et qui observent le jeûne. 0 mon Dieu ! donne autant de bénédictions à Mahomet et à sa famille qu'il y a de fidèles qui s'assoient et qui se lèvent pour la prière. Sois propice à tous les fidèles et à tous les envoyés célestes, aux anges et aux archanges, enfin à tous les bons serviteurs de Dieu. Exauce nos vœux, ô le plus miséricordieux des miséricordieux !

L'imam se baisse :

« 0 mon Dieu ! soutiens notre souverain actuel dans la pratique de la justice, de la libéralité, de la générosité et de la bienfaisance. Qu'il dissipe les ténèbres de l'infidélité, de la méchanceté et de la haine. O mon Dieu ! accorde ton secours à celui qui défend la religion de Mahomet, et prive de ton assistance celui qui la délaisse. »

Il se relève :

<( O serviteurs de Dieu ! conduisez-vous d'une manière conforme à la droiture. Dieu vous ordonne d'observer l'équité et la bienfaisance, surtout envers vos parents pauvres ; il vous défend te mal, tout ce que la loi réprouve, tout ce qui n'est pas dans les limites de la

(1) On veut parler ici des dix évangélisés dont nous avons entretenu le lecteur dans une note précédente.

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justice. Il vous avertit, dans l'espérance que vous vous rappeliez ses leçons. — Souvenez-vous du Très-Haut, il se souviendra de vous. Priez-le, il vous exaucera. — Oh ! le souvenir de Dieu est la chose la plus élevée, la plus avantageuse, la plus précieuse, la plus belle, la plus parfaite, la plus grande, la plus digne de nos soins. »

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