‹ Science et moraleChapitre 5 sur 50 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

lemcnt les discours que j*ai prononcés au Sénat, pour la défense de la haute culture, en 1888 cl 1889, lors du vole de la loi militaire.

Une seconde partie de ce volume offre un caractère plus spécialement biographique. Elle débute par des articles relatifs au centenaire d(' rinslilut et à la Société philomalhique, et elle se poursuit par des notices sur Pasteur, Cl. Bernard, P. Bert, J.-J. Rousseau, etc. J'y ai joint un petit discours sur la censure, prononcé à la Chambre des députés en 1887.

Enfin la dernière partie du volume renferme des articles historiques et philosophiques, résumant divers résultats spéciaux, que j'ai exposés dans de grands ouvrages relatifs à Thistoire de la science, mais peu accessibles au grand public : par exemple, sur la transmission des industries antiques au moyen âge; sur la chimie arabe; sur la découverte de Talcool; sur les perles; sur Papin et Tinvention de la machine à vapeur; sur les sociétés animales, telles que les fourmis. Elle se termine par quelques vues relatives aux transformations que la science fait éprouver aujourd'hui aux sociétés humaines. Je demande la

PRÉFACE. VÏI

permission d'y insister, pour montrer la portée politique et sociale des découvertes scientifiques de notre temps.

Jusqu'ici, en effet, les littérateurs et les historiens ont présenté les progrès accomplis par Thumanité comme les effets combinés de Févolulion intérieure des idées et de l'intervention extérieure et empirique des incidents fortuits, agissant sur les sentiments, les passions, les intérêts collectifs des hommes. Le développement successif des événements, qui se sont produits dans le cours des siècles, résulterait ainsi d'une sorte de fatalité.

Si ces vues semblent justifiées jusqu'à un certain point par Tétude du passé, on peut se demander si elles ne commencent pas dès à présent à être mises en défaut par Tinfluence toujours croissante de la science; c'est-à-dire de la volonté réfléchie et de la raison humaine, déterminées par Tobservalion des faits et par Texpérimentation.

La science en effet louche à Faction, en politique, en morale, aussi bien qu'en industrie.

Je citerai comme exemple les changements matériels et moraux que les nations européennes ont

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