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PREFACE

Gomme on pourra le voir en pai'œui'ant Vlridex placé à la fin de ce volume, les divers articles, que nous réunissons ici, ne sont pas inédits. Ils ont été publiés çà et là, de 1865 à 1878, et sont, pour la plupart, des articles de combat, destinés à propager et à défendre le matérialisjne scientillque. Aussi, en dépit de la multiplicité des sujets, ces petits écrits ne sont point disparates ; car, par des voies différentes, ils tendent tous au même but.

Dans le domaine de la pensée, rien n'est moins nouveau que la philosophie matérialiste. On la retrouve déjà, dans l'Inde, au fond des théories métaphysiques des Sankyas de Kapila ; et, dans la Grèce antique, Démocrite et Epicure îui donnèrent une forme presque scientifique. Après une longue éclipse, on la vit renaître enAngleteiTe, au xvu<^ siècle] en France^, au xyin^ siècle pour être rejetée ensuite avec un incroyable dédain. Mais la vérité est vivace, aussi, après un demi-siècle de débauche métaphysique, le matérialisme, tant de fois conspué et honni,

VI PUÉFAGE.

.. ressuscita, en Allcinagne, il y a une trentaine crannées, et depuis n'a lait que grandir ; mais, désormais, il ne périra plus, car il est aujourd'hui l'expression

,..et le lien déboutes les grandes données spientifif£ues. Actuellement, et après bien des péripéties, la philosophie matérialiste a conquis son droit de cité et son triomphe final n'est point douteux; car nulle autre vue d'ensemble n'est à la fois plus compréhensive, plus conforme à la réalité, plus dégagée d'esprit de secte. Entre cette forte doctrine et les puérilités catholiques et universitaires (c'est tout un), la lutte est celle du pot de fer et du pot de terre. Non pas que la guerre soit terminée ; elle commence à peine ; car imprimer à la pensée humaine un pli nouveau ne saurait être l'œuvre d'un jour. Longtemps encore les philosophes officiels débiteront du haut des chaires officielles leui^ jnétaphysicpie exsangue, mixture afiadie de platonicisnie et de christianisme, mais ils ont perdu sans retour la direction de la pensée scientifique. Longtemps encore, la plupart des écrivains de bonne compagnie afficheront un grand dédain pour les doctrines matérialistes, et cela pour bien des raisons, qui souvent n'ont rien d'héroïque. Ajoutons, que bien des jeunes intelligences ne subissent pas sans grave dommage l'enseignement dit philosophique de notre Université ; souvent

,1 il en^ésulte des déformations mentales, tout à fait comparables à celles que nous constatons sur les crânes des anciens Péruviens. Le bon,sens^4}ans un cas, ja paroi crânienne, , dans l'autre, ont été faussés, déprimés, sans espoir de redressement.

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