‹ Science et nature: essais de philosophie et de science naturelleChapitre 9 sur 19 · VOLONTÉ ET LOI NATURELLE · texte numérisé non relu

VOLONTÉ ET LOI NATURELLE

faisant ressortir les points qui la rattachent avec les sciences naturelles et avec l'exposition des raisons déterminantes naturelles et nécessaires qui ont agi sur le perfectionnement de Tesprit humain. Suivant Buckle, il n'existe^ dans la nature aussi bien que dans Thistoire^ que du normalisme se produisant en conformité des lois; mais il n'y a pas de hasard, et plus nos connaissances s'élèvent à un haut degré, plus ce qui parait accidentel tend à disparaître. Ce qui est désigné comme étant le hasard dans le monde extérieur, est en nous la volonté libre. Cette dernière se déduit ordinairement, suivant Buckle, de la conscience. Mais, suivant ce savant, cette dernière n'a jamais été démontrée être une puissance indépendante : il a été tout aussi peu démontré que ses décisions sont infaillibles. Au contraire, la conscience est considérée par beaucoup de gens non comme une puissance, mais seulement comme un état ou une forme de l'esprit. Toute l'histoire nous fournit le témoignage de son incertitude extraordinaire, et les opinions les plus variées et les plus contradictoires ont cours à son sujet, «Et en réalité l'incertitude relative à l'existence de la conscience sous la forme d'une puissance indépendante », telles sont les expressions qui se trouvent à la page 16 du premier volume, « et la contradiction où elle se trouve avec ses propres manifestations, en admettant qu'elle existe comme telle, constituent deux des différents motifs qui m'ont convaincu depuis longtemps que la métaphysique ne pourfa jamais s'élever au rang d'une science par le moyen de la méthode ordinaire, dont elle considère l'esprit individuel (!). x> Nous ne pouvons pas, suivant Buckle, agir sans qu'il existe un motif déterminé de nos actions ; mais ces motifs sont à leur tour la conséquence d'une cause qui les a précédés; et si tious connaissiotisUoût^ce qui a

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précédé^ et toutes les lois d'après lesquelles cela s*ost accompli, nous pourrions tout prédire. Comment peul-on souvent prédire, pour un homme dont on connaît le caractère, comment il se conduira dans certaines circonstances ! Dans les mêmes circonstances, les actions des hommes doivent toujours donner le même résultat. Toute rhistoire doit être le résultat de l'action des influences extérieures sur nous, et des influences intérieures sur l'extérieur. Il y a des peuples pour lesquels la nature exerce sur eux plus d'influence, et d'autres pour lesquels eux et leur esprit exercent plus d'influence sur la nature. Mais il existe toujours une liaison intime entre les actions des hommes et les lois de la nature, et de là résulte la haute importance et la valeur des sciences naturelles pour l'histoire, a L'histoire de l'esprit humain ne peut être comprise que lorsqu'on y réunit l'histoire et les phénomènes de l'univers naturel. » C'est pour se conformer à cette idée queBuckle^ dans un chapitre particulier de son introduction générale, considère séparément l'influence du climat, de la nourriture, du sol et des phénomènes naturels dans leur ensemble sur Thomme, ainsi que sur rétat, la religion et la société ; et il part de là pour eu faire sortir en abondance une grande quantité de considérations et d'observations pleines de finesse et de justesse. Des relations favorables du climat, du sol et de la nourriture résultent la richesse et l'essor, tandis que l'extrême Nord aussi bien que Textréme Sud ne sont aptes à rien produire par suite de l'absence de pareilles conditions. Dans leur patrie aride et sablonneuse, les Arabes sont toujours restés un peuple grossier, inculte, qui n'est pas bien meilleur que les sauvages nomades; mais après qu'ils ont eu conquis la Perse, l'Espagne et l'Inde, quels changements se sont alors produits en eux I Le climat et

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